SOCIÉTÉ

« L’art sauve Haïti au quotidien », dit  Steven Baboun « En conversation »  avec Carla Beauvais

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 IMPUISSANCE

Il y a de ces esprits que l’on rencontre et qui nous marquent. C’est le cas de Steven Baboun que beaucoup connaissent grâce au personnage loufoque de Marie-Claude sur les réseaux sociaux. Mais derrière ces railleries se cache un jeune homme passionné et amoureux de son pays. Un artiste militant qui n’hésite pas à utiliser ses plateformes et son art pour dénoncer les travers de nos sociétés. 

Carla Beauvais

Hello Steven, tu te rappelles la première fois qu’on s’est parlé ? Moi, je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était dans le cadre d’une entrevue que je réalisais pour Challenge Magazine et qui portait sur ton premier film d’art : The Moving Portraits. Tu n’avais que vingt ans et pourtant ta passion pour Haïti était déjà bien enracinée. Je me remémore cette phrase que tu m’avais dite : «Ayiti se san mwen, se konfò mwen, se sous kreyasyon mwen». Je suis persuadée que tu ressens encore cette connexion avec Haïti et que malgré le tumulte incessant, tu gardes espoir de jours meilleurs. Une chose m’avait marquée dans tes photos à l’époque, c’était ta capacité à raconter l’autre sans jamais le déshumaniser, avec respect et candeur. Lorsque je suis confrontée à la violence inouïe des images de nos compatriotes à la frontière du Texas, je ne peux concevoir qu’on puisse être exposé à tant de souffrances humaines sans en payer un prix psychologique.

Je reviens tout juste d’Haïti et mes idées se bousculent. Je ne sais plus quoi penser, quoi dire, quoi faire. Le pays est meurtri de toutes parts. J’écris pour me déculpabiliser, c’est peut-être tout ce qu’il me reste… J’ai l’impression qu’on nous a zombifiés et que devant tant de secousses terrestres et psychologiques, on a en quelque sorte accepté notre sort. Celui de vivre de manière constante dans la peur, dans la désolation… Celui de vivre envers et contre tout, peu importe le prix moral à payer. La vie suit son cours et d’un évènement traumatisant à un autre, les trajectoires de vie se dessinent invariablement. Il y a ceux qui partent et ceux qui restent. Il y a ceux qui vivent et ceux qui meurent. Il y a ceux qui espèrent et ceux qui abandonnent. Il y a ceux qui luttent et ceux qui abdiquent. Il y a ceux qui rêvent et ceux qui ne dorment plus…

De toutes les crises qu’Haïti a traversées, je me demande si ce n’est pas la pire. Avons-nous déjà été aussi bas ? Qu’est-ce qu’on peut faire ? Ce sentiment d’impuissance le ressens-tu aussi ? Nous ne sommes pas de la même génération, je suis peut-être usée et fatiguée, mais toi comment vois-tu l’avenir ? On dit que quand rien ne va plus, ça peut-être le commencement d’un nouveau chapitre ! J’ai peine à y croire ! Toi, y crois-tu ?

Steven Baboun

Bonjour Carla ! Comment puis-je oublier cette première fois où nous avons parlé ! Vous avez été la première personne à écrire un article sur mon travail dans un magazine imprimé — Défi Magazine. J’étais jeune à l’époque et sans doute, je ne comprenais pas encore le poids ou la valeur de mon travail. Je ne pouvais pas croire que quelqu’un ait même été intéressé à écrire sur moi. En regardant en arrière maintenant, vous avez changé ma façon de voir mon travail. Après l’article, je me suis dit : « Je devrais peut-être continuer à faire de l’art ! » J’étais si fier et honoré que vous me donniez une voix. Ma mère ne pouvait pas arrêter de s’en vanter ! Alors, je vous remercie du fond de mon cœur d’avoir cru en un petit garçon d’Haïti.

Une chose que je me souviens de notre échange est notre amour ardent et sans réserve pour Haïti. Ce pays est plus que chez moi, il est ma raison de survivre, de créer, de crier, de rire, de penser. À 25 ans, quand je regarde ma carrière comme artiste haïtien, je peux dire avec confiance que Haïti a changé ma vie. J’étudie ma petite île à travers l’art depuis mes 17 ans. Au fil des ans, je me suis transformé inévitablement. Haïti m’a transformé et il continuera de le faire jusqu’à mon dernier souffle. Rien dans le monde n’a vraiment eu cet effet sur moi. Je dois ma vie à ma terre.

