POLITIQUE

Chita Pale | « À l’arrivée de PHTK au pouvoir, il n’y avait pas de zone de non-droit », Réginald Boulos

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Le leader du Mouvement pour la Transformation et la valorisation d’Haïti (MTV) était de passage à Chita pale avèk AyiboPost. Extraits choisis de cette discussion

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« Le mouvement de la troisième voie, c’est un slogan, ce n’est pas un nom. La troisième voie est une idéologie politique qui date de la fin des années 1800. MTV c’est le mouvement pour la transformation et la valorisation d’Haïti. »

« Il est difficile de pouvoir dire sans qu’il y ait eu une enquête, qui est responsable de l’incident survenu à la Universal Motors. Mais ce que je peux dire, ce sont les faits. Beaucoup d’employés sont choqués, l’immeuble a été vandalisé. Je ne peux pas identifier les coupables, mais il y a une responsabilité morale. L’état est censé nous garantir la sécurité. »

« Le 6 janvier dernier au Capitole, on ne peut pas dire que Trump a commandité ce qui s’est passé. Mais le discours insinuant qu’il a eu lui a valu la responsabilité de cet incident. Il en est de même pour le président Jovenel Moïse. Il a la responsabilité morale de ce qui s’est passé. C’est bien lui qui a demandé de suivre son regard. Et c’est encore lui qui avait dit qu’il allait taper la main d’un citoyen. Il a été aussi celui qui a insinué que les accidents pouvaient arriver. »

« Je ne prends pas au sérieux le communiqué de la police nationale faisant croire qu’un policier aurait trouvé la mort lors de cet incident. Il n’y a pas eu de mort à la Universal Motors. Il y a eu en effet une rafale de cartouches du côté de l’Auto Plaza. Mais l’Auto Plaza est à environ 600 mètres. Je nie que des membres du gang Simon Pelé aient pu porter secours à la Universal Motors.  Je pense que ceux qui ont perpétré cette attaque pensent qu’il y a des armes au sein de la Universal Motors. Mais en réalité, il n’y a même pas un neuf millimètres à l’intérieur. »

« L’analyse que je fais de cet incident est la suivante. Ceux qui sont derrière tout ça pensent que j’étais en possession d’armes et que j’aurais répliqué. Mais cela n’a pas été le cas. Alors ils ont inventé cette histoire de policier assassinée. Bien entendu, ce n’est qu’une analyse et je n’ai pas de preuves. Mais écoutez, je n’aurai pas cherché à me mettre des morts sur la conscience. Je suis un homme politique qui aspire à jouer un rôle dans son pays. Je ne suis pas aussi dupe, je ne suis pas aussi imbécile. »

« Je ne traite pas avec les bandits. La police me doit la sécurité. Si aujourd’hui je demande aux bandits de protéger mes entreprises, que vais-je dire aux gens lorsque je serai président d’Haïti ? Je ne le ferai pas. »

« Je ne suis pas là pour juger les gens ni mener des enquêtes sur les gens, lorsque j’ai eu à donner à Jimmy Cherisier trois motocyclettes pour le ramassage des ordures, c’est à un policier et non à un bandit que je les ai donnés. C’est la même chose dans le cas de Ti-Hougan que je n’ai d’ailleurs jamais rencontré de ma vie. J’ai reçu une lettre de la fondation Sabatem qui m’a demandé des bourses scolaires, puis des cahiers en septembre. En juillet, il m’a demandé de supporter un championnat ti-sourit. C’est une organisation reconnue par le ministère des Affaires sociales. »

« Je ne suis pas responsable si quelqu’un est un bandit. J’aspire à avoir un poste politique dans ce pays. Lorsque ce sera fait, je serai responsable de ce qui se passera. J’avais voté quelqu’un, qui avait mandat pour assumer la responsabilité de ce qui se passe. Ce qu’on demande à un entrepreneur, c’est de payer ses taxes et de créer du travail. Le reste n’est pas de sa responsabilité. »

« Je ne défends aucun bandit. Mais, quelque part, nous sommes responsables qu’il y ait des bandits dans ce pays. Ce sont les conditions socio-économiques existant à l’intérieur de Cité Soleil, la Saline, Village de Dieu, qui obligent des jeunes garçons de peut-être quatorze à quinze ans à prendre les armes. Nous ne pouvons les offrir une alternative. Il faut qu’en échange des armes nous offrons les armes de l’éducation, de la santé, du travail. »

« Je pense que c’est à la société de répondre à la question si les bandits doivent payer les crimes qu’ils ont commis et comment. A un moment, il faut qu’il y ait un dialogue national. Un vrai dialogue social, économique et politique. Et le moment venu, il faudra que cette question soit posée. En attendant, nous respectons la loi. »

« Le Salvador a eu une guerre civile de 25 ans. Près de 25 000 personnes ont trouvé la mort. Et quand ils ont fait la paix, ce sont les chefs de l’insurrection qui ont reçu la capacité de devenir députés et sénateurs. Quelque part, il faut faire l’analyse du côté inhumain de la société. »

« Au Village de Dieu aujourd’hui, ce ne sont pas les différentes opérations qui vont changer la donne. D’abord, il faut que la police occupe la zone. En 2006, Cité Soleil était une zone de non-droit. En 2009, tout le monde pouvait aller et venir à Cité soleil comme bon lui semble. Il y avait un programme de réinsertion. Des bandits sont morts, mais il faut le dire, on avait pacifié le pays. »

