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Existe-t-il des essais de vaccins contre le Coronavirus en Haïti ?

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Des rumeurs assurent que des essais de vaccination contre le Covid-19 sont en cours dans le pays. Les experts démentent et assurent qu’il n’y a aucune « phobie du vaccin » dans les hôpitaux.

Des patients haïtiens refuseraient de se faire vacciner pendant la période de coronavirus. La plupart d’entre eux craignent de se faire tester à un éventuel candidat-vaccin qui serait en essai pour le Covid-19 dans les centres hospitaliers du pays.

C’est ce que croit Garry Jeanty. Cet originaire de la commune de Carrefour se dit réticent face aux vaccins durant ces jours. Il affirme avoir refusé de se faire vacciner début juillet au centre hospitalier de Diquini. « Je me suis rendu à l’hôpital pour effectuer un test médical pour le coronavirus, car on me l’a exigé pour pouvoir postuler à un poste de barman à Kaliko beach club », dit-il.

À son arrivée, il s’est dit surpris qu’on lui ait proposé de recevoir une dose de vaccin. « Je n’ai pas voulu, assure-t-il. Je ne vais pas me faire vacciner durant cette période de coronavirus. Les déclarations sont nombreuses sur les réseaux sociaux sur l’utilisation d’un vaccin en essai pour la maladie dans les hôpitaux ».

Finalement, Garry Jeanty est parti après avoir découvert que l’hôpital Diquini ne réalisait que des tests sérologiques. Celui-ci se fait à partir du prélèvement de sang des patients et diffère des prélèvements nasaux réalisés dans les tests PCR (Polymérase Chain Reaction) jusqu’ici autorisés en Haïti.

Aucun refus de vaccination

En Haïti, le focus vaccinal est mis sur les femmes enceintes et les enfants de 0 à 11 mois, de 12 à 23 mois, fait savoir Paule-Andrée Byron-Louis, responsable de l’unité de Coordination Nationale du Programme de Vaccination au sein du MSPP.

Même si des hôpitaux estiment qu’il y a une baisse considérable de patients, lors du pic de l’épidémie du coronavirus enregistré durant les mois passés, ils ne reportent pas des cas de patients qui refusent de se faire vacciner.

Evans Vladimir Larsen est gynécologue. Il dit n’avoir pas recensé de patients hostiles à la vaccination dans sa clinique. « Au contraire certains viennent pour se faire vacciner pour leur grossesse. Ces gens n’ont pas d’objections à la vaccination », affirme Larsen. Ce gynécologue n’écarte pas les possibilités que d’autres personnes présentent des résistances par rapport au vaccin durant la pandémie coronavirus.

Pour sa part, l’infirmière en cheffe de la pédiatrie de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), Eunice Alcindor, dit n’être pas au courant que des gens résistent au vaccin à l’hôpital général à cause des préconçues liés à des vaccins pour le covid-19.

« Les vaccins administrés aux enfants sont les mêmes. Ce sont des vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la pneumonie, entre autres. Un parent n’ayant pas bien compris le processus de vaccination peut manifester certaines inquiétudes au début, mais cela n’a aucun rapport avec le coronavirus », explique longuement l’infirmière Alcindor.

Les constats ont été les mêmes au point de prestation de services de vaccination dans le centre de Portail Léogane. « Je n’ai pas de phobie pour les vaccinations. Bien avant le coronavirus, j’avais l’habitude de vacciner mon enfant et rien n’a changé dans le processus jusqu’à date », confie Fanara Dieujuste, mère d’une fillette de 9 mois, rencontrée dans cet hôpital.

Aucun essai de vaccin en Haïti

Franck Geneus, directeur de l’hôpital de Diquini confirme qu’il n’y a pas de vaccins contre le virus administrés à son hôpital. « Nous n’avons pas de programme de vaccination pour adultes, assure-t-il. Les vaccinations actuelles concernent les enfants et les différentes doses font partie du programme de vaccination élargie. »

Dans le cas du nouveau coronavirus, il n’existe pas encore de vaccin officiel à l’échelle mondiale pour son traitement, assure pour sa part le docteur Lauré Adrien, directeur général du Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP). « À ma connaissance, il n’y a aucun essai vaccinal dans le pays pour le coronavirus. Haïti ne se souscrit pas à cette logique d’essai clinique de vaccination », certifie Lauré Adrien.

Selon les spécialistes, ce sont les rumeurs qui pourraient causer ce refus. C’est ce que pense l’épidémiologiste Jean Hugues Henrys. D’après lui, ces rumeurs font croire que le coronavirus augmente le risque de « se faire vacciner à son insu, et du coup, mourir empoisonné sur un lit d’hôpital ».

Le programme persiste

Le processus de vaccination est réalisé pour protéger (les enfants) contre certaines maladies. « Les maladies comme la diphtérie, la pneumonie sont des tueuses d’enfants, d’autres peuvent causer des handicaps (Polio) », affirme Paule-Andrée Byron-Louis.

À cet effet, les vaccins étaient maintenus dans les hôpitaux du pays même durant la montée fulgurante des cas de coronavirus en Haïti.

Le centre hospitalier de Carrefour, par exemple, avait limité les déplacements de son service de vaccination sauf pour des campagnes en pleine rue. Mais le service était maintenu dans le centre pour les parents qui veulent faire vacciner leurs enfants, selon le docteur Franck Généus.

N’importe quelle personne peut recevoir une vaccination de la part d’un médecin dépendant de son affection ou des symptômes présentés.

Des réactions sur les réseaux sociaux

La méfiance de la plupart des gens à se faire vacciner survient suite à la publication d’une séquence de vidéo diffusée sur la chaîne française LCI.

Les paroles de cette émission ont été publiées en boucle à travers des reportages sur d’autres médias français présents également sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter.

Jean-Paul Mira, chef de la réanimation d’un hôpital à Paris, avait suggéré dans ses propos que des études (des essais cliniques de vaccination) soient réalisées en Afrique vu « qu’il n’existe pas de masques ni de services de réanimation sur ce continent. »

Sa déclaration a soulevé une vague de réactions sur les médias sociaux. Des personnalités se sont indignées en faisant remarquer que l’Afrique n’était pas un laboratoire pour l’Europe.

Emmanuel Moïse Yves

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Emmanuel Moïse Yves
Journaliste à AyiboPost. Étudiant en communication sociale. Je pratique le journalisme pour le rendre utile à la communauté.

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