SOCIÉTÉTremblement de terre

Promenade photographique à Canaan, dix ans après le séisme

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Canaan, un des plus grands bidonvilles du pays, se trouve à la périphérie de Port-au-Prince. La zone était quasi inoccupée avant le séisme du 12 janvier 2010. 10 ans après, balade photographique dans un recoin peuplé de 300,000 âmes mais abandonné par l’Etat

A l’entrée de la route « 9 » se trouve un petit poste de police. Presqu’une vingtaine d’agents y cantonnent depuis octobre 2010. Ils doivent, entre autres, assurer la sécurité des centaines de milliers d’habitants de Canaan 1, 2 et 3. Cependant, les policiers ne veulent pas se pointer dans les mornes pour venir en aide à la population. L’un d’entre eux fait savoir qu’ils n’ont pas les moyens adéquats. Or, des bandits sèment la terreur dans la zone de Canaan depuis novembre 2018. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

L’histoire commence moins d’un mois après le séisme. Des centaines de familles commencent à camper dans la zone. Ils érigent des abris en carton, en plastique et même en toile.  L’élément déclencheur de cette expansion fulgurante a été un arrêté du président René Préval déclarant la zone d’utilité public pour répondre aux besoins des familles affectées par le tremblement de terre.  Ils s’installent sur un territoire de près de 5 000 hectares de terre. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

 

Constant Jean Willio habite la localité depuis l’année 2010. Il vient de l’Artibonite. Père de trois enfants, ce monsieur dans la quarantaine vit dans une maison en tôles. Dans ce même espace, il pratique des cérémonies superstitieuses avec et pour des personnes de la zone.  Il ne cache pas sa frustration face à l’Etat qu’il dit irresponsable. Habiter cette communauté veut dire accepter, malgré soi, de vivre dans l’indignation, dit-il. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

Canaan est subdivisé en cinq unités spatiales (Canaan I, II, III, IV et V). La somme des « cananéens » dépassait les trois cent mille âmes en 2015. Ils représentent 3% de la population haïtienne. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

Des travaux de construction vont bon train. Or, l’arrêté indique que « tous travaux de construction (…) ainsi que toute transaction ou aliénation immobilière sont et demeurent interdits sur toute l’étendue». De grandes maisons en béton avec parking s’imposent parmi les baraques, les cahutes et les bâches, au bord de la route nationale numéro 1.  Plusieurs entrepreneurs qui n’habitent pas la zone, y ont des dépôts de provisions alimentaires, des maisons de matériaux de construction etc… Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

Gérôme Jean Pierre Laurore vit à Canaan 2. Âgé d’une quarantaine d’année, ce monsieur s’installe dans cette zone au milieu de l’année 2019. C’est l’un des frères de sa femme qui lui a vendu cette portion de terre. Selon ses mots, Canaan a fait de lui un « propriétaire terrien». Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

Aucune institution étatique ne contrôle les constructions  à Canaan. Chacun fait selon ses moyens et son goût. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

Il n’y a aucune infrastructure, ni service public dans la zone. L’eau potable fait défaut.  Les plus fortunés achètent de l’eau par camion pour la revendre à la population qui vit dans les mornes. Les gens qui n’ont pas les moyens d’en acheter sont condamnés à parcourir des kilomètres. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

 

Les habitants de Canaan ont perdu patience à attendre les installations de l’Électricité d’Haïti. Certaines familles se mettent ensemble pour se procurer irrégulièrement du courant. D’autres éclairent leurs maisons à l’aide de petits panneaux solaires offerts par des ONG. La plupart se servent de bougies ou des lampes à kérosène. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

Canaan ne dispose d’aucune infrastructure de loisir pour permettre à la population de se divertir. Les nombreux enfants et jeunes qui y habitent n’ont pas accès à un terrain de jeu. Ils n’y a pas de places publique ni un centre culturel pour aider les jeunes à développer leur talent. Photo: Ayibopost / Frantz Cinéus

C’est un arrêté qui a déclaré la zone de Canaan d’utilité publique et non un décret, comme le suggérait une première version de cet article.

Journaliste à Ayibopost. Je m'intéresse à la politique et à la culture.

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