Il y a aujourd’hui dans ce pays une droite heureuse. Une extrême-droite heureuse. On assiste au retour de « mickistes » convaincus. Et on entend de plus en plus : nous allons faire des affaires. Ajoutons comme par le passé. C’est le passé qui a gagné
Une partie de la presse et de l’opinion est dithyrambique : Alix Didier Fils-Aimé a réussi. Quel haut degré d’analyse ! Il a tout le pouvoir. Tout le pouvoir que lui accordent les Etats-Unis, les vieilles dames-continents de petite vertu, l’OEA qui en a encore moins comme l’écrivait Félix Morisseau-Leroy dans un poème culte.
Reste à savoir en dehors de cela qu’il a réussi. Remettre sur la scène des corrompus pas moins notoires que les trois indécents du défunt CPT. Car il n’y a pas que du beau monde dans les signataires de son pacte. On y compte des mercenaires de tous poils sans idéologie politique déclarée, sans la moindre chance d’être élus plantons ou portiers d’une quelconque administration. A moins que les électeurs aient la mémoire bien courte et soient atteints de débilité.
Il y a aujourd’hui dans ce pays une droite heureuse. Une extrême-droite heureuse. On assiste au retour de « mickistes » convaincus. Et on entend de plus en plus : nous allons faire des affaires. Ajoutons comme par le passé. C’est le passé qui a gagné.
On ne soulignera jamais assez la responsabilité des représentants des secteurs progressistes dans ce fiasco. Nous payons leur lâcheté, leurs compromissions avec la corruption, leurs petits jeux et magouilles qui ont conduit à l’échec du CPT. Ils auraient eu la population avec eux s’ils avaient fait autrement. Ils auraient pu faire autrement.
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Aujourd’hui se précipitent pour signer le pacte tel obsédé de la présidence se croyant prédestiné, tel technocrate de seconde, voire de troisième zone, quelques anciens élus lors d’élections truquées, une petite foule dont on peut vite analyser la vision de la société. Peut-être dans le lot, une figure progressiste, mais plus naïve que progressiste.
Si ce pacte doit mener à des élections, elles sont probablement déjà gagnées. Mais n’anticipons pas.
Restons dans ce douloureux présent. Avec des progressistes affaiblis, appelés à se renouveler. Des figures hier imposantes ont épuisé leur capital confiance. Comment rendre de nouveau audible que les malheurs d’Haïti sont d’abord l’odieuse perpétuation de structures et mécanismes d’exclusion, de domination et d’exploitation ? Comment dénoncer et s’opposer à cette réalité que voudront renforcer les actions et mesures d’un pouvoir qui ne pourra se maintenir que par les armes, la subordination de toutes les institutions intermédiaires et la corruption ? Concernant la corruption, le comique de la chose c’est qu’il peut dénoncer et même agir contre les corrompus – il en est – qui ne sont pas au pouvoir, mais l’arbitraire Fils-Aimé devra forcément – les conditions de son accession au pouvoir le lui imposent – avantager ses alliés et supports.
Le CPT, les partis qui ont trahi les idéaux qu’ils prétendaient défendre, on ne va pas les pleurer. L’obsession du pouvoir les a aveuglés. Ce qu’on doit maintenir en vie, c’est ce combat pour la transformation de la société vers moins d’exploitation, d’exclusion et de domination. Le nouveau devoir de veille va sans doute consister à s’opposer, par la prise parole, les actions collectives, les nouveaux rassemblements et regroupements, à tout ce qui va dans le sens du maintien de ces injustices.
On ne soulignera jamais assez la responsabilité des représentants des secteurs progressistes dans ce fiasco. Nous payons leur lâcheté, leurs compromissions avec la corruption, leurs petits jeux et magouilles qui ont conduit à l’échec du CPT. Ils auraient eu la population avec eux s’ils avaient fait autrement. Ils auraient pu faire autrement.
Troubler la fête de ceux qui célèbrent déjà le retour au passé, à la normalité de l’inégalité, en y mettant juste un semblant de vie institutionnelle. C’est contre cette normalité sociale à l’ancienne qu’on voudrait nous présenter comme une nouveauté qu’il faut résolument s’insurger.
Par : Lyonel Trouillot
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