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Migration paysanne: une réalité inchangée

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A travers l’histoire, la masse des pauvres a toujours été en grande partie constituée de paysans, de fermiers qui, ne pouvant faire face aux pressions économiques d’alors ou n’arrivant pas à payer leurs dettes vendaient la propriété ancestrale pour ensuite émigrer vers la ville en quête d’un mieux-être…

Chez nous, la réalité paysanne n’a pas trop évolué et le fait que leur situation aujourd’hui n’est pas trop différente de celle d’autres paysans depuis 2000 ans donne à réfléchir…

De la globalisation et des nouvelles technologies, on leur a tout simplement et surtout appris à utiliser le téléphone portable pour qu’ils soient eux aussi connectés, branchés, mais par-dessus tout pour qu’ils consomment et continuent à s’appauvrir davantage…

On a beau les solliciter, les courtiser, prendre le pouvoir en leur nom, globalement leur condition de vie n’a pas vraiment changé: mal nourris, sous-éduqués, sans couverture sociale, vivant dans des taudis sans eau potable, bref livrés à eux-mêmes et aux caprices de la nature. Ils sont vulnérables et à la merci des loups d’ici et d’ailleurs.

Leur migration vers Cuba dans les années 50, ensuite vers la république voisine de façon massive vers la capitale après l’ouverture des usines de sous-traitance au début des années 70, pour finalement échouer dans les années 80 sur les côtes de la Floride, traduit d’une part l’incapacité de l’état, des élites et de la société en général à proposer et à promouvoir des politiques cohérentes de développement et d’intégration ; d’autre part, l’appauvrissement progressif et continu des paysans. Leurs quêtes subséquentes de cieux plus cléments pour eux et pour leurs progénitures ont fini par faire d’eux et malgré eux, les damnés de la Caraïbes et les enrôlés tant convoités et tant recherchés de la grande armée urbaine des démunis (la G.A.U.D).

Vulnérables et manipulables à souhait, ils constituent donc la mine d’or de bon nombre de prédateurs qui ne jurent que par eux et qui prient chaque jour du fond de leur cœur pour que le statu quo demeure et persiste. Après tout, ne dit-on pas qu’il faut des pauvres pour avoir des riches? Autres temps, autres mœurs nous rappelle le vieil adage! Car si dans le passé, leurs ancêtres s’étaient révoltés contre les conditions inhumaines dans lesquelles ils végétaient, aujourd’hui, leurs descendants fatigués, épuisés semblent vouloir se résigner ou pire fuir cette terre qui ne leur est pas clémente.

La nouvelle destination ces jours-ci?

C’est le Brésil.

Les voici déjà prêts à tout vendre (terre, cabris, bœufs, le même rituel quoi!) pour fuir, une fois de plus, cette terre où ils n’ont connu que misère, et, une fois de plus tenter l’aventure qui les libèrera ou qui fera d’eux de nouveaux esclaves…

Samuel Edgard Prophète

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