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Le soir où Adelina perdit sa virginité

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Adelina se demandait que faire de cette grosse bite, aussi effrayante qu’envahissante, obstruant son champ visuel. Elle semblait remplir toute la chambre de son ombre et s’approvisionner de l’oxygène environnant. Adelina avait bien conscience que les mouvements réguliers de sa poitrine, de haut en bas, ne trahissaient en rien sa libido. Au contraire, il s’agissait d’une respiration saccadée due à une peur bleue des événements qu’annonçait la première nuit de sa lune de miel.

Adelina avait grandi sous l’influence d’une famille catholique, dont le père tenait à ce que la tradition rigoureuse de la virginité avant le mariage soit respectée par ses sept filles. Tous les trois mois, la mère d’Adelina procédait à une inspection générale des sept hymens qui se soldait toujours par une satisfaction générale. On fêtait cela autour du repas dominical, après une prière de gratitude et de supplication pour continuer à combattre les forces de la tentation. Difficile donc d’imaginer une Adelina sur ses deux genoux dans des circonstances nettement différentes de celles de la prière du soir.

Adelina contemplait toujours le trophée de Carel, ami d’enfance qui quelques heures plus tôt lui avait passé la bague au doigt. Tétanisée par l’énormité de la chose, imaginant difficilement comment elle pourrait se frayer un passage dans ce qu’elle avait jalousement gardé pour le grand soir, Adelina ressentait à peine les picotements sur ses genoux soudés sur le sol glacial depuis bientôt une minute. Lorsqu’ils avaient pénétré dans l’intimité de leur chambre d’hôtel, Carel, dont le sous-vêtement risquait à tout moment de céder sous la pression de son hôte, lui avait ordonné de sucer sa queue. À sa grande surprise, elle avait ressenti quelque chose lui bruler les petites lèvres, une sensation bien familière lorsqu’elle se branlait inlassablement la nuit, à l’insu de sa sœur ainée endormie qui partageait son lit. Il fallait bien qu’elle trouve un moyen de se relâcher les nerfs sans éveiller les soupçons de ses géniteurs. Heureusement que son clitoris ne pouvait la dénoncer !

En quelques secondes, sa robe simple, sa culotte en soie bleue et son soutien-gorge en dentelle blanche n’étaient plus que de merveilleux souvenirs. Carel ne pouvait plus se contenir à la vue des seins généreux de sa femme. Sans plus attendre, là, près de la porte, il abreuva ses mamelons tout en frottant son sexe sur le pubis nu de celle qu’il s’apprêtait à faire sienne. Une douleur agréable tenait en otage ses testicules qui redoublèrent de volume et virèrent du jaune pâle au mauve prune. Les gémissements timides d’Adelina eurent raison de son pantalon et de son caleçon qui se trouvèrent à leur tour sur le plancher. Pressée d’exécuter l’ordre donné quelques secondes plus tôt, la jeune femme s’agenouilla, bouche entre-ouverte, prête pour la dégustation… Et c’est là qu’une sourde panique s’empara d’elle !

Il le brandissait contre ses lèvres comme un revolver menaçant. Elle fut incapable de bouger à la vue de cette circonférence interminable qui lui rappelait presque ce globe terrestre sur les étagères de la bibliothèque de son père. Un contour ponctuel, à la fière allure fut-elle forcée d’admettre. On aurait dit une créature à part entière puisqu’elle tapait de battements réguliers le visage de l’innocente. Elle ne vit pas venir le geste de Carel qui enfourcha de ses doigts fébriles sa longue chevelure qu’elle avait libérée pour la réception. Elle essaya de se libérer de son emprise pour ne pas s’asphyxier ; sans succès. L’effet de la suffocation lui valut quelques timides larmes s’échappant de ses yeux écarlates et un son étouffé en provenance de sa gorge obstruée.

Il fallut à Adelina quelques secondes pour se ressaisir. Elle avait déjà vu ces scènes dans les films érotiques de la collection de son grand frère ; il fallait qu’elle se montre à la hauteur et agisse pour une fois dans sa vie comme une adulte avisée. Elle leva alors les yeux vers Carel et dans un regard de complicité tacite, lui fit comprendre qu’elle lui laisserait mener la danse et qu’elle s’y abandonnerait en toute confiance.

Adelina se laissa entrainer dans ce petit jeu émoussant dont elle prit rapidement les rênes. Bientôt, elle put suivre ses propres notes, et Carel put s’abandonner à son rythme endiablé. Dans un dialogue enivrant, elle se mit à soupirer de plaisir. Un fourmillement incontrôlable prenait naissance entre ses cuisses, contournait son clitoris pour ensuite se perdre dans la profondeur de son intimité dont le jus s’égouttait déjà. Elle continua de le dévorer avec gourmandise, jusqu’à le propulser dans sa gorge, un peu comme si elle s’apprêtait à l’engloutir dans toute sa longueur.

Ce fut un vrai carnage… La salive dégoulinait de partout… Adelina était possédée par une fille de joie qui ne craignait plus de s’avilir, de se salir, de s’abêtir pour affranchir cette perverse trop longtemps réprimée. Elle lui murmurait qu’elle était son esclave sexuelle et qu’elle se plierait à ses quatre volontés. Elle continuait de s’atteler à la tâche avec application, engourdie malgré elle par un plaisir si intense qu’elle désirait que Carel soit capable de le multiplier en la pénétrant en ce moment même. Néanmoins, elle ne pouvait se résoudre à lâcher prise pour qu’il puisse enfin la chevaucher.

C’est alors qu’il plut sur ses lèvres, son cou et ses seins. Carel poussa un cri rauque, aussi libérateur que concluant. Ses jambes secouées de spasmes semblaient ne plus pouvoir le porter. Alors qu’il cherchait le lit du regard pour ne pas trébucher sous le poids de son orgasme, Adelina continuait de le lécher avec autant de ferveur. Il décoda dans son regard une soif jusque là jamais encore étanchée. Il sut à ce moment que la nuit était jeune.

Farinja Bazin Belance

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