POLITIQUE

Contre l’extradition de Guy Philippe ? Bien. Mais étiez-vous opposés au départ d’Aristide ?

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Il n’est aucunement un secret que l’impérialisme outre politique, économique et culturel se veut être judiciaire. À rappeler que Manuel Noriega au Panama a été renversé puis emprisonné à Miami, et que la Colombie à l’ère de Pablo ainsi que le Mexique au temps de ses cartels ont été amenés à autoriser la présence de la Drug Enforcement Agency (DEA)  sur leurs sols et à signer chacun un traité visant à extrader les narcos et les sicaires vers la République étoilée.

Haïti en ce sens n’est pas moins épargné. Suite aux remous provoqués par l’arrestation de Guy Philippe, il est bruit dans certains milieux que le Ministre de la Justice Camille Édouard Junior et le Premier-ministre Enex E. Jean-Charles, tous deux autorités suprêmes du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), n’auraient pas signé les documents permettant de remettre l’ancien commissaire de police accusé de trafic de stupéfiants et de crime financier aux fédéraux américains. Si  cette information se trouve avérée, cela reviendrait à dire qu’il y eut  une discussion suivie d’un probable désaccord entre des représentants des deux pays.

Conséquemment, les États-Unis, loin de procéder à la subversion et à l’utilisation du Hard Power comme ça a été le cas en 2004 contre Aristide, ont donc eu recours à l’instrumentalisation et à l’usage du Smart Power en alliant accord diplomatique, influence et liberté d’action sur le terrain pour capturer celui qui avant a collaboré avec eux.

Que faire dans ce cas? Se plaindre? Du tout pas. Que faire encore une fois ? Les leaders et les dirigeants politiques doivent s’armer de courage, s’entendre et s’unir pour dire non quand c’est inacceptable. Non au renversement et à l’exil, non à l’extradition, non à tout accord asymétrique et sans exigences réciproques. Non aussi à toute forme de nationalisme reflétant un deux poids deux mesures; cela dit, au nationalisme hypocrite, faux-fuyant, futile, et clanique. Avant même de sonner par fanatisme le tocsin sur les médias (radio et réseaux sociaux), et de rédiger à la vitesse éclaire un livre au titre sensationnel, nous devrions tous ensemble crier : « NON ! ». Non à nos turpitudes, nos incessantes querelles intestines et nos fréquents appels à l’arbitrage international. Les jeunes quant à eux doivent continuer à se former, à apprendre des erreurs du passé, et à s’impliquer dans le combat pour l’émergence de nouvelles idées.

Après avoir compris, il faut agir, disait Serge Tchakothine. Et il n’est que de cette façon… par l’action juste, réfléchie et soutenue qu’on pourrait atténuer jusqu’à faire disparaître toute forme de domination ou de diktat venant de l’étranger. Intrépidement, il faut lutter. Car seule la lutte paie, ont fini par comprendre tous ceux qui se battent pour le changement. Il ne s’agit pas de prendre les armes, mais de se questionner et d’interroger.

Négocier équitablement? Toujours! Se soumettre après épuisement? Parfois! Courber l’échine sous un mot d’ordre? Jamais! Telle devrait être la ligne à suivre du moment qu’elle va dans le sens des intérêts de la nation.

Ricardo Germain

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Ricardo Germain
Ricardo Germain, connu également sous le pseudonyme L’Homme A la Plume Rouge, est né un 4 décembre à Port-au-Prince et a effectué des études en Sciences Politiques et Relations Internationales. Après avoir travaillé sous contrat à terme à Anselme’s Acounting Services, au MTPTC, puis à Solutions S.A, il offre actuellement son service à une institution regalienne de l'Etat. Pour qui veut rentrer en contact avec lui, ces adresses sont donc disponibles: ge.ricardo@live.com / ge.ricardo3@gmail.com - ou sur Twitter au compte de @Ricardo_Germain.

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