SOCIÉTÉ

« Remontada » et résistance du rapadou en Haïti

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La sucrerie a connu un rebondissement considérable avec la montée de Tibicos, un jus artisanal fabriqué en Haïti

Le rapadou est un sucre brun artisanal réalisé à partir de méthodes traditionnelles. Il est exclusivement produit à partir du jus de canne. La recette locale englobe à la fois le jus de canne, la cannelle et le gingembre.

Quelques pincées de cendre de charbon noir sont parfois ajoutées au produit. Ce dernier élément combat la brûlure d’estomac, selon les dires de Jocelyne Séraphin. Cette détaillante, accompagnée de son amie Christelle Auguste, ne détient qu’une seule baguette de rapadou dans son panier de fortune. Ensemble, les deux marchandes arpentent les rues de Port-au-Prince, offrant la sucrerie aux passants.

La Croix-des-Bossales constitue le cœur du marché informel à Port-au-Prince. Les détaillantes se procurent le rapadou dans cette partie du centre-ville dénommée «anba lavil». À cause de l’insécurité, le produit commence à se faire rare. Certains producteurs évitent de fréquenter le Centre-ville depuis la recrudescence des actes de banditisme, raconte Auguste.

« Le produit n’est pas accessible comme c’était le cas autrefois », évoque pour sa part Jocelyne Séraphin. Les deux femmes disent recourir à d’autres alternatives pour mettre le rapadou dans leur panier de fortune. « Nous nous rendons au marché de la Croix-des-Bouquets. Là-bas, certains producteurs viennent et vendent le produit. Nous l’achetons parfois aux mains des marchandes qui viennent de Maïssade ou de Thomonde. »

Un produit riche

Le rapadou est un produit naturel, riche en éléments nutritifs. Edgar Beaumier, coordonnateur national des professionnels de la canne, explique que la sucrerie est une source non négligeable de fer et de vitamines.

Mirebalais, Thomonde et Maïssade sont retenus en Haïti comme les principales zones de fabrication du rapadou. Sa production se fait aussi de façon limitée dans les départements Nord et Sud du pays, informe l’agronome Emmanuel Jean Louis, responsable de la production végétale du département Nord au Ministère de l’Agriculture.

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La production du rapadou prend place dans les ateliers de particuliers qui entretiennent des moulins traditionnels. Certains organismes non gouvernementaux ont réalisé des projets d’implantation d’usines plus ou moins modernes pour la transformation de la canne à sucre. Ces usines s’occupent aussi de la fabrication du rapadou.

« L’industrie a connu une belle recette avec [la montée des] Tibicos », rapporte l’agronome Emmanuel Jean-Louis. Le rapadou est utilisé dans la fabrication de ce jus. Ce marché n’a pas tenu longtemps, mais la production du rapadou demeure, dit Jean Louis.

Le rapadou joue un rôle important dans la médecine traditionnelle en Haïti où il est utilisé pour combattre la grippe par exemple.

Un passé lointain

Léogâne est l’une des villes du pays connu jadis pour la production de la canne à sucre. La transformation de cette plante donne le sucre brun, le clairin, le rapadou et le jus de canne.

Selon Edgar Beaumier, la production du rapadou a interrompu à Léogane depuis 1986. « Le gouvernement de Duvalier avait créé une usine de rapadou à Léogane dans une localité appelée “Nan Kolin”. L’usine est transformée et spécialisée aujourd’hui dans la fabrication du clairin », dit-il.

« La production du rapadou est réalisée dans de rares zones reculées dans la partie sud du pays », continue Beaumier. Avec les nouvelles procédées, la transformation de la canne en jus n’est plus requise pour obtenir le clairin. Les nouvelles machines industrielles obtiennent le clairin de la canne sans passer par l’extraction du jus de canne », rajoute-t-il.

Or, le jus de canne est l’élément de base dans la fabrication du rapadou. Si la plupart des usines transforment la canne en clairin sans passer par la fermentation de son jus, la faible quantité de sirop produit à base de canne a impacté considérablement la production du rapadou.

L’agronome Jean Fritzner Clervéus, responsable de la protection végétale au ministère de l’Agriculture des ressources naturelles, et de développement (MARNDR) pense que la diminution du rapadou sur le marché local est liée au changement réalisé dans le mode de consommation des gens. « Le sucre raffiné est fortement consommé actuellement », dit-il.

Edgar Beaumier croit que ces changements ont eu lieu après 1986. Il y a eu, selon lui, un ensemble de décisions qui allaient empêcher les efforts réalisés pour l’industrialisation du pays après 1986. « Ainsi, les usines sucrières et de transformation de la canne vont disparaitre », remarque-t-il.

Près de 10 ans de cela, les ateliers de rapadou étaient au nombre de 2 100 dans le pays. Leur capacité de production se chiffrait à 38 000 tonnes métriques par année. Le produit était vendu en Haïti comme à l’étranger. De nos jours, il est difficile de savoir le nombre approximatif des ateliers restants dans la fabrication du rapadou en Haïti.

Emmanuel Moïse Yves

Les photos sont d’Emmanuel Moïse Yves / Ayibopost

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Emmanuel Moïse Yves
Journaliste à AyiboPost. Communicateur social. Je suis un passionnné de l'histoire, plus particulièrement celle d'Haïti. Ma plume reste à votre disposition puisque je pratique le journalisme pour le rendre utile à la communauté.

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