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Que font les agents de sécurité en cas de pillage ?

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Les entreprises haïtiennes, principalement celles de la zone métropolitaine, intègrent le risque d’être attaquées ou pillées dans leur plan d’affaires.

Pour un minimum de protection, certaines érigent des murs gigantesques, les stations à essence installent des couvertures métalliques alors que des agents de sécurité sont chargés d’assurer la sécurité de ces espaces.

Ces agents sont souvent sous-équipés et sous contrat avec une compagnie de sécurité. Comment réagissent-ils en cas d’attaque ? Ayibopost a rencontré l’un d’entre eux. Pour protéger son « job », l’employé du Professional Security Service (PSS) a requis l’anonymat.

Ayibopost : Quel est votre rôle en tant qu’agent de sécurité ?

Agent de sécurité : L’agent de sécurité doit veiller sur la vie et les biens du client. Cette tâche recouvre les notions générales de sûreté, c’est-à-dire la prévention des actes de malveillance à l’encontre du client. L’agent de sécurité doit aussi faire des interventions lors des événements à caractère accidentel. Il s’agit d’intervention de premiers secours et la lutte contre l’incendie.

Dans le cas d’une entreprise, l’agent doit contrôler le service et sécuriser le périmètre de protection de l’entreprise (ou de la résidence).

Pour éviter tout cas d’infiltration dans une entreprise, l’agent de sécurité doit vérifier les clients et pratiquer de la prévention pour empêcher les comportements anormaux par rapport aux règlements établis au sein de l’entreprise.

L’agent de sécurité est le garant de la bonne application des règles de sûreté et de sécurité sur le site dont il assure la surveillance.

AP : C’est quoi le périmètre de protection et comment faites-vous la prévention ?

AS : Le périmètre de protection est l’espace privé du client qui englobe sa résidence ou son entreprise et éventuellement d’autres espaces comme le parking, la cour, etc.

Pour faire la prévention, l’agent de sécurité doit utiliser la commande verbale. C’est-à-dire rappeler aux clients les consignes établies qui devraient être respectées une fois dans l’enceinte de l’institution.

Lorsque le client est indocile ou furieux, l’agent de sécurité doit avant tout utiliser la commande verbale pour tenter de le maîtriser. Si le client persiste, d’autres techniques du métier s’y imposent.

AP : Lorsqu’il y a des protestations pensez-vous que ces éléments peuvent aider à éviter l’envahissement du périmètre de sécurité ?

AS : Pas tout à fait.

AP : Comment expliquez-vous cela ?

AS : Il y a trois mots qui résument le métier : prévoir, intelligence, bon sens.

Lors des manifestations, l’agent de sécurité doit fait preuve de prudence. La première chose qu’il est tenu de faire c’est d’alerter le responsable ou le superviseur de l’entreprise de l’arrivée de la manifestation. Du coup, il doit exiger la fermeture de l’entreprise.

La deuxième, l’agent doit s’abriter dans un lieu sûr. Ce faisant, il doit alerter la compagnie de sécurité afin qu’elle puisse envoyer des renforts. La compagnie a, pour sa part, le rôle d’avertir à la police la venue de la manifestation pour venir en aide à la protection de l’entreprise.

AP : Lors des manifestations, comment comprenez-vous des actes de pillage ou d’incendie survenus dans des entreprises qui ont des agents de sécurité qui assurent leur protection ?

AS : Après avoir appliqué les principes de protections, l’agent est donc seul ou accompagné de son collègue sur le périmètre de protection. Lorsqu’un groupe de manifestant (casseurs, NDLR) pénètre l’enceinte, l’agent ne peut rien faire. Il devrait donc se mettre dans un lieu sûr pour éviter d’être victime de la colère des manifestants.

Déjà, les agents de sécurité sont en quantité minoritaire par rapport aux manifestants (casseurs). On ne peut ni utiliser la commande verbale ni tirer ou même essayer de maîtriser des membres de la foule qui envahissent le site. Sinon l’agent sera la cible des manifestants et peut, dans ce cas, perdre sa vie.

L’essentiel, lorsque ces genres de cas se dégénèrent, l’agent doit faire en sorte de cacher son arme, enlever son uniforme puis se fondre dans la foule afin de sauver sa peau.

L’agent peut donc faire face et repousser des cas isolés (de pillage ou d’incendie). Mais, on ne peut pas les empêcher [les pillages] lors des manifestations. Notre rôle premier durant ces évènements c’est de sauver la vie des gens sur le site et d’alerter la compagnie pour les suites nécessaires.

AP : Comment comprenez-vous des actes de pillage au sein d’une banque ou un market pendant une protestation ?

AS : Il y a deux aspects à considérer dans ce cas. Tout d’abord, il pourrait être une erreur ou faille au niveau de la sécurité ou il peut s’agir d’un complot.

Si l’agent de sécurité n’a pas donné l’ordre pour la fermeture de l’entreprise, un groupe de manifestants (casseurs) peut entrer sur le site, terroriser les gens pour ensuite procéder à l’acte.

L’autre élément plus ou moins plausible c’est le complot. L’agression peut être planifiée entre manifestants et le propriétaire même de l’entreprise. En fonction de la somme d’argent versée par une entreprise pour son assurance, certains propriétaires peuvent décider de comploter avec un groupe pour commettre l’acte. Ce, afin d’être dédommagé. L’agent doit être très vigilant pour ne pas être coupable dans ces genres de situations.

AP : Si on a bien compris, l’agent de sécurité ne peut rien faire lorsque des manifestants pénètrent l’espace de sécurité d’une entreprise durant les revendications populaires ?

AS : Le rôle de l’agent est avant tout de surveiller le site. Si la foule est encore loin de l’entreprise pendant que de simples individus ou protestataires tentent de franchir l’espace pour causer des actes malintentionnés, l’agent de sécurité peut faire usage de la commande verbale (fè bak ; pa avanse ; kanpe la) pour reculer la menace.

Mais lorsque la foule approche (…), l’agent est impuissant en leur présence.

Commentaires

Emmanuel Moïse Yves
Journaliste à AyiboPost. Étudiant en communication sociale. Je pratique le journalisme pour le rendre utile à la communauté.

    La crise actuelle augmente la rareté et le prix de certains produits

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