AYIBOFANMLE SUJET DU MOIS

À la recherche du trésor perdu…

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Seul dans cette vallée inconnue, je marchais. Je ne savais pas où j’allais, mais j’avançais. Je n’avais pas une idée précise de ce que je cherchais, et je ne savais pas pourquoi je ressentais constamment ce vide indescriptible au-dedans de moi. Alors je me mis en quête de la pièce manquante de mon puzzle. J’étais décidé à ne pas perdre mon temps à forcer des pièces incompatibles à s’imbriquer l’une dans l’autre. De toute façon, cela ne m’apporterait que de la douleur. À un détour inattendu, mon vœu fut exaucé. Néanmoins avant ma trouvaille extraordinaire, en cours de route, j’ai fait quelques autres rencontres intéressantes.

En tout premier lieu, je fus intriguée lorsque je croisai une femme vêtue d’un manteau noir et sur le visage de laquelle se lisait la désolation. Je m’arrêtai à sa hauteur et l’interrogeai:

  • «Pourquoi es-tu si triste ? 

Elle me répondit:

  • «Toute ma vie, je n’ai fait que me détruire. J’ai tant cherché ce Trésor que tout le monde semble avoir trouvé! Ce Trésor que l’on nomme “Amour”, tu le connais ? »
  • «Non», répondis-je.
  • «J’ai fini par croire que tout cela n’était qu’un grand mensonge et que ce Trésor n’a jamais réellement existé. Toute ma vie, j’ai donné mon cœur à des individus qui n’ont fait que le meurtrir et le manipuler. Je suis si idiote d’avoir fait cela!»

Je contemplai avec étonnement cette étrangère qui semblait si perdue et je lui proposai de continuer la route avec moi.

  • «Comment t’appelles-tu ? », lui demandai-je.
  • «Insécurité», murmura-t-elle.

Nous discutâmes longtemps et elle m’expliqua qu’elle n’arrivait à donner un sens à sa vie que lorsque quelqu’un d’autre tombait amoureux d’elle. Je la trouvais bien étrange! Je ne comprenais pas son désir si grand de trouver ce “Trésor” chez les autres au point qu’elle se fasse autant de mal.

Sur notre chemin, nous fîmes connaissance avec un individu bizarre. Il portait un masque pour que personne ne voie ses yeux.

  • «Pourquoi portes-tu ce masque?» lui demandai-je.
  • «Moi? Un masque? Je ne porte pas de masque».

Intriguées, nous lui proposâmes de poursuivre sa route avec nous. Nous cheminâmes ensemble et il raconta tant de choses! Il disait à Insécurité que ce “Trésor” n’existait pas et que la vie n’était faite que de simples moments de plaisir. Il clamait que jamais il ne tomberait amoureux, que l’Amour c’était un concept dérisoire réservé aux faibles.

Ce personnage bavardait beaucoup, mais nous n’arrivions jamais à deviner ce qui se cachait derrière le masque. Il était donc difficile pour moi de construire une vraie relation avec lui.

  • «Quel est ton prénom?», m’enquerrai-je.
  • «Orgueil Endurci et Blessé », marmonna-t-il.

Insécurité et Orgueil étaient si différents l’un de l’autre! Je prêtais attention à chacune de leurs paroles. Insécurité avait une attitude qui faisait pitié. Ses arguments n’étaient fondés sur aucune base solide, mais elle s’acharnait à se présenter comme celle qui ne trouverait jamais le Trésor. Orgueil lui, était impénétrable. Il était si renfermé que toutes nos tentatives pour le déchiffrer furent vaines. Au milieu des débats incessants d’Insécurité et d’Orgueil, nous tombâmes sur un autre passant. Il trainait derrière lui plusieurs sacs.

  • «Pourquoi es-tu aussi chargé? Tu as besoin d’aide?» lui proposerai-je.
  • «Ha! Dans ces sacs, il y a des cœurs».
  • «Des cœurs? Comment ça?» nous renchérîmes.
  • «Eh bien, je trouve souvent des personnes qui sont prêtes à me donner leur cœur. C’est vrai que je n’en ai jamais vraiment besoin, mais, je préfère accepter et passer le temps, vous saisissez? »
  • «Non! Je ne comprends pas », s’indigna Insécurité. «C’est à cause des gens comme vous qu’il y a tant de peine dans le monde!»

Et elle fondit en larmes.

Je ne cernais aucun de ces individus qui faisaient route avec moi. Mais ils éveillaient tous ma curiosité. Tous, avec leurs arguments vides de sens étaient persuadés d’en savoir plus sur ce Trésor que les autres.

  • «Il parait que tu as amassé plusieurs de ces trésors», lançai-je au collectionneur de cœurs en jetant un coup d’œil à ses sacs qui en débordaient.
  • «Moi? Non… Je contemple souvent ces cœurs, me demandant pourquoi je n’y trouve aucun bonheur réel. Plusieurs pensent que je devrais être heureux avec tout ça, mais entre nous, je suis très malheureux».
  • «Comment te nommes-tu?», poursuivis-je.
  • «Indécision Égoïste», répliqua-t-il.

