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Que sait-on de la Force de Répression des Gangs ?

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Cette nouvelle force intervient alors que la précédente Mission multinationale d’appui à la sécurité faisait face à des défis majeurs : manque de financement, retards logistiques et instabilité politique

La Force de répression des gangs (FRG) couvrira les dix départements du pays, avec une priorité accordée à l’Ouest, à l’Artibonite et au Centre, selon un haut responsable étranger impliqué dans la mission, contacté par AyiboPost.

Cette nouvelle force intervient alors que la précédente Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) faisait face à des défis majeurs : manque de financement, retards logistiques et instabilité politique.

Le Standing Group of Partners, une coalition incluant les États-Unis, la Jamaïque, les Bahamas, le Canada et Haïti, pilotera cette nouvelle mission internationale.

Une dizaine de pays tels que le Tchad, le Sri Lanka, la Côte d’Ivoire, le Bangladesh, la Sierra Leone et la Zambie sont attendus pour déployer leurs troupes afin de compléter les effectifs de la nouvelle force.

Près de 80 % de son effectif, évalué à 5 500 membres, seront des militaires. Selon le haut cadre de la mission, son mandat a également été élargi par rapport à celui dirigé par le Kenya.

La FRG peut mener des opérations indépendantes en Haïti.

Dès qu’elle dispose d’informations sur le terrain, elle pourra intervenir sans passer par la Police Nationale d’Haïti.

Les membres de la Force peuvent travailler avec les Forces armées d’Haïti (FAd’H), tout comme avec la Police nationale d’Haïti (PNH).

Des installations fixes sont également prévues dans différents endroits du pays.

La FRG peut mener des opérations indépendantes en Haïti. Dès qu’elle dispose d’informations sur le terrain, elle pourra intervenir sans passer par la Police Nationale d’Haïti.

« Ils prendront en charge un grand nombre de bases opérationnelles avancées, couvrant l’ensemble des dix départements. Ils y déploieront leurs troupes », précise la source proche de la FRG.

Selon les premiers plans, qui peuvent changer à l’avenir, le Tchad sera chargé du département de l’Ouest, tandis que le Sri Lanka sera déployé dans l’Artibonite. La Sierra Leone et la Côte d’Ivoire se rendront dans les départements de l’Ouest et du Centre. Une équipe de la FRG viendra couvrir la frontière.

Le Bangladesh prévoit d’envoyer un gros contingent de près de 1 600 membres, incluant des policiers. Le Sri Lanka, pour sa part, enverra une force mixte, composée de militaires et de policiers, et sera déployé dans l’Artibonite.

« Nous sommes toujours en pourparlers avec eux pour leur expliquer la situation en Haïti, et la réalité sur le terrain avant qu’ils n’envoient leurs troupes », indique la source proche de la FRG.

D’autres pays participeront aux opérations.

Le Guatemala s’est vu attribuer l’aéroport, tandis que le Salvador envoie des avions pour l’évacuation des blessés et pour les opérations de combat, puis intervient dans le domaine maritime.

La Jamaïque, pour sa part, revient apporter son soutien en matière de formation.

Selon les premiers plans, qui peuvent changer à l’avenir, le Tchad sera chargé du département de l’Ouest, tandis que le Sri Lanka sera déployé dans l’Artibonite. La Sierra Leone et la Côte d’Ivoire se rendront dans les départements de l’Ouest et du Centre. Une équipe de la FRG viendra couvrir la frontière.

« D’ici octobre de cette année, nous devons disposer d’une capacité opérationnelle totale de 5 500 personnes », affirme le haut cadre impliqué dans la mission.

« Et à partir de là, nous voulons voir Haïti organiser les élections », ajoute la source.

Pour l’heure, le Kenya assure la transition vers cette nouvelle mission tout en poursuivant le rapatriement de ses troupes, dans l’attente du déploiement intégral de la FRG, prévu pour octobre 2026.

Le haut cadre au fait des opérations de la FRG, contacté par AyiboPost, indique que la mission est en phase de transition (pré-déploiement) et que « la FRG continue de mettre en place ses structures ».

Le 17 mars 2026, un contingent de 215 policiers kényans a quitté Haïti, dans le cadre du rapatriement déjà amorcé par Nairobi.

Le retrait des Kényans des zones contrôlées par les gangs, couplé aux retards de mise en place de la FRG, alimente l’inquiétude populaire et semble fragiliser un climat sécuritaire déjà précaire.

À Saint-Marc, des habitants sont descendus dans la rue le 16 avril 2026 pour exprimer leur opposition au départ des véhicules blindés de la mission kényane.

