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D’où je viens…Les hommes et les femmes

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D’où je viens, certains mots sont permis. Certains noms sont acceptés, même si non acceptables. Une jeune fille atteignant l’âge qu’on dit mûr se retrouve affublée de sobriquets les uns plus dénigrants que les autres. Et la société trouve cela normal ! C’est comme un rite de passage sans lequel on ne saurait vraiment dire avoir « grandi ». Un jeune garçon dont la voix change d’octave est traité comme un jeune coq sur le point d’être lâché dans une basse-cour. Gare à lui s’il ose, ne serait-ce même par erreur, laisser croire qu’il aurait des objectifs plus élevés que de faire la chasse aux porteuses de jupons.

D’où je viens, une jeune-femme est harcelée presque partout… non pour parfaire son éducation et atteindre une indépendance ! Mais non ! Quelle idée ! Ce serait la laisser se remplir la tête ou pire se gonfler d’orgueil. Elle doit invariablement apprendre l’art de plaire et décocher au plus vite, le plus tôt le mieux, une partie prometteuse portant nom, fortune et, si possible, bonnes manières, bien que cela semble avoir de moins en moins d’importance de nos jours. Un jeune homme est forcé de croire qu’il doit « monter » tout ce qui bouge sur 2 pieds, portant des seins et réceptacle d’éjaculation. Faut bien qu’il s’entraine ! Il ne peut se permettre le luxe de trainer la race masculine dans la boue en agissant en rabat-joie, jouant au pudique, faisant montre de respect et d’attention pour la gente «faible».

D’où je viens, une femme atteignant un certain âge, mariée ou non, mère ou non, bien placée ou non, peu importe les paramètres analysés, se fera quand même étiquetée comme une marchandise au super marché. Une femme ? Elle n’est autre qu’une « pondeuse », sinon elle est une « bonne à rien ». Elle doit vite se caser et se mette au travail ! Son avenir est scellé dès la découverte de son sexe à la naissance. Qu’elle ne se permette pas de contredire sinon gare aux épithètes ! Et même là encore, elle ne saura y échapper. On la dira coquine et aguicheuse si elle prend soin de son corps. On la dira indigne si elle porte des vêtements un peu trop affichants. On la dira trop imbu d’elle-même si elle garde un certain train de vie sans se faire salir par les prétendus maitres de ce monde. On la dira sournoise si elle préfère rester loin du feu des projecteurs. On la dira fainéante si elle reste à la maison s’occuper de ses enfants. On la dira pute si elle ose braver la société et prendre soin seule de sa progéniture…

D’où je viens, un homme se mariant tôt est aussitôt tourné en ridicule parce qu’on lui reproche de vouloir limiter le partage de son « expertise » en négligeant les potentielles candidates en mal de ses soins. Il est poussé de toutes parts, en plus de la génétique, à aller voir ailleurs, à chercher ce « feeling » que seul l’interdit peut procurer. La marque d’un homme avec un « H » ? Elle se résume par son nombre de conquêtes ; les conquêtes du jeune âge pour le débroussailler ; les conquêtes d’un âge plus mûr pour parfaire son éducation et son aisance de la chose ; les conquêtes d’un certain âge lui permettant de clore le chapitre fallacieux de l’avant-désir-de-couple. Et enfin, mais surtout, les conquêtes de l’après concrétisation de ce désir de couple, car il faut bien démontrer qu’il ne peut être enfermé dans un quelconque carcan! Oh que non! Un homme, un vrai, ça ne s’attache pas qu’à une seule compagne ! La principale est là pour un rôle précis. Les autres… ben… les autres servent à nettoyer la tuyauterie et aussi, mais surtout, à maintenir en vie la réputation d’Homme avec grand H qu’il a construite au cours des années.

D’où je viens, une femme cocue est affaire courante, rien de bien sérieux, un article de plus dans un journal, une lettre de plus à la poste. Pas de quoi en faire tout un plat. Du petit ami trompeur à l’époux baladeur, qu’elle n’ose se plaindre puisqu’elle a été honorée du titre de « Porteuse Principale ». Et surtout qu’elle n’ose même pas rêver à faire de même ! Oh que non ! Sinon gare aux surnoms pour qualifier ses mœurs légères !

D’où je viens, un homme cocu ? Serait-ce un « extraterrestre » portant peau et chair pour se faire passer pour un humain, mais n’ayant obtenu le manuel nécessaire pour savoir comment agir et rétorquer proprement à pareil affront ? Qu’il traine lui-même partout n’est pas problème ! Mais qu’il ose, ne serait-ce qu’un instant, envisager la possibilité d’être cocu… Une guerre est déclarée, sans relâche, sans trêve, sans précautions pour les parties non directement concernées. Mais c’est la guerre quoi ! Si une bombe explose un frère, une sœur, un enfant, mais on s’en fout ! La guère vous a-t-on dit !

D’où je viens, une femme, ça encaisse. Dès qu’elle réagit, catastrophe nucléaire, armements sortis, orages et cataclysmes !

D’où je viens, un homme, ça impose. S’il reste calme et tente un semblant de compréhension, c’est le débalancement mondial… Ou, de manière plus commune, il a quelque chose en tête et se cherche une proie.

D’où je viens… Je ne trouve plus les mots. Ils me font soudain défaut.

D’où je viens… C’est le monde totalement à l’envers. Rien n’est certain et aucune règle ne tient la route.

Shedlie P. Montfort

 

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La rédaction de Ayibopost

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