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Où est passé le groupe musical Piti-Piti qui produisait des chansons pour des enfants dans les années 1980 et 1990?

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Avec des titres comme «Peyi mwen» et «Kenbe la», la popularité de la chorale  Piti Piti, créée en 1987, s’est étendue au-delà des frontières d’Haïti

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Près de vingt ans après la dissolution du groupe, Pierre Rigaud Chéry, musicien-compositeur  et membre fondateur de la formation musicale, souhaite revenir avec l’initiative, mais garde toutefois quelques réserves.

Avec des titres comme «Peyi mwen» et «Kenbe la», la popularité de la chorale d’enfants Piti Piti, créée en 1987, s’est étendue au-delà des frontières d’Haïti. A travers ses chansons diffusées à la radio et à la télévision, le groupe abordait des thèmes liés à la culture, à l’histoire du pays ainsi qu’aux valeurs humaines.

En dépit des efforts des principaux initiateurs pour le garder vivant, Piti Piti a  arrêté de produire en 2004, suite aux troubles qui ont suivi la chute du président  Jean-Bertrand Aristide.

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«Depuis des années, je rencontre régulièrement des gens qui me demandent de revenir avec Piti-Piti » confie le musicien de 68 ans à AyiboPost.

Le manque de programmes culturels et artistiques conçus pour les enfants, destinés à leur formation et épanouissement socioculturels, notamment à la radio et à la télé préoccupe le musicien aux quarante années de carrière.

S’il affirme être très motivé à relancer Piti Piti , Chéry précise par ailleurs que ce sera d’abord sous la forme d’une émission sur les réseaux sociaux. Un moyen pour lui de faire connaitre le groupe aux nouvelles générations, mais aussi pour se reconnecter aux anciens membres de la formation musicale.

Depuis des années, je rencontre régulièrement des gens qui me demandent de revenir avec Piti-Piti

«Actuellement, je suis en train de mettre à jour mon répertoire», fait savoir le musicien qui dit disposer dans son répertoire  d’une centaine de chansons à caractère éducatif,  exclusivement écrites pour les enfants.

Cependant, poursuit-il, «Je suis de très près l’évolution de la situation sécuritaire du pays».

Créé avec les collaborations du musicien Yves Lavaud, de l’ingénieur Raymond Desmangles et Jose Jean Raymond qui jouait le rôle de manager, Piti Piti n’a pas tardé à capter l’attention du public.

Partout dans le pays, les gens montraient leur appréciation pour la jeune formation musicale.

«Je garde encore de bons souvenirs des chansons de Piti Piti», évoque à AyiboPost Genson César, fan et passionné des chansons du groupe. «Elles ont bercé mon enfance dans les années 90. Tous les jours, je regardais les vidéoclips de Piti Piti sur la télévision nationale d’Haïti », poursuit-il.

«Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de nostalgie que j’évoque ces souvenirs d’enfance», explique l’homme qui a 37 ans aujourd’hui.

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Gaël Jean, musicien et étudiant à l’université d’État d’Haïti évoque avoir fait connaissance avec Piti Piti grâce à un ami qui lui a fait voir un extrait de vidéo du groupe via Tik tok, il y a un an.

«Voir des enfants chanter si bien la beauté du pays m’a tout de suite intrigué», confie le jeune de 22 ans à AyiboPost.

«Les textes, la musique, les thèmes abordés sont originaux. C’était une découverte extraordinaire», explique Jean qui dit n’avoir jamais cessé de regarder d’autres vidéos du groupe disponibles sur Youtube.

Une vingtaine d’enfants de dix à douze ans constituaient Piti Piti.

Ces derniers venaient de divers établissements scolaires de Port-au-Prince: Le Collège Saint-Louis de Bourdon (Mère de Bourdon), de l’école Kay Annou, Peter Pan ainsi que du Kindergarten Mary Carline de Bois-Verna.

Selon Pierre Rigaud Chéry, le groupe est né d’une volonté de combler un vide.

Un jour, alors qu’il assiste à une séance de répétition d’un groupe d’enfants dirigé par le musicien Yves Lavaud à l’académie Promusica de Port-au-Prince, il découvre que les chansons interprétées par les enfants étaient toutes des chansons étrangères.

«Cela m’a choqué», déclare le musicien.

Alors, il est allé voir Yves Lavaud pour lui proposer d’écrire des chansons en créole qui reflètent la culture haïtienne et destinées exclusivement aux enfants, chantées par les enfants.

Proposition à laquelle Yves Lavaud répond favorablement.

