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Séisme du 12 janvier, cette fameuse colère divine : six ans après

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« 12 janvier 2010, Port-au-Prince. La terre tremble. Un pays tout entier s’effondre. » (Lionel-Edouard Martin, le Tremblement)

Six années après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, Haïti est un pays déchiré par des luttes politiques et fortement marqué par une dysharmonie sociale accrue. Notre pays est en proie à une confusion certaine, celle-ci étant le fruit de notre système politique, visiblement obsolète et assez mal organisé.

Ainsi, nous nous autodétruisons tendrement. La nation persiste dans cet état d’hébétement, à tous les niveaux, soit moral, politique, culturel et social. Le peuple haïtien, en dépit de fortes volontés, n’a toujours pas pu trouver la formule adéquate pour tourner cette triste page de son histoire.

Dès le lendemain du Séisme, nous avions attribué ce qui s’était produit à un acte divin. Apparemment, Dieu, cet être suprême et tant aimé de nos pairs nous jetait dessus sa colère pour nos péchés et iniquités. En un laps de temps, en nous voilant la face et refusant d’affronter la triste réalité qui s’imposait à nous, nous nous sommes dérobés à nos responsabilités, les déposant une à une au pied de la Providence.

Nos éminents leaders religieux sous l’influence de songes et de révélation ont incité les personnes à participer à des séances de Jeûnes de prières. Pendant plusieurs jours, nous avions vidé nos cœurs devant le Tout-Puissant, nous repentant de nos transgressions, comme jadis le peuple de Ninive eut à le faire. Jolie simagrée !

Un fait toutefois demeure certain, nous avons été victimes de nos propres exactions et péchés. Péchés contre la nature et ses principes. Péchés contre les règles du jeu. Péché d’avoir construit nos maisons et édifices anarchiquement, péchés d’avoir cru qu’ici-bas que tout nous était amplement permis et également la légèreté de nos dirigeants de toujours adopter une attitude de pompier. L’ensemble de ces facteurs s’est retourné contre nous, pour notre malheur…

Six années après, nous continuons à bâtir n’importe où et n’importe comment. Malgré les avertissements et exhortations de certaines personnes avisées de la société, nous persistons dans nos entreprises malhonnêtes, aidées par le mutisme des autorités étatiques.

À mesure que les jours se sont défilés pendant ces six dernières années, notre cher peuple a beaucoup prié. Il a imploré, il a pleuré, il a gardé la foi. En six années, nos fils, frères, amis et parents ont dormi sous des tentes, toiles et tôles, dans de mauvaises conditions. En dépit de ses tourments, le peuple n’a pas perdu espoir. C’est ce qui d’ailleurs le maintient en vie. Mais un fait demeure certain : si quoiqu’en gardant l’espoir, nous n’adoptons pas une attitude responsable face à la nature et ses exigences, autant en crever dès maintenant.

Six années après, où en sommes-nous ? Avons-nous appris la leçon ? Le tremblement de terre nous a-t-il ouvert les yeux pour nous faire prendre conscience et agir de manière à nous préparer pour d’autres éventuels phénomènes naturels ? Non, loin de là ! Nous sommes devenus plus immatures en tant que peuple.

Six années après ce séisme qui restera à jamais gravé dans nos mémoires, nous, Haïtiens, il devient primordial de trouver une stratégie de sortie. Il est donc temps de rechercher activement une Cohésion sociale puisqu’après toutes nos luttes fratricides, nos vices, nos tromperies, nos excès, nos abus et actes malhonnêtes n’auront pour effet que notre extinction en tant que peuple. Cette reconstruction dont nous nécessitons tant doit avant tout être humaine.

Pradley Mental VIXAMA

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