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15 raisons qui poussent l’Haïtien à se porter candidat

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Après l’expérience des élections présidentielles avec 54 candidats l’année dernière, une amie m’a demandé pourquoi on a autant de candidats ? Ainsi, j’ai essayé de trouver 15 raisons pour expliquer ce phénomène. Il y a surement d’autres. Les voici :

  1. Pour chasser l’ennui

Dans un pays où plus de 50% de la population active est au chômage, être candidat en train de mener campagne constitue en quelque sorte  une vraie occupation.

  1. Pour se positionner pour un emploi futur

Même quand on sait pertinemment qu’on ne va pas gagner les élections, mais être candidat augmente la chance d’être appelé par les prochains élus pour un poste nominatif.

  1. Pour rester en vie politiquement et avoir le droit aux éventuelles futures « négociations », alliances ou « partage de responsabilités»

Quand on est candidat, petit ou moyen, on peut au moins espérer d’être appelé à des tours de négociations de pouvoir, ou pour renforcer des alliances devant supporter d’autres candidats plus importants. Des « privilèges » qu’on n’aura pas si on n’est pas candidat.

  1. Pour recevoir l’appui financier du gouvernement, de quelques amis et certains mécènes du secteur privé

Selon la loi sur les partis politiques, l’Etat s’engage à offrir une subvention aux candidats pour leur campagne électorale. C’est une bonne raison pour certains citoyens de se faire inscrire pour un poste quelconque. En plus de cela, les amis et mécènes font très souvent des gestes de supports à leurs proches candidats. Donc avec des recettes plus élevées que les dépenses effectives, on aura fait une petite économie au nom des élections.

  1. Pour avoir le droit légitime aux espaces médiatiques

Certaines personnes n’auraient jamais droit à des interviews de grande écoute à la télévision ou la radio s’ils n’étaient pas candidats.

  1. Pour renforcer son CV

Avec une ligne de candidat à présidence, au sénat ou à la députation dans son CV, cela devrait avoir un impact plus important sur un potentiel employeur j’imagine. Peut-être pas. Mais c’est une perception.

  1. Pour éviter des poursuites judiciaires avec le fameux prétexte de « persécutions politiques »

Quand on est candidat, sauf en situation de flagrant délit, on ne peut pas être l’objet d’aucune poursuite judiciaire. Même après les élections, le concerné pourrait rapidement évoquer la fameuse « persécution politique ».

  1. Parce qu’il est trop facile de créer un parti politique

On aura toujours beaucoup de candidat parce qu’on a besoin seulement de 20 citoyens pour enregistrer un parti politique. Si la loi sur les partis avaient exigé 200 000, on ne saurait avoir autant de candidats.

  1. Parce qu’on confond popularité nationale et la popularité de quartier ou d’une salle de classe

Dès que 8 personnes de notre entourage nous font comprendre que nous sommes populaires, nous avons la grosse tête, et nous pensons à conquérir toute la république. « être connu » ne veut pas dire «être populaire».

     10. Parce qu’on a été choisi par un parti traditionnel qui ne rate jamais d’élections

Etre candidat par obligation parce qu’on est chef traditionnel et éternel d’un parti traditionnel, qui ne rate jamais les inscriptions électorales depuis la période post-Duvalier.

   11. Pour renforcer son réseau de relation et de pouvoir participer légitimement aux grandes réunions de candidats dans les grands hôtels de Port-au-Prince

Etre candidat ouvre la voie pour la participation dans des réunions au sommet qui sont des occasions de réseautage et de construction de relations politiques et amicales.

   12.  Parce qu’un certain « ami » «blanc » promet de donner un coup de main

On va aux élections très souvent parce qu’un certain protecteur blanc nous donne une certaine garantie, sachant que le blanc a l’habitude de décider à la place du vote populaire.

    13. Juste pour tenter sa chance, comme tout est « borlette » ici, rien n’est certain, rien n’est sûr et rien n’est impossible.

Rien à perdre. On tente sa chance. Tout est possible. Il faut oser. Il faut essayer. Qui sait ?

   14. Parce qu’on souffre d’une certaine maladie politique incurable et qu’on doit absolument être candidat à chaque fois.

Une fois atteinte de ce virus, on ne s’arrête pas, même avec des scores plus faibles qu’avant, on reste accroché à l’exercice. On devient malade politiquement. Et la maladie devient incurable.

 

   15. Enfin, très rarement, pour porter une vision de changement (cette dernière raison je l’ai mise sur la recommandation d’un bon ami juste avant publication)

Il existe certaines personnes sérieuses,  réalistes, porteuses de projets et qui ont une certaine popularité, qui décident de se battre aux élections pour apporter un changement.

Etzer S. EMILE

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