EN UNELE SUJET DU MOISSOCIÉTÉ

Pour Haïti et pour nos frères!

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Une trentaine de jeunes, âge et sexe confondus, un jour de premier mai, débarquent dans une petite localité du sud d’Haïti. Avec les habitants de la zone, ils retournent la terre, salissent leurs mains d’élèves, d’étudiants et de professionnels. Ils y plantent gratuitement un café dont ils ne goûteront peut-être jamais ni la senteur parfumée, ni la saveur revigorante.

Dans cette société capitaliste où tout semble se mesurer à l’aune des espèces sonnantes et trébuchantes, l’humanité enfouie en nous vacille! Le temps du partage, du bénévolat, de l’action désintéressée, de la solidarité entre dépositaires d’un destin commun semble révolu.

Ces valeurs, pourtant nécessaires, sont sacrifiées sur l’autel de l’accomplissement individuel. Notre modèle éducatif n’oriente pas vers le vivre- ensemble, mais vers l’élévation personnelle au- dessus quand ce n’est au détriment de l’ensemble.

Or, comme Camus, nous devrions, dans le confort de notre lit souffrir des douleurs qui nous sont épargnés, de sorte que le sens du service devienne un réflexe, un élixir à notre mal-être.

Certains objecteront que ce n’est qu’une forme d’égoïsme mais peu importe.  Cependant, s’il faut passer par là pour retrouver cette humanité perdue, pour valoriser cette tension pour l’autre et la communauté ; pour ranimer cette inquiétude qui invite à aller vers l’autre pour se retrouver, tenter d’accrocher sur ce visage triste et morne un sourire chaleureux ; pour harmoniser notre quête légitime d’accomplissement avec celle de la société en redonnant valeur à la gratuité, à l’action civique et au bien commun, alors soyons extrémistes dans cette démarche.

Ne ratons plus une occasion d’être utile aux autres. Ne ratons plus la possibilité de « servir ». Intégrons le Rotaract et toutes autres organisations communautaires de développement.  Comme Abd Al Malik, soyons égoïste en pensant plus à l’altérité qu’à nous!

Widlore Mérancourt est éditeur en chef d’AyiboPost et contributeur régulier au Washington Post. Il détient une maîtrise en Management des médias de l’Université de Lille et une licence en sciences juridiques. Il a été Content Manager de LoopHaïti.

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