Je l’invitai à se joindre à nous et repris la route avec mes nouveaux compagnons, toujours incapable de mettre un nom sur ce que je cherchais et désirais.

Nous approchâmes un autre homme. Il clopinait et derrière lui il laissait une trace de sang. Dans sa main droite, il tenait un couteau. Il se lamentait et essayait tant bien que mal d’avancer malgré sa douleur évidente. Mes compagnons et moi accourûmes vers lui et lui demandâmes ce qui lui était arrivé.

«Le quotidien » nous répondit-il. «Je me fais saigner chaque fois que quelqu’un ne veut pas de moi. Pourtant je croyais qu’elle m’aimait, vous savez? Je la surveillais jour et nuit. Près de sa porte, je l’observais sans cesse. J’avais des photos d’elle sur mes murs. Elle qui se promenait, qui chantait, qui se déshabillait… Quand elle l’a appris, elle a été furieuse et elle a appelé les flics. J’étais tellement déçu! Je croyais que nous aurions eu des enfants, elle et moi »

  • «Comment t’appelles-tu?», lui demandai-je.
  • «Amour psychopathe».

Il continua aussi le chemin avec nous. Mes compagnons de route se disputaient à longueur de journée, prétendant connaître le Trésor mieux que les autres. Moi, je ne m’exprimais pas trop et j’évitais de me prononcer sur le sujet pour ne pas enflammer les discussions. D’ailleurs, j’avais la migraine à force de les écouter.

Nous marchâmes encore deux ans. Nos pas se faisaient de plus en plus lourds et notre cadence ralentissait. Nous étions tous fatigués de ne rien trouver. La route est longue lorsqu’on ne sait pas où l’on va. Nuit et jour, j’espérais découvrir ce qui comblerait mon vide. Mais un jour, alors que j’avais arrêté de marcher et de chercher, je rencontrai une âme qui, comme moi, ne savait pas ce qu’elle cherchait. Elle n’était pas tout habillée de noir, ne portait pas de masque, n’était pas blessée, ne tenait pas de couteau comme mes amis, mais elle engendrait en moi un sentiment de paix. Lorsque nous lui offrîmes de se joindre à nous, elle déclina gentiment préférant rester seule.

J’étais fasciné par cette âme qui n’avait pas cette envie maladive de trouver ce Trésor. Je l’encourageai donc à faire la route avec nous. Devant mon insistance, elle accepta de faire un bout du chemin avec nous. Cette âme et moi aimions tellement converser que les disputes incessantes des autres devinrent rapidement un murmure éloigné.

Nous avancions côte à côte sans vraiment remarquer que nous avions cessé de rechercher la pièce manquante du puzzle. Je réalisai alors que j’avais trouvé le «Trésor» que mes compagnons avaient passé tant de temps à chercher. Mais au-delà de ce que je ressentais pour cette âme, j’avais compris que j’avais aussi trouvé le Trésor chez ces individus bizarres qui m’avaient accompagné. Ces individus qui m’avaient tant agacé avec leurs questions. Je n’avais jamais vécu l’amour auparavant, mais pour une raison ou une autre, je savais au fond de moi que lorsque ce moment viendrait, c’était exactement comme ça qu’il se manifesterait.

Pourquoi donc mes amis ne pouvaient expérimenter ce que moi j’avais découvert ? Cependant si j’ai compris une chose pendant mon parcours, c’est que l’amour ne blesse pas, ne ment pas, n’est pas égoïste, n’est pas en proie à l’inquiétude folle; donne plus qu’il ne reçoit et avant tout est patient. Alors je conseillai à mes amis de se concentrer sur l’amour qu’ils avaient l’un pour l’autre en leur expliquant qu’à la longue, ils finiraient par s’aimer eux-mêmes.

Orgueil laissa enfin tomber son masque et nous purent enfin voir ses yeux. Pour la première fois depuis que nous l’avions rencontré, nous le vîmes sourire. Insécurité se débarrassa de son manteau noir et nous fûmes tous surpris des belles couleurs qui se cachaient sous cette gangue obscure. Indécision s’absenta un moment pour se départir des sacs de cœurs dont il n’avait plus vraiment besoin. Il me confia que s’aimer lui-même lui avait aussi appris à respecter les sentiments d’autrui. Il comptait donc remettre tous les cœurs qu’il avait égoïstement gardés. Psychopathe s’inscrivit dans un centre spécialisé afin de bénéficier d’une aide adéquate. Nous fûmes tous enchantés de constater ses progrès et croyez-moi mes amis, lui aussi trouva l’amour.

Au cours de mon périple, grâce à mes diverses rencontres, j’ai appris que l’amour, le véritable amour se construit lorsqu’on apprend à aimer ceux qui ne savent où chercher. Peut-être, seulement peut-être réaliseront-ils qu’ils souhaitaient combler leur vide de la mauvaise manière

 

Commentaires

Ann-Sophie Ovile
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