« À l’arrivée de PHTK au pouvoir, il n’y avait pas de zone de non-droit, le président Préval et la MINUSTAH ont travaillé à pacifier le pays. Il y a eu des bévues, mais le résultat était là. Puis de 2012 à 2016, des gens ont dénoncé l’achat massif d’armes. En 2017 je crois, Gédéon a intercepté dix conteneurs dont il était persuadé qu’ils étaient remplis d’armes. Mais il avait reçu l’ordre de les libérer. »

« Lorsque dans un pays la CNDDR dit qu’il y 400 000 armes dans le pays, la police dit qu’il y a 600 000, si un travail de désarmement n’est pas fait, nous n’arriverons à rien. Le désarmement doit coupler avec des activités économiques créant du travail. Beaucoup de jeunes haïtiens, dans les bidonvilles, ont de bonnes idées. Ils ne rêvent pas de devenir des bandits. »

« Ce ne sont pas seulement les bandits qu’il faut prendre en considération. Prenons le cas de ceux qui ne paient jamais de taxes. Je ne peux pas dire qu’ils commettent un crime, mais ils sont responsables du manque de revenus de l’État, et de son incapacité à fournir des services. »

« Chaque fois qu’un entrepreneur veut entrer dans la chose politique, on lui court après. Olivier Nadal a été exilé et n’est jamais revenu en Haïti. Les oligarques politiques ne veulent pas perdre ce monopole. À l’intérieur du parlement il n’y a pas de bourgeois, il n’y a pas d’hommes du secteur privé, mais de jeunes garçons qui ont été des militants, puis arrivés au parlement se sont enrichis en trois jours. »

« Pourquoi on n’a pas questionné Fidel Castro et ses actions ? Pourquoi on n’a pas questionné Donald Trump ? Pourquoi on n’a pas questionné [Luis] Abinader ? Le fait d’être dans un système ne veut pas dire qu’on ne veut pas changer de système. La plus grande erreur que les Français ont faite est de ne pas collaborer avec Toussaint Louverture. Toussaint Louverture était un visionnaire. »

« Il y a une grande différence entre banque commerciale et banque de développement. Nous sommes dans l’ignorance et l’incompétence. Les gens qui veulent nous gérer ne réfléchissent pas de la meilleure des manières. Le Système de L’ONA en dit long. »

« Pendant 20 ans, en particulier pendant ces 10 dernières années, les réseaux sociaux ont été utilisés pour créer des images et je veux changer ces images. Non seulement dans la réalité, mais aussi dans la perception. Dans la réalité puisqu’il faut que tout le monde paie ses impôts. »

 « La majorité des cliniques privées, les ingénieurs ne paient pas d’impôts. Et ils sont là à critiquer le secteur privé. Mais qui est le secteur privé ? Ils prennent les noms de 25 commerçants connus et disent que ce sont eux le problème du pays. Ils participent au problème du pays, mais ne sont pas eux le problème du pays. »

« Je ne pense pas qu’on doive singulariser ou personnaliser, c’est un système qui doit être mis en place. Si la DGI veut faire son travail, ce ne sera pas quelque chose de difficile. Il n’aura qu’à comparer les déclarations d’achats aux bilans. Le MTV Haïti et Réginald Boulos ne vont pas personnaliser. C’est un système qui doit être remplacé. »

« La lutte doit être aveugle. La justice doit être aveugle. Dans sa présentation diffusée en direct depuis dimanche dernier, le président a avoué son envie d’être un dictateur. Il l’a montré quand il a dit que nous suivons une route qui n’était pas la bonne et qu’il nous en a écarté. »

« Je crois que nous avons un problème de couleur en Haïti. L’exclusion raciste, c’est dans tous les sens. J’entends beaucoup de gens dire qu’ils ne veulent pas de blanc comme président d’Haïti, c’est raciste. Moi, je ne suis pas un raciste. Je travaille avec des collaborateurs de couleurs, de tous les horizons. J’ai appuyé des entrepreneurs de toutes couleurs. Et je suis l’un des premiers à avoir dit qu’il faut un entrepreneuriat noir dans ce pays. »

« La plus grande exclusion qui se fait dans ce pays est celle du paysan haïtien. Alors qu’il est le grenier de ce pays. Il est là, il produit alors que nous ne le faisons pas. Il ne peut même pas s’acheter un moulin, vendre ses semences, trouver des accompagnements techniques. »

« Ce n’est pas un péché d’être riche, absolument pas. Le péché c’est de vouloir empêcher les autres d’être riches. Je n’ai jamais peur de dire que je me considère comme un riche dans ce pays, mais je voudrais qu’on ait beaucoup plus de riches, que tout le monde ait une opportunité d’être riche. »

« La constitution, c’est un mode de vie entre nous. Nous pouvons décider ensemble que nous voulons changer ce document, un contrat, c’est la loi des parties. La Constitution, c’est la loi des parties de la société haïtienne. Cette société peut décider qu’elle veut changer sa loi. C’est elle qui doit décider qu’elle veut changer ça. »

« Le 18 novembre 2018 a vu la plus grande manifestation jamais faite sur l’affaire Petrocaribe. Et je me suis demandé si le président allait finir son mandat. Je lui ai demandé un rendez-vous et suis allé chez lui. Je lui ai proposé de lancer lui-même la transition. Je lui ai dit : “Passons un accord avec toutes les forces de la société civile et les forces politiques pour faire une vraie transition incluant le dialogue national, la refonte de la constitution, le renvoi du parlement, tu vas perdre une partie de ton mandat”.

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