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Quand des bandits enseignent le patriotisme !

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Beaucoup de choses ont été dites sur les élections en Haïti. Et les commentateurs ont rivalisé d’ingéniosité et de panache pour nommer ce qu’il conviendrait parfois d’ignorer ou de conspuer.

Si ce cirque sérieux ne se prête que difficilement à l’analyse, vu par ses contempteurs les mots pour le qualifier, ont toujours quelque chose à voir avec la crasse, la boue et le déshonneur.

Or, rarement on en a fait l’analyse inverse : ce qu’est l’exercice électoral vu du côté des candidats et politiciens, dont on épuise les Larousse à ne pas trouver d’épithète pour les qualifier.

On serait alors surpris de réaliser le peu de courage de nos petits révolutionnaires dotés d’iPhone dernière génération, nos intellectuels critiques et nos universitaires de l’Université et seulement de l’Université avec leurs jargons aussi prétentieux qu’austères.

Ils sont prompts à critiquer, à s’insurger, à s’indigner, mais lents à l’autocritique. Une lenteur nécessaire pour conforter leur patriotisme de pacotille puisqu’ils réaliseraient par là qu’ils sont aussi responsables de la situation du pays que les épouvantails qu’ils pointent du doigt. Si l’histoire nous apprend une chose, c’est qu’en politique et en matière de gouvernance de la cité, le vide n’est pas une option. Les fous et les insensés élisent domicile en quartier abandonné par la raison, la science et le bon sens.

À côté des invectives de ces citoyens 2.0, de ces intellectuels connectés aux médias et omniprésents sur internet, mais déconnectés de toute réalité, combien ont déjà pris une seule initiative ? Combien ont manifesté le désir et se sont engagés sérieusement pour prendre des responsabilités ? Combien ont même déjà voté ?

D’aucuns m’objecteront l’excuse du lâche qui se retranche derrière la difficulté de la tâche à accomplir pour se dérober à ses devoirs. Oui le peuple est capricieux et paraît irresponsable dans ses choix. Oui la proportion des saltimbanques audacieux prétendant diriger est assommante. Oui aussi on peut changer les rapports de force et réduire la probabilité que la population tombe sur un trafiquant notoire ou sur le dernier des escrocs.

Dès lors, pourquoi les listes électorales ne peuvent être remplies que de citoyens honnêtes et  d’une minorité  négligeable d’individus méprisables ? Est-ce vrai qu’on a pas assez d’hommes sérieux, intègres et compétents ? À mon avis non. Tout cela a à voir avec le courage. Le courage d’abandonner son confort pour se dévouer pour plus grand que soi.Le courage de passer des paroles aux actes et de servir son pays.

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Widlore Mérancourt
Éditeur en chef d'Ayibopost. Consultant média. Amateur de philosophie. Grand curieux des nouvelles façons d'exercer le journalisme. Grand curieux, tout simplement.

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