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Tu es étudiant comme moi!

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J’ai, aujourd’hui, revu une amie dont je n’avais pas eu de nouvelles depuis des lustres. Une amie dont, en réalité, je m’étais amouraché et qui, jusqu’à preuve du contraire, ne me détestait guère. A l’époque, nous étions adolescents en quête du grand amour et nous vivions notre idylle à travers les vingt sms que Digicel accordait pour un montant de trois gourdes après le tremblement de terre.

La conversation bien engagée allait bon train, il semblait que nous avions retrouvé cette confiance et complicité d’antan qui nous tenaient accoler à nos portables. Bref, tout se passait bien jusqu’à ce qu’elle me sortit cette réplique, ou du moins jusqu’à ce que je lui fasse la proposition de tout homme en confiance. Je n’arrive toujours pas à déterminer…

Il faut surtout avouer que le temps avait sur elle un effet embellissant. Déjà très jolie lorsqu’elle était adolescente, elle avait maintenant ce côté femme qui la rendait encore plus agréable. J’eus alors quelques regrets en voyant les hommes la dévisager avec envie! Non seulement, adolescents, nous ne nous voyions que rarement, mais je n’avais eu pour aboutissement que des baisers échangés avec rapidité et la crainte d’être vus.

Tout au long de la conversation, je remarquai, sans surprise, qu’elle n’était plus celle qui me parlait d’abstinence jusqu’au mariage. Elle me contait certaines de ses expériences et j’ai dû, en toute franchise, fournir un effort surhumain pour rester naturel, jouer l’expérimenté et, empêcher que l’eau ne me coule de la bouche surtout…

Je lui fis quelques compliments, question de tester mes capacités donjuanesques. Et cela marcha! Elle me sortit ce sourire timide pour me murmurer:” merci”. Elle avait beau changer mais ce qui est sûr, je lui faisais toujours de l’effet. Hummm ! L’occasion d’un aboutissement total se présentait enfin!

Sans l’ombre d’un doute, je sortis la grosse artillerie. Elle me lâcha un faible “non”. Nous savons tous qu’il existe principalement trois types de « non »: les catégoriques, ceux qui indiquent d’insister et enfin ceux qui sont synonymes de “oui”. Celui là, j’étais prêt à parier que c’était un oui!

“C’est pour quand alors?”: lançai-je avec un clin d’œil ravageur, qui en temps normal, devrait asseoir ma victoire. Et là, elle me regarda dans les yeux, me sourit. Un sourire qui me décontenancea, avant qu’elle ne poursuive sereinement:

– Tu es étudiant comme moi! Ou se etidyan so ou pap ka regle kozem!!
Je secouai machinalement la tête, la gorge sèche, je bégayai :” ahh..ok!” Définitivement l’aboutissement total n’était pas pour si tôt.

Alain Délisca

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