Carla, comme vous, quand j’ai vu ces images de nos frères et sœurs haïtiens étant inhumainement traités par la US Border Patrol, j’ai été sidéré. Je sentais une paralysie dans tout mon corps. Nous venons juste d’être frappés par un tremblement de terre, nous venons d’avoir un assassinat présidentiel historique, nous faisions le deuil de nos proches emportés par la violence des gangs. Ce n’est pas une chose facile pour le corps et pour l’esprit. À ce jour, mon corps est en train de traiter notre traumatisme collectif et je pense qu’il continuera à le traiter pour toujours. Ça fait mal, beaucoup. Et vous le savez, la société vous dit « continuez ! C’est la vie. C’est la façon dont le monde est. » Je réfute cela. Ceci n’est pas la vie et ce n’est pas ainsi que le monde est – ou du moins devrait être. Nous sommes punis pour vouloir vivre ! Pour nous être libérés de la méchanceté de nos colonisateurs ! Pourquoi devrions-nous être punis de vouloir vivre comme le reste du monde ? Ce n’est pas juste.

Je ne pense pas que je peux penser logiquement dans cette situation. Je suis un être très émotif. Je comprends la vie à travers les émotions. Je gère les traumas avec mes émotions. Quand je suis en colère, je crie. Quand je suis heureux, je souris. Mes émotions sont ma première réponse à quoi que ce soit. Donc, je présente mes excuses si mes réponses sont plus d’instinct qu’un flux structuré de pensées. Je ne peux que sentir. Je souhaite parfois que cela ne soit pas le cas.

Ce qui se passe dans notre pays n’est pas normal. J’ai grandi dans une société traumatisante sur le plan politique et social. J’ai grandi en pensant : « C’est ainsi que va le monde. » Ce ne fut que je suis parti d’Haïti que j’ai réalisé : « Non ! Mon pays n’est pas correct. Il n’est pas sûr. Il viole les droits de l’homme. Il n’est pas une société équitable. Il lui manque tant de choses. » Il était difficile de se réconcilier avec cela parce que Haïti est mon refuge. Pour moi, il est parfait. Mais au fil des ans, je devais désapprendre et rejeter les systèmes toxiques et les mentalités de mon enfance. Je devais crier de douleur et de colère que les systèmes d’Haïti ne sont pas justes. Je devais crier tous nos problèmes. Est-ce logique Carla ? Vous sentez-vous la même chose que moi à cet égard ?

Je ne sais pas si vous avez jamais entendu des adultes dire dans votre cercle : « Timoun ou ye de Timoun, pa rantre nan Bagay Granmoun ! » ou « Pa foure dan w nan politik! » Eh bien, je suis fatigué ! Ceci est mon pays, ce sont mes problèmes, c’est mon peuple. Plus que jamais, je suis […] engagé politiquement et socialement. Je suis fatigué d’attendre des jours meilleurs. Attendre pour quoi ? Attendre qui ?

Même en étant épuisé et blessé, j’ai plus d’espoir que jamais. Je regarde mes pairs, mes amis, ma famille, la jeune génération… Nous abordons enfin les problèmes décrétés tabous. Nous sommes de la communauté LGBT+, nous sommes musulmans, nous sommes chrétiens, nous sommes Vodou, nous sommes multiculturels ! Enfin, je vois ma communauté embrasser notre diversité, parler de nos problèmes, et se battre ensemble. Cela me rend si heureux et si motivé. Alors oui, cela est un nouveau chapitre ! Eh oui, nous l’écrivons avec amour, justice, égalité et vérité.

Mais je me demande, quand aurons-nous un leadership adapté et empathique ? Quand serons-nous libérés des interventions internationales ? Quand verrons-nous un peu de lumière, un peu d’espoir ? Je me pose ces questions tout le temps. Je sens que je peux faire plus. Parfois, je sens que je ne fais pas assez. Je me demande toujours : « Que puis-je faire ? » La situation est si écrasante, parfois je ne sais pas par où commencer ou finir. Mais une chose reste certaine : je me réveille tous les jours comme un guerrier déterminé pour mon pays.

