AYIBOFANMEN UNESOCIÉTÉ

Sexchange

0

Je viens tout juste de mettre fin au téléphone à la conversation que j’avais avec une bonne amie. Je lui exposais les récentes frustrations ayant conduit à l’effritement de mon couple et elle en a profité pour me conter les siennes. C’est toujours mieux de se plaindre à deux, du coup nous voyons nos misères comprises, nos peines partagées donc allégées.

Suite à nos confidences, nous en sommes arrivées à une conclusion commune, nos hommes ont agi comme des putes et c’était là la source de notre déception. Ils sont ce qu’on appelle des putes des temps modernes…

Tenez son histoire, son mari a été la chercher au boulot tout sourire. Des disputes non résolues depuis près d’une semaine ne lui volaient plus sa bonne mine cet après-midi. Leurs mésententes s’étaient évaporées. Dans la voiture, il a entamé la conversation et mon amie à emboité le pas. Elle s’est dite que c’était pour le mieux et donc a apprécié le fait qu’il ait cherché à être agréable. Le trajet se passait mieux quand ils n’étaient pas crispés, assis l’un à côté à de l’autre dans le véhicule. La bonne ambiance a continué jusqu’au supermarché, c’était de plus en plus intéressant. Il avait poussé le charriot patiemment sans la pressurer de finir ses courses. Il a même offert de payer, lui, le radin de service. Il convergeait toutes ses attentions vers elle, au point qu’elle eut peur que ce ne fut qu’un rêve…

Toutefois, quelque chose ne tournait pas rond, c’était comme du déjà vu…

Dans leur lit, plus tard dans la soirée, il s’était approché d’elle et avait commencé à la toucher. Dès les premières tentatives, elle lui avait rappelé que leurs problèmes n’étaient pas encore résolus et qu’il fallait en discuter. A sa grande surprise, il avait accepté d’engager le dialogue. Il l’avait comprise et lui avait promis de faire des efforts.

Que ne promettrait pas un homme à une femme qu’il veut prendre sur le coup?

Quelques instants plus tard, il est revenu à la charge et a commencé à la caresser de plus belle. Elle se laisse aller et ils ont fait l’amour. Toutefois, elle était très étonnée de voir moins de 24 heures après, son conjoint refaire les mêmes choses qui les avaient mis en froid. Les bonnes résolutions n’avaient pas fait long feu mais c’était souvent comme ça avec lui. Quand les sacs étaient remplis, il devenait gentil, promettait de changer, faisait la vidange pour ensuite redevenir le même salaud.

Mon cas était un peu différent de celui de mon amie. J’avais un meilleur salaire que mon ex mais le sien lui permettrait de vivre décemment. Ce dernier s’amusait à me facturer directement ou indirectement tous ses besoins, toutes ses envies…

« Chérie, tu as assez de disponibilité sur ta carte pour m’acheter un billet d’avion » ?

Il soupire en regardant une pub à la télé : « Je serais tellement content d’avoir le nouveau Iphone, le mien ne tient plus la route ».

Voici, le genre de phrases qu’il me sortait et moi, en petite amie voulant faire plaisir à son mec, j’exécutais ses vœux. Je ne connaissais aucune de ses dépenses, il ne participait pas dans les miennes. Il m’offrait très rarement des cadeaux. Voila comment notre argent à chacun était reparti : ses avoirs, ses économies ; mes avoirs, ses avoirs ! Quand je n’interprétais pas ses demandes comme souhaitées ou que je ne succombais pas à ses caprices, il se faisait très distant et trop pris pour être avec moi. Il refusait mes avances aussi longtemps que ses désirs n’étaient pas honorés. Il faisait la grève, quoi! Pas de dépôts, pas de retraits ! Au début, je n’avais pas reniflé l’arnaque mais au fil du temps, j’avais fini par constaté que sitôt que je passais à la caisse, monsieur mettait ses devoirs au propre. Si je faisais le calcul, je me rendrais compte que j’ai du payer cher pour cette marchandise mais bon, j’ai décidé de ne pas être proxénète contre mon gré.

Ces histoires me rappellent celle d’une connaissance. Le type est revenu de l’étranger avec son doctorat après avoir passé environ une quinzaine années en dehors du pays. Il avait perdu les contacts de beaucoup de ses anciennes connaissances mais a fini par en découvrir de nouvelles. Parmi elles, il rencontra une fille, une Bourgeoise qui travaillait dans une institution partenaire à celle qui employait ses services de consultation. Il lui faisait la cour mais elle ne se montrait pas intéressée. Elle l’avait repoussé. Il insista un moment puis décida qu’il était plus judicieux de ne pas forcer les choses.

Sept mois plus tard, il fut nommé ministre et l’attitude de madame changea. Elle était disponible, elle s’était offerte à son ancien soupirant. Elle ne se faisait pas prier pour monter dans la belle bagnole de service, assister aux beaux cocktails subventionnés par les contribuables et visiter de nouvelles contrées. Elle était fière de se montrer au bras de son nouvel amant, elle le couvrait de tendresse et d’attention en public. Ils étaient un de ces couples qui dérangeait et intriguaient à première vue tant ils semblaient différents. Elle avec sa peau de pêche mûre, son corps élancé, son langage pétri… tout son être émanait de grâce. Lui, il était devenu quelqu’un grâce à ses études et à son poste. A force de s’exposer aux yeux des autres, ils avaient forcé leur sympathie, ils paraissaient assortis. Elle avait compris la mentalité des gens de chez nous : se faire voir dans les meilleurs cercles en compagnie de la bonne personne et vous serez qualifiés d’office pour certains avantages, les postes intéressants, les appels d’offre juteux… Monsieur était heureux avec sa belle. Mais vous le savez, le bonheur est éphémère et le pouvoir ici est une chaise musicale.

