SOCIÉTÉ

Guy Etienne : Les examens officiels sont la « porte de sortie des élèves »

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Le Ministère de l’Education Nationale met le cap sur l’organisation des examens officiels. Ne pas les réaliser serait catastrophique répondent élèves et responsables d’écoles.

Plusieurs écoles du pays ont fermé leurs portes prématurément face à la crise politique qui sévit dans le pays. Les appels à annuler les examens officiels fusent mais le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) maintient les dates retenues pour les épreuves. Environ 240 000 candidats sont attendus ce lundi 24 juin aux examens de la 9e année fondamentale.

On ne devrait pas hypothéquer l’avenir des jeunes

Pour, Guy Etienne, directeur du Collège Catts Pressoir, l’idée d’une l’annulation des examens officiels ne devrait pas être évoquée par les responsables. « Ces examens sont considérés comme la porte de sortie des élèves vers de nouvel horizon. Leur report impliquera la non-admission de certains bacheliers dans des universités étrangères, faute de diplôme ». Le responsable de l’un des établissements scolaires les plus innovants du pays invite tous les secteurs de la vie nationale à faire un dépassement de soi afin de permettre aux enfants de subir correctement les épreuves.

Selon Nicolas Mathurin, directeur du lycée Alexandre Pétion, ne pas organiser les examens officiels équivaut à ne pas boucler l’année académique. « On ne devrait pas hypothéquer l’avenir de ces jeunes. L’éducation constitue leur développement humain et social».

Les élèves exigent la réalisation des épreuves

Malgré la situation, les élèves, quant à eux, ne veulent pas louper leur participation aux examens. Edwidge Bazile et Jean Donald Joseph sont des bacheliers en classe de 9ème année fondamentale respectivement au collège Evangélique le grand et au Centre d’éducation Pédagogique Sapiens. Ils pensent que leur réussite future est suspendue au bon déroulé de l’exercice. Pour eux, l’éducation demeure « l’unique moyen de réussir leur vie. »

L’idée de ne pas passer les examens à temps tourmente Zeroberto Louis. « Le génie civil et les sciences économiques sont mes options préférées. Comment penser m’inscrire sans passer par ces examens dont les diplômes sont d’une importance majeure ? », se demande l’élève en classe terminale au Collège Jean XXIII. 

Des examens sous sécurité renforcée

Au niveau de l’État, certaines dispositions ont été adopté pour le bon déroulement des examens. Paul Eronce Villard, commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, a fait savoir lors d’une conférence de presse vendredi 21 juin, qu’au moins trois véhicules du parquet vont sillonner en permanence toutes les zones où les épreuves se tiendront dans la zone métropolitaine. Il a également annoncé qu’un véhicule de police sera placé à l’entrée de chaque centre d’examen pour assurer la sécurité.

Lors d’une conférence de presse organisée la semaine dernière, Pierre Agénor Cadet, ministre de l’éducation, a interpellé la conscience de ceux qui nourrissent l’intention d’empêcher la tenue des examens. Ils les invitent à penser au mal qu’ils pourraient faire endurer aux élèves, aux parents et aux acteurs pédagogiques qui se sont dépensés pour mener à terme l’année scolaire. « Il sera inacceptable de bloquer l’organisation des examens tant qu’elles sont d’une importance cruciale pour tous les acteurs concernés, et globalement pour l’école haïtienne » avait-il dit. 

Une année scolaire en dent de scie

L’année académique 2018-2019 a été interrompue à plusieurs reprises par des protestations, dont ceux du 18 novembre 2018 et du 7 février 2019. Depuis la publication du second rapport d’audit sur le fonds Petro Caribe, les vagues de protestations contre la corruption se sont multipliés. Les protestataires réclament la démission du président Jovenel Moïse. Pour y arriver, ils ont décidé de tenir en haleine leurs revendications à travers les rues. Ce qui fragilise la tenue les examens officiels.

Certains élèves interviewés pensent que le port des uniformes, habituellement recommandés par le MENFP, ne devrait pas être exigé cette année afin d’éviter leur exposition aux violences de certains protestataires.

Calendrier des examens

Les dates suivantes sont maintenues pour l’ensemble les examens officiels cette année.

Du 24 au 26 juin 2019, les épreuves de 9e année fondamentale prendront place. Elles seront suivies par les examens des écoles normales d’instituteurs (ENI) du 24 au 28 juin 2019. Les centres d’éducation familiale (CEF) passeront les tests du 24 au 28 juin 2019. Les examens des fins d’Études secondaires prendont place du 8 au 12 juillet 2019. La 2e session des recalés du Bac à partir du 8 au 12 Juillet 2019 et les examens pour la Formation technique et professionnelle (FTP) du 30 juillet au 3 août 2019.

Journaliste à AyiboPost. Communicateur social. Je suis un passionnné de l'histoire, plus particulièrement celle d'Haïti. Ma plume reste à votre disposition puisque je pratique le journalisme pour le rendre utile à la communauté.

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