ART & LITERATURE

Vous avez dit… poésie?

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Il n’existe pas, à ma connaissance, de sérieuses études ou des discours critiques sur la poésie. Nulle histoire, à proprement parler, n’en a été écrite. Celle-ci pourtant réserverait d’étranges surprises. On y vérifierait combien les commentaires oscillent entre subjectivisme, mysticisme, spontanéisme et formalisme; mais on y découvrirait également que la poésie suscite autant de vagues discours que de partis pris tranchants, écrivait Jean Michel Maulpoix, poète et critique littéraire français, professeur à l’Université et directeur de la revue trimestrielle “Nouveau Recueil”.

Subjectivité, Mystère, Spontanéité, Formalité. Vagues discours, partis pris tranchants ! Voilà donc ce dont à quoi probablement nous aurions eu droit en terme d’écrits ou de propos autour de la poésie et des œuvres poétiques d’auteurs. Et dire que les qualificatifs nous ont été donnés par un critique littéraire lui-même! Ce qui nous porte à croire que nul n’est très bien placé pour dire d’un poète qu’il est vraiment poète, d’un non-poète qu’il l’est et, d’un recueil de poésie, que ce n’en est pas un. Mais qu’est-ce donc la poésie? Et qui est le poète?

Il y a deux siècles de cela, nous ne pouvions parler de poésie sans parler de respect des règles, de genres poétiques et du souci de la forme. Nous accentuions sur l’agencement des strophes, sur la qualité des rimes, leur disposition et leur nature. Nous nous soucions du mètre et des sons. Enfin! Il y a deux siècles de cela, parler de poésie revenait à parler de versification au-delà même de la peinture et de l’image. Et le poète était celui qui alliait tout cela: peinture, image et versification. Mais encore est-il que la donnée première du poète est son ressenti, son vécu, sa vision des choses dont le contenu peut être autre que sa vie affective. Sa dimension fondamentale c’est le monde qui l’habite en l’instant précis où il décide de s’exprimer ; c’est l’état d’esprit qui est le sien au moment où sa plume rencontre la feuille.

En ce vingt-et-unième siècle, où nous sommes passés du contemporain à la modernité, nous accordons moins sinon pas du tout, d’importance à la forme pour nous asseoir sur le fond, les courants littéraires n’existant plus. C’est le temps et l’histoire qui ont voulu qu’il en soit ainsi et  la société a adhéré à ce changement. Un besoin qui au préalable fut ressenti par des poètes de l’époque contemporaine et des nouvelles têtes, en quête de liberté et de souffle nouveau. Jongler avec les mots, fabriquer des images, deviennent donc les activités premières du poète dont le langage ne devrait pas être le même que celui du commun des mortels parce qu’il s’agit de ce que le contexte sociétal actuel retiendra de sa poésie, de son œuvre. C’est, ce que nombre de critiques attendent de la matière pour en faire l’éloge, omettant qu’au centre de sa poésie se développe un thème autour duquel s’ajoutent les champs lexicaux et où se joue l’harmonie.

Et oui, la poésie est une longue hésitation entre le son et le sens disait Paul Valéry. Et autant à en juger, jugeons dans la totalité et donnons-nous surtout les moyens de voir et de comprendre ce qui nous est délivré. Car aussi prosaïques que les éléments puissent être, ce peut être un choix. La poésie est saisissable de toute part !

Vous avez dit… poésie? Et si plutôt que de nous questionner sur ce qu’elle est, nous nous demandons: quand, poésie, il y a? Nous serons quelque peu sûrs, ainsi, de ne pas tirer trop vite notre carton rouge aux fins d’éviter qu’il ne nous soit rappelé, à l’instar de cette jeune plume qui se peaufine et qui eut à écrire sur le blog d’Ayibopost: Jugez-moi chère société mais avec objectivité, neutralité et respect!

Shéba N’Sahna Estimé

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