SOCIÉTÉ

« Maklouklou » et hernie sont deux choses différentes

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Quoique fréquent en Haïti, ces maladies sont généralement bénignes et provoquent dans de rares cas de fortes douleurs, selon les spécialistes

Anderson Deviné, 21 ans, vivait avec une hernie. Avant de l’emmener voir un médecin, ses parents ont d’abord tenté des massages au palma christi pour apaiser les douleurs au niveau de son aine.

« Selon les médecins, la hernie dont je souffrais n’était pas grave, dit le jeune homme qui vit à Carrefour-Feuilles. Aujourd’hui, je n’ai plus d’inflammation à l’aine et je ne ressens plus aucune douleur ».

Le terme hernie désigne le « déplacement de tout ou d’une partie d’un organe hors de la cavité qui le contient normalement ». La hernie inguinale est la plus fréquente des hernies. Congénitale ou résultante par exemple d’efforts répétés à l’âge adulte, elle survient lorsque l’intestin sort de son emplacement par un orifice abdominal.

En revanche, la maladie appelée « maklouklou » se dénomme scientifiquement « hydrocèle ». Elle consiste en un épanchement de liquide dans « la poche », autrement dit « la bourse » entourant les testicules.

Une maladie commune

La hernie — qui touche aussi les femmes — se forme quand la pression qui est à l’intérieur de l’abdomen augmente et fait ressortir à travers un point faible un petit bout d’organe à l’externe ou à l’interne. La personne peut probablement le ressentir en se palpant.

Il n’existe rien comme médicament contre la hernie inguinale, selon Allan Raphaël, un chirurgien à l’hôpital général des Cayes. Le traitement se fait par voie chirurgicale.

Le plus souvent, les patients naissent avec la hernie. « C’est l’une des maladies les plus fréquentes en Haïti », rapporte le chef de service de la chirurgie à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (UEH), le docteur Harry Jeudy.

Contrairement à ce qui se pratique dans certains pays, « les enfants grandissent [généralement] avec la maladie en Haïti sans subir des interventions chirurgicales pouvant l’éradiquer alors qu’ils sont en bas âge. Avec le temps, les tissus deviennent plus résistants », rapporte le chirurgien Raphaël Allan.

Dans le cas de la hernie ombilicale, l’enfant peut être opéré après ses cinq ans.

Des complications

La hernie inguinale n’est pas très sévère. La plus redoutable est la hernie étranglée, selon les dires de Dr Allan Raphaël.

« Elle peut devenir grave si les organes qui se retrouvent dans le sac ou le bout d’organe formé n’ont plus assez d’espace. Ces organes peuvent ainsi s’étrangler d’où le nom hernie étranglée. Dans le cas où ces organes meurent, cela peut conduire à la mort du patient. »

D’un autre côté, une infection peut se propager à travers les différents organes de l’abdomen. C’est ce qu’on appelle une péritonite et à ce niveau, la maladie devient une véritable urgence médicale qui peut provoquer la mort si elle n’est pas traitée.

Par ailleurs, la croyance populaire retient que la calcination de plumes de poules peut causer du mal à une personne vivant avec une hernie ou l’hydrocèle. L’urologue Watson Exantus dément cette information. « Tout ce qui peut provoquer la toux ou un éternuement forcé peut déclencher des douleurs chez la personne vivant avec la maladie », dit-il.

Une simple guérison

Pour traiter la hernie inguinale, il faut enlever ou remplacer son contenu (le sac formé) dans l’abdomen et réparer la paroi abdominale. « Une suture ou une prothèse peut être utilisée pour renforcer la paroi et boucher la faille », fait savoir Dr Allan Raphaël.

Au cours de l’intervention, des techniques chirurgicales différentes peuvent être employées selon le type de hernie. Actuellement, la cœlioscopie est utilisée dans le monde. Ce procédé consiste à opérer à partir de petites incisions sur l’abdomen, à l’aide de minicaméras.

En Haïti, on continue de pratiquer la méthode ancienne qui implique « une incision plus large dans l’abdomen ou au niveau de l’aine », ajoute Allan Raphaël.

Quant à l’hydrocèle, elle est liée à des infections chroniques. Dans la plupart des cas, les causes de cette sécrétion anormale demeurent inconnues, dit l’urologue Watson Exantus. Cette pathologie ne met pas en danger la vie du patient, mais des douleurs prononcées peuvent être ressenties en cas d’augmentation du volume de la bourse.

Cette maladie n’affecte pas la performance sexuelle des hommes selon le spécialiste. « C’est une maladie bénigne qui nécessite une intervention chirurgicale pour vider la bourse tout en empêchant qu’il soit à nouveau rempli ».

Emmanuel Moïse Yves

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Emmanuel Moïse Yves
Journaliste à AyiboPost. Étudiant en communication sociale. Je pratique le journalisme pour le rendre utile à la communauté.

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