Lire aussi : La mission kényane impliquée dans 4 cas d’abus et d’exploitation sexuels en Haïti

Ce pays ne fait pas partie de la FRG. « Nous sommes en phase de transition, en train de passer le relais », précise le haut cadre, soulignant aussi que des forces kényanes pourront rejoindre la nouvelle mission plus tard.

Tandis que les doutes persistent, le chargé d’affaires des États-Unis, un pays très impliqué dans la mise en place de la FRG, a reconnu, dans une interview accordée à AyiboPost, « un petit retard » dans le déploiement.

Le diplomate américain a expliqué que la FRG a atteint sa capacité opérationnelle initiale et que les premiers contingents étrangers commencent à arriver dans le pays.

Ces incertitudes s’inscrivent dans le sillage de longues négociations entourant le déploiement de la FRG.

Les États-Unis ont alloué plus de 970 millions de dollars d’aide financière et en nature à la mission partante dirigée par le Kenya. En octobre 2025, la communauté internationale s’est engagée à verser environ 90 millions de dollars au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour la nouvelle force.

Dès la fin du mandat d’un an de la Mission multinationale d’appui à la sécurité en octobre 2025, les États-Unis ont sollicité l’aide du Kenya pour assurer la transition vers la FRG jusqu’en décembre 2025.

« Arrivés en décembre, nous pensions que la FRG amènerait des troupes », explique le haut cadre cité plus haut.

Ce retard a entraîné une nouvelle entente entre les États-Unis, l’ONU et le Kenya afin de prolonger leur présence jusqu’au 31 mars.

« Nous avons persévéré jusqu’au 31 mars. À cette date, les troupes n’étaient toujours pas arrivées », poursuit la source.

Les États-Unis ont de nouveau contacté le Kenya pour leur indiquer que les troupes tchadiennes n’étaient pas encore prêtes à être déployées.

Après plus de six mois d’attente, un nouveau délai fixé au 27 avril est envisagé pour permettre l’arrivée des troupes tchadiennes chargées de prendre le relais, apprend AyiboPost.

Le 1er avril 2026, un premier contingent d’une cinquantaine d’agents tchadiens a débarqué en Haïti.

« Ils sont censés être 350 pour commencer. Mais à la fin, ils devraient être 750 », souligne le haut cadre proche de la mission.

Une fois que la FRG aura repris les zones que tiennent les Kényans, ces derniers pourront partir, a précisé le cadre de la FRG, rappelant que le désengagement des troupes kényanes a débuté en décembre 2025.

Le 14 avril, la PNH a annoncé l’arrivée en Haïti du major général des troupes mongoles de la FRG, ainsi que des officiers du Sri Lanka, de la Mongolie et du Tchad.

Contrairement à la MMAS, qui était soutenue par le Canada et les États-Unis, « la FRG arrive avec son propre équipement, financé par les Nations unies », ajoute la source au fait du dossier.

Dans le cas des troupes tchadiennes, « ils viennent avec leurs propres véhicules, leur propre nourriture, leur propre eau. Ensuite, les Nations unies les paieront », poursuit-il.

Toutefois, « une autre source de préoccupation concerne la nourriture, l’hébergement et le carburant », ajoute le responsable. Mais l’ONU apportera son soutien à la FRG, ajoute-t-il.

Lors du déploiement de la MMAS, les responsables kényans ont fait état de moyens insuffisants pour cette mission d’environ 1 000 membres.

Contrairement à la MMAS, qui était soutenue par le Canada et les États-Unis, « la FRG arrive avec son propre équipement, financé par les Nations unies », ajoute la source au fait du dossier.

La mission dirigée par le Kenya a fait face à des problèmes de logistique et de financement. L’autre souci majeur est la perception des Haïtiens à l’égard des missions, selon le cadre. « Haïti a connu tant de missions. La FRG est la quinzième. Et les gens en ont assez des missions ».

Les troupes kényanes disent avoir formé près de 2 000 policiers de la PNH pour renforcer leurs capacités.

Les responsables de la MMAS revendiquent aussi le maintien d’institutions clés du pays comme le port de Port-au-Prince et le déploiement dans plusieurs zones, notamment à Kenscoff, Petite-Rivière de l’Artibonite, Laboule, Pont-Sondé et à Saint-Marc.

Par : Jérôme Wendy Norestyl

Widlore Mérancourt a contribué a ce reportage

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Éditeur à AyiboPost, Jérôme Wendy Norestyl fait des études en linguistique. Il est fasciné par l’univers multimédia, la photographie et le journalisme.

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