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Au tribunal de l’histoire il faut défendre l’Empereur Dessalines

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Avec ton sens de la stratégie militaire et ton leadership naturel, tu as fondé une nation, tu as fondé un Etat. Pas n’importe lequel, la Première République Noire de l’histoire du monde. Tu as conduit la première révolte d’esclave noire ayant abouti de toute l’histoire de l’humanité. Au Panthéon de la gloire, tu as ta place monsieur l’Empereur.

Tu n’étais pas intellectuel dans la forme, mais tu étais savamment épris des idées de liberté, d’égalité et de justice sociale chère à la Révolution Française de 1789. Tu as été un panafricain avant la lettre, la porte de ta maison libre était grande ouverte et accueillante pour les noirs du monde entier.

Certaines de tes décisions ont fait jaser et continuent encore de faire polémique comme le massacre des Français, que certains ont  qualifié de raciste et barbare. Aujourd’hui, an 210ème de ton départ,  je tiens à répondre en ton Nom.

Raciste, tu ne l’as pas été. Cette décision radicale  n’avait rien de raciste. Tu as anéanti la présence intolérable des Français que tu jugeais  esclavagistes donc dangereux pour la survie d’Haïti, mais  tu as accordé des terres aux Polonais qui avaient choisi le côté de la liberté. Les Français étaient-ils plus Blancs que ces légionnaires Polonais ? La réponse est sans aucun doute négative ! Donc en toute logique, tu vins à bout d’un groupe qui représentait, et je dis bien à tort ou à raison, une menace fatale à l’indépendance d’Haïti. C’était donc une décision politique et non raciste.

Doué d’un sixième sens que seuls les grands hommes ont en commun, tu étais en avance sur ton temps en voulant construire une société plus juste et plus égalitaire.

A tes Généraux qui te pressaient de légaliser leurs titres de propriété, tu as tenu tête et sarcastiquement tu leur as demandé : « Que resterait-il pour les noirs dont les pères sont en Afrique? ». La réforme agraire visant à donner des terres à tout un chacun était pour toi une nécessité sine qua non. Cette approche t’a sans doute couté la vie. Mais pour toi ce n’était pas grave,  car ta vie tu en avais déjà fait don depuis longtemps à ta patrie et à ton peuple.

Ce qui devait se produire  advint donc un 17 octobre. Cette date funeste n’était rien comparée à l’assassinat moral et politique qui s’en est suivi. Oui pendant près d’un siècle, tu avais été ce fondateur d’un grand Etat dont le nom n’était pas autorisé à être prononcé. Ta signature avait été bannie. Tes enfants n’avaient pas le droit d’apprendre tes faits d’armes. Mais dommage pour ces révisionnistes, ils n’ont pas compris l’essentiel: Un symbole ne meurt jamais!

Cher Empereur, tu vivras aussi longtemps que vit ce pays, tu vivras aussi longtemps que cette nation dont tu es le Père-Fondateur perdure. Au Panthéon de la Gloire, lorsque la vérité aura son audience, tu t’assiéras aux cotés de BRUTUS le romain, aux côtés d’Hampden l’anglais, aux côtés de Georges Washington l’américain  et aux côtés du Spartacus noir, le génie, Toussaint Louverture.

Fernando Estime

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