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Medam yo Ranse #17: Liberté, égalité, discrimination des noires en France

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Medam yo Ranse revient avec la série diasporique, où les invitées de Fania Noël contrairement à l’habitude vivent dans la diaspora haïtienne

L’assassinat par la police de Georges Floyd et les révoltes qui ont suivi ont trouvé un écho en France où, au même moment, le procureur de la République utilisait une expertise médicale déclarant que le jeune homme noir, Adama Traoré, mort le 24 juillet 2016 sous le poids de gendarmes, souffrait d’une condition préexistante. Mardi 2 juin, la place de la République à Paris déborde de monde. Près de 60 000 personnes ont répondu à l’appel à protester de Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré.

Le 26 avril 1986 avait lieu la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, un accident nucléaire majeur. À l’époque, les personnalités politique et médiatique françaises déclaraient que : « le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière française », ce qui s’est avéré être bien sûr un mensonge d’État. La question noire en France est la même, mais avec beaucoup plus de gymnastique intellectuelle.

Lorsqu’un crime policier a lieu aux États-Unis, la race du policier et de la victime est spécifiée dans les médias français. Toutes les personnalités politiques et médiatiques de gauche et de droite ont fait une déclaration concernant le cas Georges Floyd, partageant leur indignation face au racisme aux États-Unis et se félicitant que ce ne soit pas le cas en France, pays où 90 % des victimes de crimes policiers sont des hommes noirs ou arabes.

Cette gymnastique repose sur l’idée que la France n’a pas pratiqué l’esclavage sur son sol. Mais s’il y a un point qui remet en question ce mythe République, c’est bien le dossier d’Haïti, la révolution et la dette. Car, pour que la question noire soit constamment une question nouvelle en France, il faut sans cesse faire du révisionnisme et de l’effacement au profit du récit national de la France Républicaine et de la France des lumières.

Aujourd’hui dans cet épisode on parle de la question noire.

Les invitées de Fania Noël:

Sergina et Jessica, deux jeunes femmes nées en Haïti avec une histoire particulière vu qu’elles ont toutes les deux été adoptées par des familles blanches françaises. Elles ont lancé une chaine YouTube appelée Lejitim qui interroge la question noire.

Commentaires

Fania Noël
Responsable de la stratégie de développement | Habite les frontières, avant de venir en Haïti, elle était militante afroféministe et panafricaine dans des organisations basées en France. Elle a aussi fait un tour pour travailler pour des organisations aux Etats-Unis et au Canada.

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