EN UNESOCIÉTÉ

Je deviens croyant chaque soir…

0

Depuis un certain temps, une situation pour le moins écœurante se développe en plaine. Des malfrats s’introduiraient chez les gens pour les forcer à des pratiques incestueuses sous peine de les tuer. Lorsque j’étais en 9e chez les frères, je me familiarisais avec ce fameux slogan : « Chichi ou la mort ! » et j’en riais !

Hum mm… mais maintenant, ce qui me faisait rire, il y a de cela dix ans, m’empêche de dormir ! Dans les quartiers, les gens se dressent en brigade, priant, veillant, mais surtout tremblant. Des tirs pour dissuader, des pneus enflammés pour éclairer, les gens s’organisent… Néanmoins, les prédateurs semblent continuer leur quête unissant frère et sœur, mère et fils, père et fille !

Ces matadors suprêmes, comme dans cette fameuse blague, leur imposent sûrement un ultimatum, un choix : sombrer ou vivre ! Sauf que ces derniers n’ont pas de mots ; même lorsque vous auriez choisi de mourir, ils vous répondront : » Chichi d’abord ! »

Il serait plus simple de sombrer, car rien ne vaut la vie. C’est ce qu’on dit en tout cas ! Un père qui couche sa fille contre son gré meurt même en respirant ! Une mère, obligée de supporter les coups de reins de son fils impuissant, ne vit que pour maudire sa vie et le Bon Dieu !

Alors, chaque soir, je deviens croyant, car il n’y rien à faire ! Les dieux de la nuit passent les brigades, continuent leur quête ! Et les gens de Delmas, de Pétion-Ville et du Centre — ville peuvent encore dormir, car, pour l’instant, il n’y a que la Plaine à être concernée ! Je me disais aussi que c’était uniquement à Santo ou Croix-des-Bouquets jusqu’à ce que j’entende qu’ils ont aussi frappé à Gérald Bataille ! Ils sont donc plus près que jamais…

Alors chaque soir… je prie ! Je deviens croyant, car il n’y a rien à faire… à part croire, en bon haïtien délaissé par ses dirigeants, en un miracle !

Commentaires

Notre nouveau voisin, un petit chef insolent

Previous article

Ma mère me manque

Next article