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Revenir en Haiti après ses études universitaires. Est-ce vraiment le bon choix?

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“Le pays me décourage. J’ai beaucoup plus d’opportunités si je retourne à l’étranger”

Je ne pouvais plus compter le nombre de fois où j’avais entendu cette phrase qui me déchirait le cœur. Je voyais encore une fois partir un jeune gradué qui, avec tant d’espoir et de motivation avait voulu revenir au pays pour mettre en application son bagage universitaire en Haïti. Après tout, faire une différence, changer les choses petit à petit, apporter de la positivité dans un pays où tout semble tomber en lambeaux est ce que nous jeunes désirons presque tous non?

Hélas… Il semble qu’Haïti, notre chère patrie, repousse vers l’étranger, ces jeunes Haïtiens qui désirent changer les choses. “Haïti tu aimes ou tu quittes” dit-on. Mais il semblerait qu’Haïti repousse même ceux qui l’aiment.

Comment convaincre un jeune plein de potentiels de rester dans un pays où, l’environnement plus que menacé se dégrade de jour en jour? Comment convaincre un jeune plein de rêves pour lui-même de rester dans un pays où, les nombreuses tentatives de développement se retrouvent détruites par des gens qui ne comprennent aucunement le concept du bien commun, qui ne comprennent pas que le succès d’une entreprise peut représenter un pion clé dans le développement économique global de la société? Comment convaincre un jeune qui  a gouté au confort d’une université équipée de bibliothèques propres, de rester dans un pays où l’insalubrité empire, freine les activités touristiques et met en danger toute la population? Comment convaincre quelqu’un de rester dans un pays où l’absence d’humanité et l’instabilité semblent sans cesse être au premier rang.

Que faire? Ecrire un texte sur l’insalubrité de la zone métropolitaine? Moins de 20% de la population pourront vraiment le lire et le comprendre. Introduire des projets? Combien de temps pour trouver un véritable encadrement des mairies? Soupirer et attendre le changement? Nous le faisons depuis des années non?

Moi, je ne fais pas de politique. J’exprime simplement ce que mon coeur ressent. Cela m’attriste, mais il semble bien que les citoyens Haïtiens chassent leurs confrères, leurs consoeurs, qui pourtant, aiment et voudraient réellement voir les choses changer dans ce pays. Il est triste de dire que je n’encouragerais pas beaucoup de personnes à revenir. Pas parce que je n’aimerais pas voir les gradués pleins de potentiels revenir au bercail. Mais parce que ce ne serait pas honnête de ma part de prétendre que c’est une réalité que tout le monde peut supporter. Ce qui prend un mois à l’étranger, en prend dix ici. Pas question de se promener tranquillement dans les rues, pas de cinéma…pas d’application des lois pourtant existantes.

Wi chak peyi gen pwoblèm pa yo. Men poukisa mwen wè pou tout pwoblèm nou yo, nou pase sou solisyon an? Eske sitwayen yo vreman vle jwenn yon solisyon?

Néanmoins, je ne peux m’empêcher de croire que pour certains, cela vaut la peine de rester. Je ne sais comment expliquer pourquoi j’ai encore de l’espoir. Ce n’est pas de la naïveté mais surtout un sens de mission que je ne peux même pas expliquer. Qui sait, peut-être qu’un jour ma bulle éclatera et que je me retrouverai, comme les autres avec le poids de ce pays sur mes épaules. Mais tout ce que je sais, c’est que ce pays, je l’aime malgré tout. Des moments de découragement? J’en expérimente bien souvent.

Cependant, je ne regrette rien. Mais comment puis-je demander à celui qui est découragé de rester encore un peu?

Commentaires

Ann-Sophie Ovile
I am a girl who is passionate about seeing the world, loving people, the beach, rooftops and red lipsticks. I am trying to make the world a little brighter one article at a time.

Si jamais tu lis ces lignes …

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