POLITIQUE

Les Cayes : Attaque du commissariat et peur collective

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« À force de regarder les films, on finit par reproduire les mêmes scènes ». Je signe.

Il était 10 h 30 ce soir-là. Avant de dormir, comme par hasard puisqu’il n’est pas dans mes habitudes de regarder la télé à ces heures, j’ai décidé d’allumer la télé. Comme par hasard aussi, il y avait de l’électricité. À peine allumée, en augmentant le volume de la télé, j’ai entendu partir le son d’une mitrailleuse déclenchée : « Tatatatatatatatatatatatatatatatatatatata… ». Je ne suis pas un soldat, mais tout petit on m’a montré les mitrailleuses dans les films. J’ai dit : Waw ! Intéressant ! Je vais m’amuser. Car comme vous aussi j’ai été enfant et pour la plupart, les enfants aiment les films d’action. C’en était le cas. Cela a été bel et bien un film d’action. Un film de tir. JARHEAD 3 : THE SIEGE 2016. Un film de William Kaufman dans lequel un caporal du nom d’Evan Albright de son vrai nom Charlie Weber a joint LES MARINES pour sauver le monde et pour voir un peu d’action, mais pas nécessairement dans cet ordre. Mais, à sa première mission qui était de protéger une ambassade américaine dans une capitale pacifique du Moyen-Orient, son unité est assignée à la protection des entrées de l’ambassade. Mais Albright et son équipe sont pris par surprise lorsqu’un groupe de militants bien équipé et bien armé lance une attaque afin de tuer un informateur dans ce bâtiment. C’est le synopsis du film.

Tout en regardant le film, lorsque j’ai vu mourir des soldats bien entrainés et lourdement armés (des MARINES) par cette attaque de l’ambassade, j’ai commencé par réfléchir à la Police nationale de mon pays (PNH), aux protecteurs de ma ville bien aimée, la ville des Cayes. J’ai commencé par faire une comparaison entre la PNH et ces soldats bien entrainés, lourdement armés appelés MARINES. J’ai fait une comparaison technique, professionnelle et opérationnelle. C’est à ce moment bien précis que cette question me venait à l’esprit : qu’arrivera-t-il si des hommes armés décident d’attaquer le commissariat de la ville des Cayes ? Quartier général de la PNH dans la ville, le commissariat est l’emblème de la sécurité de la population et de la sûreté intérieure de l’État. Moi personnellement, à chaque fois que je passe tout près du commissariat, je me sens en sécurité.

Tout inquiet, je me mets à genoux, prie et m’allonge sur le lit. Lelendemain, je me suis réveillé vers 7 h. À peine sorti de la maison pour m’assurer d’abord du respect de quelques principes d’hygiènes, la ville était déjà sous tension. Les gens se regroupaient ça et là. Je ne pouvais pas comprendre. C’est alors qu’une amie m’a appelé pour me demander si je n’ai pas entendu des coups de feu durant la nuit et elle a profité de l’occasion pour m’annoncer que le COMMISSARIAT de la ville des Cayes, lieu de demeure des protecteurs de la ville, emblème de sécurité de la population a été attaqué par un groupe d’hommes armés dans la nuit du dimanche  15 au lundi 16 mai 2016. Ce n’était plus un film. C’était réel. C’était du sérieux. Des hommes armés ont attaqué le commissariat. Maintenant tout le monde a peur. On ne se sent plus en sécurité. Même ceux qui ont pour mission de nous protéger ressentent plus que jamais le besoin d’être protégés.

Déjà sans un service d’incendie et recevant le courant électrique par compte-gouttes de l’Électricité d’Haïti (ED’H), il a fallu  de surcroit que  le commissariat de la ville des Cayes soit attaqué. La population est inquiète. L’être humain est toujours en quête de sécurité même lorsqu’il ne serait pas en danger voire lorsque toutes les conditions pouvant contribuer à la mort de tous sont réunies dans cette ville. Nous vivons dans une situation d’insécurité flagrante. Sur qui compter ou à qui demander de l’aide ? Nos voisins, nos amis, ou l’État ? Devons-nous nous procurer notre propre sécurité ? En tout cas je lance ce cri de détresse. Un appel à l’aide. J’ai peur ! On a peur ! La population a peur ! Les enfants, les adultes, les femmes, les vieillards ont peur ! Nous avons tous peur. On aspire à de meilleures vies pour nous et pour tous les fils et filles d’Haïti.

James NONÇANT

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