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Pourquoi est-ce si difficile d’obtenir du sang en Haïti ?

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Nombreux sont les gens qui meurent faute d’avoir trouvé à temps le sang nécessaire pour être secouru. La Croix-Rouge haïtienne s’avère, jusqu’à maintenant, incapable de répondre à ce besoin quotidiennement urgent. Les pochettes de sang, quoique gratuites, ne sont pas en quantité suffisante pour desservir tous les patients dans le besoin.

Plus de 15 personnes s’agglutinent mardi 29 janvier 2019 dans les locaux du Centre National de Transfusion sanguine (CNTS à Turgeau. Au sein de cet organe déconcentré de la Croix-Rouge haïtienne, des demandeurs individuels assis à l’entrée attendent avec impatience les pochettes de sang disponibles pour pouvoir secourir leurs proches malades.

Une offre très inférieure à la demande

« Vu les urgences à gérer dans les cas d’insuffisances rénales, de maternité et de personnes atteintes de projectiles, la banque de sang du CNTS n’est pas assez renflouée », estime Marie Michelle Dorceus Rock, médecin au CNTS. Si les donneurs se font rares, la demande quotidienne ne tarit pas : elle se situe entre 65 à 70 pochettes de sang par jour, précise la spécialiste.

 « Pour desservir la population haïtienne, en 2018, le CNTS avait besoin de 55,000 pochettes de sang », relate Périclès Jean Baptiste, chargé de communication et coordonnateur de projet à la Croix-Rouge haïtienne. L’institution, sous tutelle de la Croix-Rouge, n’a recueilli que 25,000 pochettes au total. Ce qui a ralenti le service et empêché la satisfaction de toutes les demandes quotidiennes.

Une seule institution de collecte pour tout le pays

Le manque criant de donneurs de sang volontaires est la principale difficulté du CNRS. Les ruptures de stock constantes poussent les médecins à exiger que la famille d’un malade amène un donneur afin de préserver la quantité minimale du stock disponible. L’institution est la seule en Haïti à œuvrer sur tout le territoire national dans la collecte et la distribution.

Ainsi, l’ultime casse-tête d’un patient consiste à ne pas trouver du sang au CTNS, soit par indisponibilité du groupe sanguin demandé ou rupture de stock.

« Les cas de mort enregistrés à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) faute de sang sont devenus monnaie courante», révèle un médecin résident qui travaille à la chirurgie générale de l’institution. Ce médecin qui requiert l’anonymat parce qu’il n’est pas autorisé à prendre la parole au nom de l’HUEH se dit indigné des travers de la distribution du sang en Haïti. Il dénonce : « L’accointance de certains patients leur favorise en priorité un meilleur accès ».

En outre, le sang disponible n’est pas toujours compatible avec celui du malade relève le médecin. « Cette situation expose la survie du patient dans une attente, souvent sans fin ». Pour pallier ces problèmes, il propose la réinsertion du CNTS dans l’enceinte de l’HUEH. Selon lui, cela permettrait de diminuer le risque de mort des patients en besoin de sang lors des cas d’extrême urgence.

Le CNTS n’a pas de budget

« La meilleure façon d’améliorer [le problème de disponibilité] serait de développer une culture du don de sang au niveau de la population afin d’augmenter le nombre de dons et récolter la quantité de sang nécessaire à tous les malades », estime Périclès Jean Baptiste. Or, le CNTS, inadéquatement soutenu par le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) ou par l’Etat central, fonctionne sans aucun budget ni fonds alloués pour ses opérations, regrette le communicant.

Emmanuel Moïse Yves

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Emmanuel Moïse Yves
Journaliste à AyiboPost. Étudiant en communication sociale. Je pratique le journalisme pour le rendre utile à la communauté.

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