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Le défi d’être Dominicaine sans rejeter ses racines haïtiennes

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Ana Maria Belique est la coordinatrice de Reconocido, un mouvement qui milite pour le droit à la citoyenneté et l’égalité pour tous les Dominicains d’origine haïtienne. Cette organisation mobilise et responsabilise les communautés dominicaines marginalisées, spécialement celles où les Dominicains d’origine haïtienne subissent des injustices. Reconocido accompagne les personnes qui ont besoin d’aide juridique, leur apporte du soutien pour obtenir leurs documents d’identité et offre l’encadrement nécessaire pour améliorer leur statut socio-économique.

 

Ana Maria était de passage en Haïti au début du mois de novembre 2018 pour présenter le documentaire de Juan Carlos Gonzalez Diaz « Hasta la Raiz » sur la situation des Haïtiens depuis l’adoption de l’arrêt TC 168-13 en septembre 2013. Cette décision de la Cour constitutionnelle a rendu apatride toute personne d’ascendance étrangère née à partir de 1929.

Les contestations de la communauté internationale ont obligé le gouvernement dominicain à mettre en place un plan de régularisation pour enregistrer à nouveau ces personnes et leur restituer des cartes d’identité. Toutefois, des milliers de victimes n’en ont pas bénéficié à cause des frais de procédure et l’obligation de présenter des documents souvent déjà confisqués par les autorités. Cela a entraîné l’expulsion de Dominicains vers Haïti. Alors que bon nombre d’entre eux ne connaissent ni Haïti ni le créole, ils ont été classés comme Haïtiens simplement à cause de leurs noms de famille ou de leur couleur de peau.

Le documentaire « Hasta la Raiz » raconte l’histoire de trois femmes, dont Ana Maria, confrontées aux répercussions de l’arrêt TC 168-13. Ces Dominicaines, descendantes d’Haïtiens sont considérées comme des citoyennes de seconde zone dans la société dominicaine. Parallèlement, le témoignage de Ana Maria nous rappelle une autre réalité : être Dominicain ne veut pas dire être anti-Haïtien.

 

 

Commentaires

Ayibopost Team
La rédaction de Ayibopost

    Medam yo ranse #3 : PetrochallengeuSES

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    Faut-il changer la constitution de 1987 ?

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