Carla Beauvais

Steven, quand je t’ai demandé d’effectuer cet exercice avec moi, je n’avais aucune idée des sentiments qui pouvaient t’habiter. J’avais simplement l’intime conviction que les blessures intérieures infligées par le contexte actuel ne pouvaient être couvertes que par la force de ton amour pour Haïti. J’étais convaincue que tu en avais beaucoup sur le cœur. Alors, ne t’excuse pas de laisser tes émotions prendre le dessus, au contraire, c’est ce qu’il faut. Il ne faut plus craindre de dire ce qui nous blesse, ce qui nous fait mal. À force de l’exprimer haut et fort, peut-être que ceux qui prennent en otage le pays prendront conscience un jour du mal qu’ils font. Parce qu’effectivement, rien de tout ce qui se passe en ce moment n’est normal.

Je savais que tu étais affecté (qui ne l’est pas en ce moment), mais en te lisant, j’ai compris que tout passe avec le temps, mais pas les sentiments. Quand tu dis : « Haïti m’a transformé et il continuera de le faire jusqu’à mon dernier souffle. Rien au monde n’a vraiment eu cet effet sur moi. Je dois ma vie à ma terre », j’ai l’impression de m’entendre parler. Malgré le fait que je ne sois pas née en Haïti et que j’y ai mis les pieds seulement à 33 ans, je comprends ce sentiment et je le ressens de manière abyssale. Haïti est magnifique et a tellement à offrir. De voir notre peuple/pays captif de la sorte est révoltant. Qu’on soit natif natal ou de la diaspora, devant le triste théâtre qui défile sous nos yeux, on verse tous les mêmes larmes.

Tu soulèves tellement de questionnements et je m’excuse de ne pas avoir de réponses pour la plupart. Tout est tellement flou en ce moment. Plus rien n’a de logique. Plus rien ne fait sens. J’envie ta capacité à dire tout ce que tu ressens, car moi, je souffre du syndrome de l’imposteur et parfois ça m’empêche de parler ouvertement de la situation du pays. Je ne vis pas en Haïti 24/7, je n’ai donc pas à subir l’affreux perpétuel. Je suis privilégiée à bien des égards. Je ressens la souffrance par procuration, et j’en suis pleinement consciente. Je vis dans une société qui garantit les besoins humains fondamentaux alors qu’en Haïti, c’est l’abandon total de l’État. Comment pourrais-je me prononcer sur l’avenir du pays ou sur le type de gouvernance qu’il nous faut ? Comment pourrais-je trouver des solutions à l’impasse actuelle alors que ma vision est obscurcie par mes propres privilèges ? Est-ce que mes perspectives apporteraient un éclairage valable ? J’en doute sincèrement. Sur ces questions, je favorise l’écoute. Je préfère apprendre de ceux et celles qui sont au front et qui paient le lourd tribut au quotidien.

C’est vrai que nous sommes épuisés et à bout de souffle… Que nous sommes blessés ! J’ai donc été surprise de lire que malgré tout, plus que jamais, tu as espoir et tu crois en ce nouveau chapitre qu’on tente d’écrire collectivement. Comme on dit, même sans espoir, la lutte est un espoir.

Tout comme toi, j’ai souvent l’impression de ne pas en faire assez… que je pourrais en faire tellement plus. Mais faire quoi ? C’est souvent la question que je me pose, sans vraiment trouver réponse. Alors j’écris…

Et c’est là que j’ai réalisé qu’écrire est une forme d’art. Que l’art peut être un moyen de faire avancer des enjeux et des intérêts politiques à plusieurs niveaux. Que l’art est un miroir de la société et un puissant contre-pouvoir. Il donne la possibilité de réfléchir sur de multiples questions sociales. L’histoire est parsemée d’exemples d’artistes qui ont choisi de bousculer les codes et d’utiliser leur art pour chambouler les mœurs, les lois, les mentalités. Pour donner une voix à ceux qui n’en ont pas. Il suffit de remonter la ligne du temps pour constater à quel point l’art a permis de transformer et de changer des régimes sociétaux partout sur le globe.

Malheureusement, je n’ai pas de réponse pour la majorité de tes questions, mais j’en ai une pour celle-là « Que puis-je faire de plus ? ». Steven, l’art et la culture haïtienne sont les piliers de notre identité. Alors, continue à produire. Continue à dénoncer et à déconstruire cette réalité dystopique à travers tes œuvres. Continue à interroger et refuser l’inacceptable. En tant qu’artiste Steven tu exerces une grande influence, ne l’oublie pas. Tes œuvres peuvent aller au-delà du divertissement et être porteuses d’enjeux politiques. Non pas comme outil de propagande, mais comme véhicules pour le bien commun et une prise de conscience collective.

