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Anriyan : Pwoblèm koulè nan peyi a se yon…

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En Haïti, on a une curieuse phobie de l’évidence. Tant de cancers en phase de métastase se propagent dans notre société sous nos regards complices et nos bouches cousues. Tant de tabous ! Parler ou même évoquer ces plaies semble faire plus mal que la plaie elle-même.

Le problème de couleur en Haïti reste une de ces évidences mises sous couvert. À plusieurs égards, il est indécent d’en parler, d’en discuter. Évoquer la curieuse, là encore évidente, corrélation entre la richesse et la faible concentration de mélanine crée un malaise incommensurable.

Pourquoi, jusqu’à date, des restaurants à Pétion-Ville sont-ils accusés de discrimination ? Pourquoi les dynamiques sociétales favorisent-elles des castes dont l’un des dénominateurs communs semble être la couleur de peau ?

Pourquoi une différence de teint à peine perceptible change-t-elle tant dans les quartiers populaires ? Pourquoi tant de familles affichent-elles leur préférence pour l’enfant à la peau la plus claire ? Pourquoi avons-nous tant de produits de dépigmentation sur les étals de nos marchands ? Pourquoi Blondine Ferdinand s’érige en success story et idéal de beauté pour une bonne partie de la jeunesse haïtienne ?

Ces questions ne seront certainement pas répondues par #Anriyan. Nous laissons ce travail aux sociologues, économistes, psychologues, etc. Cependant, le nôtre consiste à entamer des discussions sociétales que nous croyons importantes, et de le faire #Anriyan. La satire a ses limites évidentes (presque aussi évidente que le colorisme au cœur de cet épisode), donc nous prenons cet exercice pour ce qu’il est : une simple invitation au débat.

NB : Ce texte est écrit pour atténuer la colère de celles et ceux qui penseront que le problème décrit n’est que le fruit de l’imagination débile de Gaëlle. Nous attestons qu’elle se noie souvent dans la désillusion, la pauvre.

Commentaires

Ayibopost Team
La rédaction de Ayibopost

    OPINION: On ne peut changer de «système» sans modifier le parlement, l’église et la justice

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    Men poukisa mizik Boukman Eksperyans ak Rasin Mapou pa sanble

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