AYIBOFANMCULTURE

Lettre à Fodlyne Lou André Réjouis

0

Pour notre rencontre et pour cette passion commune qu’est l’écriture

 Chère Lou,

Il est triste de constater que nous faisons partie d’une génération qui n’écrit plus de lettre. De nos jours, un tweet, un message WhatsApp, un message vocal, un post sur Facebook, un appel est de loin plus facile et plus rapide, donc plus convenant selon plus d’un. Mais qui a dit que l’on devait prioriser la facilité et la rapidité à la quintessence de la chaleur humaine? J’ai compris sur le chemin de la vie que chaque personne que nous rencontrons sur notre parcours apporte une pierre à notre construction. Chaque poignée de main, chaque accolade, chaque sourire sont des empreintes nécessaires à notre humanité. J’ai voulu écrire, prendre mon temps pour trouver les mots qui sauraient traverser les interstices du temps. Des mots voyageurs qui ont enjambé des rivières, escaladé des montagnes, brulé à feu doux. Des mots forgés à la rumeur du temps. Des mots que j’écrirais dans les marges.

J’ai été très heureux de te rencontrer au spectacle #JeSuisGaëlle, où séparément, nous avons ri aux éclats des aventures d’une jeune femme trentenaire. Ses attentes par rapport à elle-même, par rapport à la société et surtout les exigences de cette dite société à son égard, ce qui en fait est la réalité de toute une génération. À cette première rencontre vite interrompue car la nuit avançait à grand pas et qu’on devait laisser la scène à  l’obscurité et ses personnages, nous avons effleuré cette passion commune pour l’écriture. Tu avais commencé à me conter le déclic qui t’a permis de braver l’encre et la feuille blanche, ou plutôt la page Word et le clavier. Qu’importe, une feuille blanche reste une feuille blanche, qu’elle soit virtuelle ou matérielle.

Cette rencontre était très attendue de mon côté, car j’avais lu avec avidité tes billets de blog et secrètement je voulais parler à cette Lou qui avec son arme démontait les stéréotypes. Lou, avec ta plume, tu as donné une voix à plusieurs femmes de ta génération qui se recherchent ou tout simplement veulent s’exprimer. Tu montres qu’elle est non seulement humaine, qu’elle a des désirs et qu’elle a aussi des droits au sein de la société. Sans même t’en rendre compte, tu montres que la femme haïtienne n’est pas une créature qu’on peut confiner dans une boite avec une étiquette dessus. Elle peut être une mère de famille, une professionnelle, une bloggeuse, une militante, une guerrière, une héroïne, si elle décide de l’être. Rien ni personne ne saurait définir ses limites.

Cette lettre aujourd’hui est pour te dire de continuer à écrire, de continuer à faire sauter les barrières que la société mettra sur ta route. Il y a des yeux qui suivent ton parcours et qui s’en inspirent.

J’espère te revoir bientôt, pour parler du pays, des défis de la jeunesse, des rêves qu’on peut encore oser garder et ceux que l’on ne peut plus se permettre d’avoir.

A bientôt

Soucaneau Gabriel

Commentaires

Soucaneau Gabriel
Je suis Soucaneau Gabriel, Journaliste Freelance. Blogueur, animateur radio et télé. Un passionné, un jongleur des mots, poète si on veut. Passionné de lecture, de voyages, de rencontres. La vie est ma plus grande source d’inspiration. Libre dans ma façon d’agir, dans ma tête ainsi que dans mes écrits. Je ne suis pas là pour me conformer aux critères mais plutôt pour faire sauter des barrières. A bon entendeur...

    L’automédication en Haïti, un danger qui persiste

    Article Precedent

    Videyo: “Nou menm Ayisyen nou fin pèdi idantite nou”

    Article Suivant

    Comments

    Comments are closed.

    #ReteBranche : Pour ne rien rater, inscrivez-vous à la lettre Ayibopost