L’art a le pouvoir de toucher. L’art a le pouvoir de révolutionner. Après l’éducation, l’art est peut-être l’arme la plus puissante pour changer le monde… pour sauver Haïti.

Steven Baboun

Carla, merci pour votre réponse puissante et perspicace. J’ai l’impression que mon stress est dû à un régime de travail soutenu pour m’assurer de pouvoir payer mon loyer et de la réalité d’Haïti. C’est fou que chaque jour je me réveille avec anxiété, en espérant que le prochain message WhatsApp ne parle pas de mort, d’enlèvement ou de souffrance. Chaque jour qui passe où ma famille et mes amis sont en sécurité, je remercie Dieu. Mais je pleure pour d’autres que je ne connais pas et qui souffrent. Je ne peux pas imaginer l’anxiété que vivent quotidiennement les habitants de l’île. Je me demande souvent s’ils ont le temps et l’énergie pour être anxieux. Je n’ai pas vécu en Haïti depuis près de huit ans maintenant. Vous avez parlé du syndrome de l’imposteur… Bien que je sois très connecté à mon pays et que je rentre chez moi chaque fois que j’en ai l’occasion, je suis déconnecté et à l’abri de la dévastation qui se produit. Quand je vivais en Haïti, j’avais presque l’impression que la peur ou l’alerte faisait partie de nous, de notre culture, de notre réalité. Mais être expulsé de mon pays m’a permis de me confronter aux injustices et de réfuter l’idée que la réalité de mon pays est « normale ».

Sais-tu ce qui m’a frappé l’autre jour, Carla ? Pour la première fois de ma vie, j’ai entendu mes parents dire : « Tu devrais peut-être rester à New York et ne pas rentrer à la maison cette fois-ci.» Cela m’a frappé comme une tonne de briques parce que mes parents ont un amour extraordinaire pour Haïti. Mon père n’aime même pas voyager. Il adore son pays. Donc, j’ai été choqué d’entendre cela de leur part. Choqué et blessé.

Quand vous avez dit : « Est-ce que mes perspectives apporteraient un éclairage valable ? » Cela m’a rappelé une conversation que j’ai eue avec une amie. Elle est une Haïtiano-américaine de première génération et n’est jamais allée en Haïti. Mais elle étouffe et s’épuise autant que quelqu’un qui a vécu en Haïti. Elle est empathique, très empathique, alors elle ressent de la douleur face à la réalité actuelle d’Haïti. Tout cela pour dire que tous nos points de vue sont importants. Nous sommes tous liés à Haïti par notre amour pour la musique, la nourriture, la culture. Mais nous sommes aussi liés par nos larmes et notre douleur. Nous sommes liés par la colère collective que nous ressentons tous face à la façon dont ils traitent Haïti. Bien que j’élève et valorise les perspectives des militants, médecins, travailleurs sociaux, etc. qui vivent actuellement en Haïti, en tant qu’Haïtiens, nous sommes autorisés à discuter de notre pays et à nous éduquer. Il s’agit d’un combat collectif et non isolé.

Vous l’avez parfaitement dit, l’art est le miroir de la société. Cela nous permet de penser les problèmes d’une autre manière. Les artistes et l’art sont importants parce qu’ils offrent une manière alternative de résoudre des problèmes, d’imaginer, de construire. Je dis toujours que si les artistes dirigeaient Haïti, nous serions libres, nous vivrions une belle vie, une vie juste pour tous. Les artistes se sentent. Ils comprennent. Ils peuvent visualiser et vocaliser la douleur, la joie, le rire, l’amour. Les gens écoutent nos artistes et musiciens haïtiens plus que nos politiciens corrompus. La communauté artistique en Haïti accepte et aime. Ils sont la voix la plus puissante voix et ils plaident pour une Haïti remplie d’harmonie, d’unité et d’amour.

Merci Carla pour vos gentils mots sur mon travail. Je dis toujours que mon art est communautaire. Une fois qu’il est sorti, il doit servir ma communauté et non moi-même. Mon art doit avoir du poids et de la substance. Je ne veux pas perdre ma vie à créer de l’art qui n’a pas d’héritage ou ne crée pas de controverse ou ne communique aucun message d’espoir ou critique sur notre société. Je me laisserais tomber ainsi que mon pays. Tes mots me donnent de la force. Et je suis fier de tout ce que vous faites de votre côté. N’oubliez jamais votre pouvoir.

