SOCIÉTÉ

Prendre des médicaments sans l’avis d’un médecin peut vous coûter la vie

0

La pratique de l’automédication est déconseillée et peut engendrer des drames. En voici les raisons

L’automédication consiste, selon Delvalès Doccy, à se procurer des médicaments sans l’avis d’un professionnel de la santé. « L’individu peut donc l’utiliser pour se soigner ou l’administrer à son entourage », explique le médecin spécialiste en management et gestion des services de santé.

Cependant, la frontière entre remède et poison reste très mince. « Les médicaments peuvent s’avérer être des poisons, c’est la dose qui définit leurs différences et leurs efficacités pour des effets bénéfiques recherchés », déclare Delvalès Doccy.

Les dangers sont multiples

L’automédication rend l’organisme résistant aux médicaments. En essayant d’atténuer nos symptômes, nous retardons les traitements urgents d’une simple affection. « Étant habitué à un médicament, l’organisme peut développer une certaine résistance qui prolonge la durée du traitement », dit le pharmacien Pierre Hugues Saint Jean. « En agissant de la sorte, le patient retarde aussi le diagnostic qui devrait déterminer la cause d’une maladie pour une prise en charge plus tôt. »

Le patient qui pratique l’automédication veut devenir son propre thérapeute face à des symptômes qu’il croit reconnaître. « Pour faire un traitement, il faut savoir les causes [de la maladie]. Sinon vous ne faites que traiter des symptômes pour lesquels les causes peuvent être diverses », prévient Pierre Hugues Saint Jean, également président de l’Association des pharmaciens d’Haïti (APH).

Les gens recourent fort souvent au paracétamol pour soigner un mal de tête renchérit Delvalès Doccy. Diverses causes peuvent être à la base d’une migraine. Si elle prend racine dans des troubles visuels par exemple, les maux persisteront tant que le patient ne porte pas sa paire de lunettes (verre correcteur). Si le patient est hypertendu, sans médicaments pour apaiser son affection, le problème de maux de tête ne sera jamais résolu. « Sans diagnostic [professionnel], rien ne dit que le médicament pris est approprié au symptôme ressenti. »

Le surdosage peut causer des dommages irréversibles 

De plus, tous les médicaments peuvent entraîner des effets secondaires ou des complications. Sans contrôle professionnel et dosage adéquat, les médicaments sauveurs de vie peuvent aussi nous l’enlever ou aggraver l’état de santé du patient.

Delvalès Doccy explique que l’automédication risque d’aboutir à la surmédication qui, dans la plupart des cas, cause des dommages irréversibles aux organes. « Des patients, non encore soulagés d’une affection quelconque prennent le plaisir à prendre en quantité excessive un médicament. D’autres augmentent la dose. Les effets liés au surdosage peuvent engendrer des problèmes rénaux ou du foie », poursuit le médecin.

L’automédication procède de la faiblesse de l’Etat 

Le coût élevé de l’accès aux soins de santé est l’un des facteurs qui favorisent l’automédication en Haïti. « La grande majorité de la population pratique l’automédication », croit le pharmacien Pierre Hugues Saint Jean. « Les patients sont amenés à faire des choix par rapport à leur faible pouvoir d’achat », estime-t-il. Si les complications ne sont pas graves, ces derniers préfèrent se procurer un médicament qui est à leur portée, sans prescription médicale afin de se soulager au lieu de payer une consultation médicale et d’avoir des frais supplémentaires pour acheter les médicaments prescrits.

En Haïti, l’on retrouve des produits pharmaceutiques un peu partout. L’offre est présente dans les autobus, les coins de rue et aux marchés. Selon les chiffres évoqués par Pierre Hugues Saint Jean, 40 % des médicaments en Haïti seraient des contrefaçons. « L’État à travers ses structures de régulation doit assurer que les médicaments qui rentrent dans le pays ne sont pas des contrefaits », signale Pierre Hugues Saint Jean. Il critique la Direction de la pharmacie, du médicament et de la médecine traditionnelle (DMP/MT), instance de MSPP qui travaille dans ce secteur. Cette structure opère des travaux de contrôle uniquement dans les 128 pharmacies autorisées en Haïti.

Lire aussi: Seulement 300 pharmaciens et 128 pharmacies autorisées pour 11 millions d’habitants

Par ailleurs, la seule loi qui entend réguler le secteur pharmaceutique en Haïti date de 1955. Le président de l’APH, qui lutte pour la mise en place de la Brigade de lutte contre le trafic de faux médicaments, croit que si l’application de ce texte était de 25 %, on aurait pu éviter de multiples dérives enregistrées aujourd’hui dans le secteur.

Commentaires

Emmanuel Moïse Yves
Journaliste à AyiboPost. Communicateur social. Je suis un passionnné de l'histoire, plus particulièrement celle d'Haïti. Ma plume reste à votre disposition puisque je pratique le journalisme pour le rendre utile à la communauté.

Un bon gynécologue ne devrait pas faire ces choses !

Article Precedent

1 an #PetroCaribeChallenge: les dates clés du mouvement

Article Suivant

Comments

Comments are closed.