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Lyonel Trouillot | Impasse, continuité ou sursaut

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Il était évident que le gouvernement d’Ariel Henry ne conduirait pas aux élections. Il était évident que le CPT ne conduirait pas aux élections. Ariel, c’était un coup de force fomenté par des ambassades. Le CPT, c’était une édulcoration par l’international de propositions haïtiennes, acceptée trop vite par les progressistes haïtiens

On s’en veut presque d’avoir eu raison très tôt en prédisant que les salauds ici ne sont pas suffisamment intelligents pour se faire honnêtes le temps d’une transition. 

Ils l’avaient montré que, même dans la défense de leurs propres intérêts à long terme, ils ne parvenaient pas à sortir du « tout tout de suite » qui guidait leurs actes.

La guerre Conille-CPT, qui a fait des victimes collatérales, en était une preuve. Le maintien dans ce CPT des trois « inculpés » ou « braqueurs » en était une autre. L’opacité dans la gestion des finances… 

On ne s’en veut pas d’avoir dénoncé très tôt le mépris total de l’international envers l’évolution d’un processus démocratique réel en Haïti. 

Il était évident que le gouvernement d’Ariel Henry ne conduirait pas aux élections. Il était évident que le CPT ne conduirait pas aux élections. Ariel, c’était un coup de force fomenté par des ambassades. Le CPT, c’était une édulcoration par l’international de propositions haïtiennes, acceptée trop vite par les progressistes haïtiens.

Aujourd’hui, des mercenaires tuent des membres de gangs mais aussi des civils habitant les zones contrôlées par les gangs. La communication reste opaque sur les opérations. Les organismes de défense des droits humains en parlent peu.

Aujourd’hui, le combat qui réunit et divise CPT et gouvernement, c’est de s’assurer de rester au pouvoir d’une manière ou d’une autre et de se protéger de l’avenir.

Aujourd’hui, telle ambassade s’active pour décider arbitrairement de qui doit diriger une transition qui n’aboutira pas à de véritables élections démocratiques. 

Il suffira d’un faux-semblant, si on y arrive.

Aujourd’hui, des mercenaires tuent des membres de gangs mais aussi des civils habitant les zones contrôlées par les gangs. La communication reste opaque sur les opérations. Les organismes de défense des droits humains en parlent peu.

Aujourd’hui, les formations politiques haïtiennes représentent peu. Qui représentent-elles ? Des groupes sociaux ? Des catégories sociales ? Quelles idéologies politiques définissent leurs lignes, leurs convictions, leurs stratégies ? On a vu un regroupement au départ prometteur se scinder, certaines formations politiques étant prêtes à tous les reniements pour avoir un part de pouvoir.

Aujourd’hui, la société haïtienne peut-elle fédérer un bloc, une ou des structures sur le mode ou le modèle « union patriotique » pour contraindre l’international et les politiques haïtiens à agir enfin dans les intérêts d’Haïti ? Et existe-t-il des voix fortes qui pourraient porter les exigences de ce bloc ?

Aujourd’hui, le combat qui réunit et divise CPT et gouvernement, c’est de s’assurer de rester au pouvoir d’une manière ou d’une autre et de se protéger de l’avenir.

On semble déjà parti pour des guerres de légitimité. Qui a le droit de parler au nom de qui ? Des guerres d’influence. Qui a le pouvoir d’imposer son point de vue et d’orienter les décisions ?

L’international et un certain nombre de formations politiques haïtiennes ont joué ici à la foire aux cancres en faisant semblant d’être dans un processus démocratique, alors que rien n’a été fait pour pouvoir s’engager véritablement dans un tel processus. Nous payons le prix de ce mensonge, qu’il soit bêtise ou méchanceté. Et les mêmes acteurs semblent vouloir tout faire pour que nous continuions de payer.

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Poète, romancier, critique littéraire et scénariste, Lyonel Trouillot a étudié le droit.

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