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King James sur une voie royale, mais Ă©pineuse !

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Le 11 fĂ©vrier 2014, Lebron James, lors d’une entrevue Ă  la chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision NBA TV, a dĂ©claré : qu’à la fin de sa carrière il fera partie du « Mont Rushmore », un monument qui reprĂ©sente les visages de 4 des prĂ©sidents les plus marquants des Etats-Unis. Lebron fait donc une analogie entre l’histoire de son pays et de la NBA, pour montrer son dĂ©sir d’être parmi les 4 meilleurs joueurs de l’histoire. Depuis, il a disputĂ© une finale, oĂą il a Ă©tĂ© sĂ©vèrement battu par les Spurs de San Antonio, une troisième dĂ©faite en 5 apparitions. Avec 2 titres de NBA Ă  son actif, 2 MVP des finales, 4 MVP en saison rĂ©gulière, 1 titre de meilleur scorer, Lebron est l’un des joueurs les plus dĂ©corĂ©s dans la ligue nord-amĂ©ricaine de basketball. Ce jeudi, il retrouve les Warriors de Golden State pour une 5e finale d’affilĂ©e, pour tenter d’ajouter un autre titre Ă  son palmarès et gravir un Ă©chelon de plus vers les plus grands joueurs de l’histoire.

Lors de cette entrevue, Lebron avancait que, selon lui, le « Mont Rushmore », Ă©tait jusque-lĂ  composĂ© de : Jordan, Magic, Bird et Oscar Robertson. Une dĂ©claration qui a suscitĂ© beaucoup de rĂ©actions. II oublie Kobe (un Jordan 2.0), Kareem (la machine Ă  scorer), Wilt (l’homme des records) ou Bill Russell (11 titres NBA). On pourrait citer beaucoup d’autres qui mĂ©riteraient une grande considĂ©ration. De toute façon chacun a son classement personnel, se basant sur ses propres critères. Mais, Lebron ne se considère pas dĂ©jĂ  parmi les 4 meilleurs joueurs de l’histoire de la NBA. A 30 ans, en gardant sa forme physique, ses performances individuelles et collectives, au moins, durant les 5 prochaines annĂ©es Ă  venir, il pourra peut ĂŞtre faire l’unanimitĂ© parmi les 4 meilleurs de tous les temps.

Néanmoins,  dès cette année, Lebron se met sur une voie royale mais épineuse, et pourrait faire basculer la hiérarchie de la NBA, s’il arrive à remporter le titre et le trophée qui récompense le meilleur joueur da la finale. Ainsi il offrira aux Cavaliers leur premier titre de NBA et à la ville de Cleveland son premier titre (tout sport professionnel confondu) depuis 1965. Il sera titulaire de 3 titres de NBA (autant que Bird ; un de plus que Wilt), 3 titres de MVP de finale (autant que Shaq, Duncan, Magic ; un de plus que Kareem, Kobe, et Bird). Avec ses 4 titres de MVP en saison régulière, il arrive à faire autant que Wilt et même mieux que Shaq, Duncan, Bird, Magic et Kobe. Tous ces joueurs précités sont des génies qui ont suscité l’euphorie autour d’eux, ils ont dominé leur génération respective, ils ont su montrer la voie de la victoire à leurs coéquipiers et porter leurs équipes au sommet.

Dans tout sport collectif, mĂŞme le joueur le plus brillant ne peut faire gagner son Ă©quipe, sans l’apport de ses coĂ©quipiers. C’est la règle, et la NBA n’en est pas exempte ! Depuis 2006, la NBA a dĂ©veloppĂ© une statistique pour dĂ©terminer l’impact et l’influence de chaque joueur  dans l’évolution de son Ă©quipe Ă  chaque fois qu’il foule le parquet. Ainsi, on comptabilise le nombre de points marquĂ©s et encaissĂ©s par son Ă©quipe, puis on fait la diffĂ©rence pour trouver le rĂ©sultat. Ex : Si Lebron joue 34 minutes dans un match et durant cette pĂ©riode Cleveland marque 50 points et en encaisse 40, Lebron termine avec une stat +10 ; mais si son Ă©quipe encaisse 50 points et en marque 40, il termine avec -10. C’est ce qu’on appelle le +/- stat ou Lenovo Stat. Cette statistique nous permet aussi de dĂ©terminer l’importance des joueurs (supporting cast ou role player) qui entourent le meilleur joueur (franchise player) dans chaque Ă©quipe. Elle va au-delĂ  des stats traditionnelles et plus frĂ©quemment utilisĂ©es : points, rebonds, passes, contres, ballons volĂ©s, etc.

