CULTUREEN UNESOCIÉTÉ

Memoires…

1

Nos esprits d’adolescents ont attendu avec euphorie le printemps de nos 18 ans. L’âge où l’on se croit tout permis. Majeurs et vaccinés comme nous nous plaisons à le crier au monde, nous voulons partir à la conquête de l’univers. Derrière nous les longues années du secondaire, avec toujours sur le dos les parents qui nous réprimandent pour de meilleures notes. Nous voulons nous affirmer, prendre des décisions que nous croyons importantes pour notre avenir. Foutaises, ce n’est que la fièvre de l’admission à l’université. La vie se chargera de nous apprendre quelques rudiments et de nous assagir sinon nous brûler les ailes.

Trop vite arrive la tranche de la vingtaine. En un clin d’œil nous voilà obligés de prendre la relève des parents. A moi ! A moi ! Nous cherchons à fuir cette réalité qui nous attend au prochain tournant de la route. Nous ne voulons pas nous affubler de toute cette responsabilité. Rien qu’en y pensant, nos pouls s’accélèrent. Nous aspirions juste à être libres de nos choix sans avoir à suivre les ordres mais ne souhaitions pas avoir à nous creuser les méninges pour solutionner des problèmes de vieux. C’est donc cela qui les rendent parfois si acariâtres. Les soucis de cette vie, le bien-être à assurer aux ingrats, et rebelles que nous sommes.

Les filles doivent au plus vite trouver preneurs pour fonder un foyer. Si elles restent trop longtemps sur le marché elles deviennent un poids lourd. Les garçons veulent encore jouir de leur liberté, ils ont peur de s’aventurer et surtout de faire un choix regrettable.La débauche sociale leur fait perdre toute confiance en la bonne foi des jeunes filles et vice versa. Chat échaudé craint l’eau froide, tout le monde est sur ses gardes quand il s’agit de choses plus sérieuses. Nous ne voulons pas nous tromper. Et bing ! Voila le Tic Tac de l’horloge qui nous rappelle à nos devoirs. Il chante la trentaine. Nous essayons d’évaluer le concret depuis l’accomplissement de ces 18 ans juvéniles mais c’est flou. Le temps nous rattrape, nous pressure, nous bouscule. Comme un orage qui nous aurait surpris et contre lequel nous voudrions nous battre mais nous sommes bien trop faibles contre un tel déchainement de la nature. Le temps perdu ne se rattrape jamais.

Nous nous mettons à nous remémorer les années de la fraiche adolescence. Ces années de l’insouciance, où les parents se chargeaient de tout quand nous gardions nos esprits rêveurs et vagabonds. Nous nous rappellons combien belles elles étaient.

Nous n’avions pas compris cette liberté dont nous bénéficions, nous aspirions à une autre dont nous ignorions les enjeux et dont les démêles allaient nous laisser trop souvent perplexes.

Nous croyons toujours pouvoir voler de nos propres ailes quand nous sommes encore au chaud dans le nid maternel mais une fois au pied du mur, c’est l’incertitude qui règne. Nous ne voulons plus grandir, nous voulons rester blottis au sein du cocon familial pour fuir des obligations peremptoires…

 

Renée Vancie Manigat

Commentaires

Cette forme d’esclavage maintenue par les anciens colonisés

Previous article

Chéri, je ne veux plus de tes cadeaux pour la fête des mères

Next article

1 Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

#ReteBranche : Pour ne rien rater, inscrivez-vous à la lettre Ayibopost