Monter ce groupe a été un «accomplissement incroyable» à l’époque. «Je voulais laisser quelque chose au pays, aux enfants.», dit l’homme qui a mis en musique des textes de Syto Cavé, de Frankétienne et de Georges Castera.

En 1988, Piti Piti fait son entrée sur la scène musicale haïtienne lors d’un concours de chant organisé par la compagnie American Airlines.

Pour participer à ce concours, Peyi mwen, un des titres phares du groupe, voit le jour.

La chanson était populaire à l’époque. Dans les écoles comme à la radio. «Nous étions sûrs de gagner.», se souvient-il.

Cependant, ironie du sort, le groupe se voit disqualifié pour des motifs «non-élucidés».

Le rêve de gagner à ce concours de chant s’est envolé. Cependant, ce bref passage aura propulsé Piti Piti un peu plus dans le milieu musical haitien. Car, l’année suivante, le groupe sort sa première et unique cassette intitulée Ochan Piti Piti, composée de huit titres, dont: Peyi mwen, Kenbe la, Sesa Sesa, Ti zwezo et Lavi lavi.

«À travers ces chansons, je voulais inculquer aux enfants les valeurs humaines ainsi que l’essence de la culture haïtienne, dans leur langue maternelle.», fait savoir Chéry.

Vendues en consignation à la boîte à musique chez Raoul Denis située à Port-au-Prince, à la rue pavée, plus de 4000 cassettes ont été vendues « en un temps record ».

«C’était un exploit. Les gens étaient tout excités à l’idée de se procurer notre cassette qui se vendait à 75 gourdes.», se souvient le musicien.

Avec Piti Piti, Pierre Rigaud Chéry et son équipe souhaitaient continuer à produire des chansons qui rappellent aux enfants haitiens l’histoire d’Haïti et leur inculquent l’amour de la patrie.

A travers ses concerts , notamment à l’institution Saint-Louis de Gonzague a Port-au-Prince, de plus en plus de gens font la connaissance du groupe.

Cependant, en 2004, le rêve tourne au cauchemar.

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En dépit de leur volonté de garder Piti Piti vivant, les événements politiques troublants à l’époque les ont poussé à arrêter toutes les activités.

Un grand coup pour le public à l’époque.

«Les enfants, devenus jeunes, étaient déçus. Mais nous étions obligés», explique Pierre Rigaud Chéry qui confie n’avoir reçu aucune aide à l’époque pour garder l’initiative vivante au-delà des incertitudes sociopolitiques engendrées par la chute du président Jean Bertrand Aristide en  2004.

Dans un rapport publié en novembre  2004, le bureau des nations-unies pour la Coordination des affaires humanitaires (Ocha) fait état d’une détérioration de la sécurité dans le pays, ce rapport évoque aussi la montée en puissance de 34 gangs qui térrorisent la population causant abus, meurtres et kidnaping.

En 2005, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) dénombre 1031 personnes tuées entre mars 2004 et juin 2005 en Haiti.

Du coup, face à la violence des rues, les responsables se trouvent de moins en moins capables d’assurer la sécurité de leurs membres, particulièrement lorsque ces derniers devaient se rendre aux séances de répétition à Bourdon, à la rue Rivière.

Depuis lors, le maestro perd tout contact avec les jeunes chanteurs qui constituaient Piti Piti.

Les recherches entreprises par AyiboPost pour entrer en contact avec d’autres membres du groupe  n’ont pas abouti.

Près de vingt ans après, beaucoup de choses ont changé. Parmi les quatre initiateurs du groupe en 1987, seuls deux sont encore vivants aujourd’hui, Yves Lavaud et Pierre Rigaud Chéry .

En 2023, des deux, seul ce dernier continue à écrire des chansons destinées aux enfants.

A l’heure actuelle, la situation sécuritaire du pays  est assez préocuppante.  Près de 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince est controlée par les gangs armés.

«C’est pourquoi je souhaite commencer par me lancer sur les réseaux sociaux. De plus, les opportunités apportées par les nouvelles technologies sont énormes», explique le guitariste, «L’avenir dira le reste» conclut t-il à  AyiboPost.

Avec sa femme chanteuse, Chantal Drice, plus connue sous le nom de Kreyololo, le natif des Cayes qui dirige depuis quelques temps l’institut national de musique d’Haiti continue de participer à des initiatives musicales et cuturelles à travers le pays.

Par Wethzer Piercin

Image de couverture : Collage photo du groupe Piti piti


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Wethzer Piercin est passionné de journalisme et d'écriture. Il aime tout ce qui est communication numérique. Amoureux de la radio et photographe, il aime explorer les subtilités du monde qui l'entoure.

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