Pour dĂ©terminer les Ă©quipes les plus talentueuses ayant atteint la finale durant les 30 dernières annĂ©es, on additionne la stat +/- de chaque « franchise player » Ă  celle de leur « supporting cast » sans la star sur le terrain. De ce fait, on aperçoit que Cleveland Cavaliers en 2015 est la 12e Ă©quipe la moins talentueuse sur 62 Ă©quipes en finale NBA depuis 1985 avec un total de +6,5. Pire encore, si on enlève la stat +/- de Lebron Ă  celle de l’équipe, Cleveland devient la 3e pire Ă©quipe emmenĂ©e en finale par son meilleur joueur avec -0,1 quand Lebron n’est pas sur le terrain. Les 2  autres pires Ă©quipes sont celles des Knicks de Larry Johnson en 1999 et Lebron James encore Ă  Cleveland en 2007 avec des coĂ©quipiers Ă  -0,2. A titre de comparaison l’équipe de Golden State Warriors en 2015 est la 14e Ă©quipe la plus talentueuse Ă  ĂŞtre en finale, au cours des ces 30 dernières annĂ©es, avec un total de +11.  Kobe lui a hĂ©ritĂ© des 15e et 18e meilleurs « supporting cast » en 2009 et 2010 avec les Lakers. Michael Jordan a eu l’équipe la plus talentueuse avec +14,6 en 1996 et les 3 des 6 meilleurs supporting cast, durant cette pĂ©riode.

Avec la blessure de Kevin Love, et les pĂ©pins physiques de Kyrie Irving, les stats de Lebron James au cours des playoffs 2015 sont de plus en plus rĂ©vĂ©latrices de son poids Ă©norme dans les rĂ©sultats de son équipe, et elles confirment celle de la stat Lenovo (+/-). Car en inscrivant 27,2% des points de son Ă©quipe et en ajoutant les 38,2% des points qu’il fait marquer Ă  ses coĂ©quipiers, suite Ă  des passes dĂ©cisives, Lebron est impliquĂ© directement sur 65,4% des points de Cleveland après 14 matches. On n’y ajoute mĂŞme pas, les rebonds, les contres, les ballons volĂ©s, etc. Ce qui est Ă©norme ! Dès ce jeudi, Lebron dĂ©butera la finale contre l’actuel MVP de la NBA, le futur meilleur tireur Ă  3 points dans l’histoire de la ligue (s’il ne l’est pas dĂ©jĂ ) ; un joueur qui lie spectacle et efficacitĂ©, adresse et rapiditĂ©, une futur lĂ©gende. Il sera accompagnĂ© de la meilleure Ă©quipe de la saison, qui n’a perdu que 3 fois Ă  domicile en 49 rencontres dont une seule dĂ©faite en playoffs sur 8 matches.  L’Oracle Arena  est par consĂ©quent une vĂ©ritable forteresse, et Lebron et Cleveland devront au moins gagner un match pour espĂ©rer remporter la finale.

A vaincre sans pĂ©ril, on triomphe sans gloire ! Si Lebron arrive Ă  franchir cette rude Ă©preuve, en tirant son Ă©quipe vers la victoire comme il l’a fait durant tous les playoffs, tout en Ă©tant très dominant; s’il gagne cette finale pour la ville de Cleveland privĂ© de titre sportif majeur professionnel depuis plusieurs dĂ©cennies; s’il permet aux Cavaliers de remporter leur premier trophĂ©e en NBA; s’il arrive Ă  gagner avec un effectif diminuĂ© par les blessures de ses 2 meilleurs coĂ©quipiers, contre une Ă©quipe qui a gagnĂ© plus de 65 matches en saison rĂ©gulière (les 13 Ă©quipes ayant compilé 65 victoires au moins sur une saison, qui ont Ă©tĂ© en finale NBA la mĂŞme annĂ©e, ont toutes remportĂ© le titre)  alors King James sera sur une voie royale pour atteindre son objectif. Et, sa principale fiertĂ© serait de voir son effigie au Mont Rushmore et son nom faire l’unanimitĂ© parmi les 4 meilleurs joueurs de l’histoire de la NBA.

Paul Junior Prudent / Twitter: @paul_prudent

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Paul Junior PRUDENT
Je suis diplômé en Droit et étudiant en Communication Sociale. Je suis un amoureux fou du sport, passionné de la lecture et de l’écriture. Journaliste et commentateur sportif, j’anime l’émission Sportmania sur Radio Ibo.

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