Deux jours après la chute de son gouvernement, il trouva sa chérie au téléphone après maintes tentatives. Elle lui signifia sèchement la fin de leur relation. Quand il osa demander son reste, elle lui fit comprendre qu’elle sortait avec le ministre et non lui. Elle le trouvait du coup prétentieux, aussi laid qu’il était et d’origine si modeste… Comment pouvait-il les imaginer avoir une fin heureuse ? Il ne fallait pas que l’adulte, en lui, se mette à rêvasser. Il devait accepter son bref passage dans sa vie comme une bénédiction. Elle jugeait être l’une des meilleures choses qui lui soit arrivée dans sa vie pour relever le tracé banal auquel était soumis son existence. Il eut du mal à accepter que la femme de ses rêves, celle qui gémissait entre ses bras, suant dans son lit tout en l’appelant « papi » ne l’ait utilisé que pour son titre. Aurait-elle été une si bonne actrice ? Lui, il voyait déjà sa mulâtresse lui donner des enfants « café au lait ». Le pauvre, son ministère s’évapora en même temps que sa chérie.

La prostitution a toujours existé mais sa forme la plus abjecte réside dans les relations de couple d’apparence normale, mari et femme, petit ami et petite amie… J’ai toujours pensé que l’amour devait être à la base de ces relations. Je sais également que l’humain est toujours motivé par ses propres intérêts. Oui, il y en a toujours, je ne suis pas dupe, ils peuvent ne pas être d’ordre financier mais ils existent toujours sinon pourquoi fréquenterions-nous une personne en lieu et place d’une autre?

Le sexe est un organe vital pour le fonctionnement d’un couple, il est une forme de communication jouissive, universelle et inestimable. Il est aussi l’un des moyens pour troquer qui est utilisé depuis la nuit des temps. Des civilisations se sont éteintes, des langues ont disparus, des dynasties n’existent plus dans le monde, des monnaies ne sont plus en circulation mais le SEXE lui reste et demeure une forme de transaction puissante qui n’a pas perdu de sa jeunesse et survivra avec l’humanité. Il est une force de persuasion et de convoitise dans les relations humaines au même titre que l’argent et le pouvoir.

Il en va de notre pérennité, d’ailleurs les buts fondamentaux du sexe sont la procréation et le plaisir ; outre ces raisons, l’acte répond à d’autres objectifs… Certains ont recours à lui pour se procurer du plaisir, solliciter de l’argent, une voiture, une promotion, ou pour être dans les bonnes grâces de X ou Y… Une parenthèse : comme dans toute transaction, dans l’optique Keynésienne l’offre vient avec la demande. Il se peut que la partie demandante trouve que l’offre vaut ou pas son « coût » et elle est le seul juge. En cas de satisfaction ou d’insatisfaction, le « paiement » demeure à la discrétion du consommateur. À date, le vendeur n’a aucun recours légal pour violation contractuelle vu la nature de ces transactions qui ne sont pas reconnues par la loi (officiellement bien sur) …

Nombreux sont les récits insolites comme ceux cités plus haut qui arrivent au commun des mortels ainsi qu’aux officiels (qui sait au rythme auquel ils en sont victimes, ceci pourrait faire l’objet d’un décret). Je sais que quand nous pensons au mot prostitution, il nous vient en tête, ces filles qui font le trottoir, ces jeunes qui se laissent pervertir avec un aîné pour subvenir à leurs besoins… Eux, ce sont souvent les plus démunis de la société, ils portent sans riposter les qualificatifs les plus grivois avec lesquels nous les identifions. A certains, nous trouvons des circonstances atténuantes, des paramètres que nous jugeons justifiables dépendamment de notre compassion, de nos expériences et de leur réussite. Eux, ils vendent du sexe, ils gagnent leurs vies ainsi, même quand je doute qu’il remplirait un formulaire à la direction des impôts avec cette occupation. Néanmoins, ils sont plus honnêtes que beaucoup d’entre nous qui sommes dans des couples officiels et respectés.

Je ne cherche ni à vénérer, ni à diaboliser quiconque en me basant sur les raisons pour lesquelles ils entretiennent des relations sexuelles, je ne saurais avoir cette prétention (pécheresse de mon état que je suis). Toutefois, j’ai un souhait à l’égard de plusieurs d’entre vous, j’aimerais que vous soyiez plus indulgents envers les prostitués.

Avant de les regarder de haut et de critiquer leur gagne-pain, faites preuve de « fairplay » dans une confrérie il faut se respecter et être solidaires!

Lou

Commentaires

Lou
I am a woman, a life lover and a pluridimensional human being! Blogger @ Louetsaplume

    Blan Franse paka bannou leson sou devlopman

    Previous article

    À quand la Sélection Nationale de Basket ?

    Next article

    Comments

    Comments are closed.

    #ReteBranche : Pour ne rien rater, inscrivez-vous à la lettre Ayibopost