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L’UEH, la poudrière qui ne dérange pas

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Le 12 Juin dernier, une situation de panique a régné à la faculté d’Ethnologie, découlant d’une altercation entre certains étudiants et le doyen de cette faculté, le professeur Yves BLOT.

Cet incident est la énième du genre et traduit bien la profondeur du problème qui gangrène à l’UEH, la plus grande structure d’études supérieures publique du pays. Ces conflits à répétions qui, très souvent, mettent en opposition étudiants, professeurs et dirigeants, ne sont que la manifestation d’un problème sous-jacent jamais résolu, s’amplifiant au fil des années.

Ça fait plusieurs mois que toutes les activités sont paralysées au niveau de la Faculté des Sciences Humaines (FASCH), l’Ecole Normale Supérieur (ENS), et l’Institut National de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI). L’IERAH/ISERSS, quant à eux, ne vivent pour le moment qu’une situation de calme apparent. Donc, ces crises actuelles au niveau de l’UEH sont des épiphonèmes. Elles sont les manifestations secondaires d’une série de problèmes plus complexes et plus profonds. Ainsi, tant que ces problèmes ne seront pas abordés sur toutes lers facettes, l’Université d’Etat d’Haïti restera une poudrière dont l’explosion est constamment en état retardement en raison notamment des stratégies utilisées par les acteurs directement impliqués dans cette crise.

En fait, à l’intérieur de l’UEH, on assiste très souvent à un dialogue de sourd, à un jeu de duperie entre les différents acteurs où chaque groupe agit dans le seul objectif de défendre ses petits intérêts.
D’une part, les étudiants (du moins un groupe qui parle au nom de tous les autres) qui le plus souvent cherchent à imposer leurs lois en remettant en question, à tort ou à raison, toute décision des instances dirigeantes de l’Université. Ils ont toujours leurs cahiers de charges incluant de longues listes de revendications, justes pour la plupart. Cependant, les méthodes de revendications utilisées, le plus souvent, laissent à désirer et fragilisent leurs luttes.

D’autre part, il y a les dirigeants de l’Université qui se comporte le plus souvent en chefs dictateurs. Jamais, ils ne font montre d’une réelle volonté de poser sérieusement les problèmes de l’Université et d’y apporter de véritables solutions. Ils font comme si tout allait bien au sein de l’Université alors que les problèmes sautent aux yeux.

Finalement, on a un troisième groupe, nécessaire pour une bonne compréhension de la crise car ils ont autant de contacts avec les étudiants que les dirigeants, les professeurs et le personnel administratif.

Tout comme les deux premières catégories, celle-ci ne se manifeste, en général, que pour défendre ses propres intérêts (augmentation de salaire, meilleurs condition de travail, protestation suite à une agression, etc). De cette dynamique découle le fait que chaque groupe constitue une menace pour les autres cherchant à placer leurs propres intérêts au dessus du lot. Au final, personne ne s’intéresse réellement aux intérêts communs de l’université. Ainsi donc, chaque rencontre, chaque symposium, chaque assemblée mixte, chaque assemblée générale de l’Université se révèle être un échec.

Il me semble que l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) restera cette poudrière que beaucoup aurait aimé voir exploser en vue d’un changement réel et durable.

L’UEH est composée de 11 entités: La Faculté des Sciences (FDS), La Faculté de Droit et des Sciences Economiques (FDSE), La Faculté des Linguistique Appliquée (FLA), la faculté de Médecine et de la Pharmacie (FMP), La Faculté des Sciences Humaines (FASCH), La Faculté d’odontologie (FO), la Faculté d’Ethnologie (FE) entre autres. A cela, s’ajoute les écoles de Droit des Villes de provinces et le campus de Limonade.

Elle est dirigée par un conseil universitaire ayant à sa tête un recteur et deux vices recteurs. Ne disposant pas de lois organiques, elle est organisée par des dispositions transitoires datant de février 1997 et dispose d’une capacité d’accueil d’environs 4.500 places.

L’UEH est une structure complexe qui pour aller de l’avant doit considérer des changements structurels importants. Mais jusqu’à date il n’y aucun signe de bonne foi des dirigeants, des étudiants et du personnel administratif. La poudrière n’explose pas donc ne dérange pas, mais entretemps elle ne forme pas ou forme médiocrement nos enfants.

Yveson Dukenson

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Kisa Ayiti ka fè pou jere fenomèn blokis la?

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