L’art sauve Haïti au quotidien, même si nous ne le voyons pas ou ne le ressentons pas ; même si les progrès sont lents. L’impact de l’art fait évoluer notre culture dans la bonne direction et je suis reconnaissant de faire partie d’une communauté merveilleuse et forte qu’est la communauté artistique haïtienne.

Je ne sais pas comment mettre fin à cela. J’ai tellement de choses à dire et je sais que vous aussi. Mais ce que je peux encourager quiconque lit ceci à faire est le suivant : dénoncez les méfaits, critiquez votre société et votre communauté, vérifiez et reconnaissez vos privilèges, luttez avec et pour le pays, utilisez vos talents pour le bien. S’il vous plaît, s’il vous plaît, ouvrons nos yeux et réalisons que nous sommes les seuls qui peuvent aider Haïti. Nous les Haïtiens. C’est notre responsabilité. C’est une lourde responsabilité, mais nous devons être responsables du bien-être d’Haïti.

Enfin, lanmou. Aimez Haïti même en période de chaos. Aimez Haïti dans les moments difficiles. Aimez votre compatriote haïtien, peu importe notre chemin et nos antécédents. Soyez un frère et une sœur pour Haïti.

Je peux sembler romantique, cliché ou poétique, mais je maintiens ces mots. Parce que l’amour guérit. L’amour fonctionne.

Merci Carla de m’avoir invité à faire cet exercice avec toi. J’en suis reconnaissant. Anpil lanmou.

A propos de Steven Baboun

Steven Baboun est un artiste de Port-au-Prince, basé à New York. Il a obtenu un baccalauréat en cinéma et arts ainsi qu’une mineure en études pédagogiques de l’American University et est diplômé de la Parsons School of Design avec une maîtrise en beaux-arts et photographie. Baboun crée à travers la photographie, la vidéo, la performance et l’installation. Son travail a voyagé à Los Angeles, en Haïti, à Miami, en Corée du Sud, en Chine, aux Pays-Bas, au Mexique, aux îles Canaries et à New York. Baboun est aussi le créateur du personnage comique haïtien, Marie-Claude pendant le pic de la pandémie de coronavirus.

A propos de En conversation

En septembre dernier, alors que tout le monde lui disait de ne pas mettre les pieds en Haïti en raison de l’insécurité, Carla Beauvais a écouté son cœur et a décidé d’y aller malgré tout. Ce voyage l’a marquée d’une manière toute particulière et éveillé des questionnements profonds. De retour à Montréal, face à son impuissance, elle décide de coucher sur papier son ressenti face à la situation du pays. Elle fera une simple publication Instagram, qui par les réactions, lui confirme à nouveau le pouvoir catalyseur des mots.

Inspirée par l’ouvrage Les racistes n’ont jamais vu la mer de Rodney Saint-Eloi et Yara El-Ghadban, elle propose à AyiboPost une série de conversations exclusives et intimes qui amènent un éclairage sur différentes perspectives haïtiennes. Via En conversation, Carla Beauvais invite des amoureux d’Haïti à échanger avec elle, à réfléchir de manière commune et à s’ouvrir sans limites. Chaque dialogue puise sa source dans un sentiment universel. La conversation débute par un texte de Carla et de là, la conversation défile sans restrictions, sans cadres, sans règles. Des échanges lucides et sincères pour panser les plaies invisibles du chaos qui nous habite.

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Carla Beauvais
Carla Beauvais a fait de la diversité et de l’inclusion son cheval de bataille. Chroniqueuse et entrepreneuse sociale, elle milite depuis plus de 20 ans pour une meilleure représentation et émancipation des communautés noires et marginalisées. Afin de mieux outiller ses clients et leur permettre de déployer de meilleures pratiques inclusives, elle a complété avec mérite un certificat "Diversity & Inclusion" de la prestigieuse Université Cornell de New York. Elle est animée par le désir de créer des milieux plus inclusifs pour l’émancipation des personnes en position minoritaire. Nommée parmi les 100 personnalités de l'année par le Journal The Gazette en 2015 pour son implication au sein du Mois de l’histoire des Noirs, ses points de vue et ses articles ont été cités ou publiés dans plusieurs publications dont La Presse, le Journal Metro, Le Devoir, The Gazette, The Huffington Post, Challenges Magazine... Elle a été interviewée par des médias tels que Tout le monde en parle, Radio-Canada - CBC, RDI, TVA et bien d'autres.

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