SOCIÉTÉ

Mortalité maternelle : Haïti manque de sages-femmes

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Le métier de sages-femmes est peu reconnu en Haïti. Près de la moitié des professionnelles formées dans ce domaine fuient le système sanitaire haïtien et offrent leurs services à l’étranger.

L’institut national supérieur de la formation de sages-femmes (INSFSF) est l’unique entité en Haïti qui offre une formation dans ce domaine, certifie Carmelle Fanfan Fenelus, vice-présidente de l’association des infirmières sages-femmes d’Haïti (AISFH). La quantité de sages-femmes estimées pour desservir 2 600,000 femmes en âge de reproduction (FAR, 2015) dans le pays équivaut à moins de cinq cents selon la vice-présidente.

La sage-femme est la troisième profession médicale dans le monde. Elle a pour rôle d’assurer le suivi prénatal,  et les accouchements sans complications. Les professionnelles de ce métier doivent soigner et conseiller les femmes enceintes pendant leur grossesse, dispenser les soins aux nouveau-nés et prodiguer des conseils aux femmes en matière d’allaitement.

Un institut en deçà de sa capacité d’accueil

Doté d’un bâtiment flambant neuf en 2013, L’INSFSF a une capacité d’accueil de 150 étudiants(es). Cependant, les professionnelles formées par années estiment à 50. le métier est peu reconnu en Haïti et les sages-femmes formées ont de grandes difficultés pour intégrer le système sanitaire en Haïti, explique Carmelle Fanfan Fenelus qui travaille également comme institutrice à l’INSFSF.

Avec les taux élevés de mortalité maternelle et infantile, le besoin de sages-femmes professionnelles se révèle nécessaire. L’Enquête mortalité, morbidité et utilisation des services 2016-2017 (EMMUS VI) estime le niveau de mortalité infantile à 59 %. En moyenne, sur une cohorte annuelle de 1 000 enfants nés vivants, au cours des cinq dernières années (2012-2016), 58 seraient décédés avant leur premier anniversaire. L’EMMUS VI n’a pas signalé le taux de mortalité maternelle. Selon les données du Ministère de la Santé publique (MSPP) en 2015, la mortalité maternelle est estimée à 157 pour 100 000 naissances vivantes.

Absence de reconnaissance de la sage-femme

En Haïti, les professionnels de la santé comme les médecins et infirmières jouent souvent le rôle de sages-femmes lors des accouchements, se plaint la sage-femme. Elle a, par ailleurs précisé que des infirmières peuvent se spécialiser en infirmières sages-femmes. L’INSFSF leur offre une formation en 24 mois. Les bacheliers quant à eux reçoivent une formation pendant 36 mois.

L’absence ou le manque d’intégration des services de santé déployés dans les hôpitaux, les centres de santé et les dispensaires favorisent l’émergence d’une connaissance traditionnelle : les matrones. Souvent appelées fanm chay, les matrones sont des praticiennes locales qui jouent un rôle indispensable dans le champ de santé maternelle et infantile.

Tous ces éléments constituent un handicap pour le développement du métier de sage-femme en Haïti et les moyens du Ministère de la Santé publique et de la Population ne sont pas encore suffisants pour pallier cette situation.

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Emmanuel Moïse Yves
Journaliste à AyiboPost. Étudiant en communication sociale. Je pratique le journalisme pour le rendre utile à la communauté.

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