POLITIQUE

Combien coûte un ministre à la République ?

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Salaire, frais d’installation, crédits téléphoniques, cartes de débit, primes et autres avantages… les ministres pèsent lourd au trésor public

« Un ministre n’est pas un fonctionnaire de l’État qui subit un concours et tend à faire carrière au sein de l’administration politique. C’est un personnage politique qui assure une fonction au cours d’une période donnée », assure d’emblée un cadre de l’administration publique à Ayibopost qui a demandé l’anonymat pour se protéger des représailles.

Pour être nommé ministre, le citoyen haïtien âgé de 30 ans au moins doit, selon la Constitution : administrer la preuve d’avoir répondu à l’ensemble de ses obligations en tant que citoyen fiscalement domicilié en Haïti.

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Il doit également posséder des biens immobiliers pouvant garantir et protéger l’État et ne détenir aucune autre nationalité au moment de la nomination ; jouir de ses droits civils et politiques et n’avoir pas été condamné à une peine afflictive et infamante ; avoir reçu décharge de sa gestion s’il a été comptable des deniers publics.

Ceci offre aux responsables politiques l’opportunité de nommer presque n’importe qui à cette position hautement lucrative. « C’est un poste que l’on obtient grâce à son amitié avec le président de la République ou sous la référence d’un cadre politique, confirme notre source. Ces jours-ci, la fonction de ministre est devenue un poste de négociation entre les acteurs politiques. »

Avantages et privilèges du ministre

Pour son installation, le ministre reçoit des frais d’installation de 2 000 dollars américains. « Ce montant devrait lui permettre d’acquérir souliers, costumes et de meubler sa maison puisqu’il aura à recevoir des gens au cours de son exercice de fonction », selon le fonctionnaire interrogé.

Le salaire mensuel d’un ministre est de 121 000 gourdes brut. Mais après avoir prélevé les taxes, il lui reste une valeur de 80 500 gourdes. « C’est le même salaire que perçoit un sénateur de la République », poursuit la source.

Le salaire mensuel d’un ministre est de 121 000 gourdes brut.

Lorsqu’il quitte le gouvernement, le ministre n’obtient pas de pension contrairement à ce que l’on croit. Cependant, il perçoit une indemnité de séparation « qui équivaut aux 6 mois de son salaire. » De ce fait, le ministre devrait toucher 721 000 gourdes.

D’autres sommes importantes

Les frais de fonctionnement du ministre, cartes de téléphone, frais de carburant, frais pour son cabinet et son secrétariat sont à la charge des comptables publics selon ce que prévoit la loi de finances. Le budget d’un ministère varie selon son degré d’importance dans la feuille de route du gouvernement.

« Une carte débit est aussi émise à la faveur du ministre et des fonctionnaires de l’administration publique. Cependant, c’est au ministre de déterminer le renflouement de son compte suivant le budget du ministère. Certains reçoivent jusqu’à 300 000 gourdes tous les mois », révèle notre source.

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Par ailleurs, l’État octroie au ministre une deuxième résidence au prix de 4 000 dollars américains. Avant l’investiture de Jovenel Moïse au pouvoir, ces frais étaient de 2 500 dollars.

« Le ministre a également droit à deux voitures, deux chauffeurs et jusqu’à 4 agents de sécurité selon l’importance de son ministère. Le ministre des Finances qui est, lui, le grand argentier peut avoir jusqu’à 4 voitures », toujours selon le fonctionnaire de l’administration publique.

L’État octroie au ministre une deuxième résidence au prix de 4 000 dollars américains. Avant l’investiture de Jovenel Moïse au pouvoir, ces frais étaient de 2 500 dollars.

L’arrêté du 3 avril 2017

Le 3 avril 2017, soit deux mois après son investiture au pouvoir, Jovenel Moïse publie un arrêté relatif au train de vie de l’État. L’objectif était de mettre un terme aux excès et aux irrégularités concernant la gestion des équipements, les per diem pour les voyages, les exonérations et autres avantages accordés aux cadres de l’État.

L’article 39 dispose que « tous les représentants et les grands commis de l’État en mission officielle, à la charge du Trésor public, ne voyageront qu’en classe économique. »

S’ensuit l’article 40 sur la réglementation des barèmes sur les « Per diem » qui précise que « tous les barèmes des allocations journalières (per diem) de l’Administration de l’État pour les voyages à l’extérieur seront publiés chaque année ainsi que la méthode de calcul utilisée pour déterminer ces barèmes. »

Selon ce que précise l’article, cette mesure « portera notamment et sans s’y limiter aux allocations journalières du Président, du Premier ministre, des sénateurs et députés, des fonctionnaires et cadres des ministères et organismes autonomes ainsi que ceux de la Banque de la République d’Haïti (BRH). »

Les articles de cet arrêté qui devait donc mettre fin à ces dispendieuses dépenses n’ont jamais été respectés dans l’ensemble des ministères.

Les articles de cet arrêté qui devait donc mettre fin à ces dispendieuses dépenses n’ont jamais été respectés dans l’ensemble des ministères puisque les autorités n’ont jamais procédé aux suites correspondantes selon plusieurs sources consultées.

En plus, ils ne concernaient pas les ministres qui ne sont pas considérés comme fonctionnaires de l’État. « L’ensemble de ces articles, affirme l’une de nos sources, ne visaient pas plus haut que les directeurs généraux des ministères. »

Commentaires

Hadson Archange ALBERT
Communicateur, Journaliste.

    Kisa sèvo machin lan ye egzakteman ?

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    Rezososyo ap demantibile lang kreyòl la. An menm tan, se yon bèl opòtinite.

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