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Comment ne pas imputer la responsabilité des crimes au pouvoir en place ?

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Un cadavre de plus, et l’enquête se poursuit

Il y a vingt ans depuis que le dossier du plus célèbre journaliste haïtien, Jean Dominique, traine dans les tiroirs de la justice. Le 3 avril 2000, il a été assassiné par balles à l’entrée de la Radio Haïti Inter à Delmas. L’employé Jean Claude Louissaint a été aussi tué à l’occasion.

Dans tout pays, l’exercice de la justice est un acte politique. Lorsque la célérité se manifeste sur certains dossiers, c’est un signe que les pouvoirs en place y manifestent un intérêt. Mais, lorsque certains dossiers trainent, c’est parce qu’ils n’y trouvent aucun intérêt, ou que leur aboutissement peut leur causer quelques désagréments.

Bien que la Loi pénale soit d’interprétation stricte, les officiels Haïtiens aiment bien parler de politique pénale des gouvernements. Il s’agit là d’une manifestation de la volonté de ces derniers à accorder plus d’attention à certains dossiers… tout en négligeant certains autres.

La figure qui incarne la politique pénale des gouvernements au sein de la Justice, c’est le commissaire du gouvernement. Chef de la poursuite pénale, il dispose d’un pouvoir discrétionnaire. Nommé par le pouvoir Exécutif, il peut être à tout moment révoqué lorsqu’il agit en dehors des intérêts du pouvoir.

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En Haïti, comme dans tout « État de droit », il y a une « Justice » avec ses hauts dignitaires, des juges, des tribunaux, des cours d’appel et une Cour de cassation. Les autorités judiciaires ont des salaires, des moyens de travail (bien que souvent limités) et certains avantages. Ils se pavanent dans les rues à coup de sirènes et certains vocifèrent dans les médias. Mais pour quel résultat ?

Depuis l’arrivée de Jovenel Moïse à la présidence, l’insécurité bat des records. Les gangs se sont multipliés partout dans le pays, ce qui a pour conséquence, l’augmentation des cas de kidnappings, de viols et d’assassinats.

Plusieurs rapports des organisations de défense des Droits humains soulignent la gravité de la situation. Des centaines de gens sont tués par balles en Haïti. Depuis plusieurs années, les autorités occultent les vrais chiffres des morts par balles, de peur qu’ils se regardent droit dans leur propre miroir.

Avant, il s’agissait d’un problème d’effectif au sein de la Police. En 2010, la PNH comptait 10 000 officiers. Ces dernières années, les recrutements l’ont portée à environ 18 000. Ensuite, il était question du choix du chef de la police. Après Michael-Ange Gédéon, Jovenel Moïse a eu la latitude de nommer « son chef de la police ». Pour garder un pied sur son cou, il est chef ad intérim susceptible de se faire virer à tout moment comme tout Commissaire du gouvernement récalcitrant.

Puisque l’insécurité s’amplifiait, il fallait donc une armée. Jovenel Moïse « remobilise » les Forces armées d’Haïti dont la plupart des officiers formés en Équateur ont déjà déserté. Quelque chose de nauséabond couve dans cette nouvelle armée. La sécurité n’est pas venue avec elle comme promis.

Puis, il fallait des blindés pour combattre les gangs. Et là encore, la montagne accouche d’une souris.

Le dernier coupable en date, ce sont les organisations de défense des droits humains qui ont fait obstacle aux plans du gouvernement d’envahir le quartier Village de Dieu pour traquer les bandits insoumis au pouvoir.

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Le Premier ministre Jouthe Joseph a toutefois constaté une anomalie. « Je ne suis pas satisfait de la performance de la PNH », insistait-il au Palais national le 10 août 2020. « Vous dites que la sécurité est votre spécialité, débrouillez-vous pour donner des résultats. À chaque instruction, vous dites que vous n’avez pas de blindés… Chaque fois que les gens sont tués, vous dites que vous n’avez pas de fusils M-14 et T-65 tandis qu’ils sont tués avec des armes de poing », déclarait-il, s’adressant au chef de la Police, Normil Rameau.

En se défaussant sur le chef de la Police, le Premier ministre voulait gommer le fait qu’il dirige le gouvernement d’un pouvoir qui s’est longtemps révélé incompétent sur toute la ligne. Sauf en matière de répression contre ceux qui élèvent leurs voix pour demander plus de justice.

Lorsque les Petrochallengers de Nou Pap Dòmi s’étaient réunis pour un sit in contre l’insécurité devant le ministère de la Justice le 6 juillet dernier, la police n’a pas mis de gants pour exercer la répression. Les bandits qui se sont coalisés « sous l’initiative du pouvoir » ont défilé au Bicentenaire le jour d’après, avec leurs gros calibres. La police était bien aux abonnés absents. Le message est assez clair.

Quelle est donc la politique pénale de Jovenel Moïse ? Tout semble indiquer que la chasse aux gros bandits n’en fait pas partie. On ne connait pas le nombre de personnes kidnappées, ni le nombre de camions d’entreprises confisqués par les gangs un peu partout. On a entendu pas mal de récits macabres de viols collectifs ces derniers mois. Les gangs ont pendant longtemps terrorisé la population. Ils ont extorqué, pillé, tué et contraint des centaines de citoyens à fuir leurs demeures. Les chefs, pourtant connus, courent toujours les rues. Jimmy Cherizier, alias Barbecue, indexé dans plusieurs massacres au bas de la ville, s’affichait tranquillement aux côtés des policiers le jeudi 2 avril dernier.

Un autre fait d’importance dans la politique pénale du pouvoir en place, c’est le désintérêt affiché dans la poursuite des marchands d’armes et de munitions. On sait que les chefs de bandes armées dans les quartiers ne se déplacent pas à l’étranger pour aller négocier l’achat de leurs armes et munitions. À entendre le bruit des armes automatiques dans la capitale, Port-au-Prince, il ne fait pas de doute qu’ils en disposent à profusion. La meilleure façon de limiter le pouvoir des gangs aurait été de couper leur approvisionnement en armes et munitions.

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Par moments, des cargaisons de fusils d’assaut et de munitions sont saisies par les douanes. Le public ne saura rien de leurs commanditaires. Lorsque la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) a fait une descente des lieux chez Arby Larco, tout le monde constatait la maladresse des policiers qui maniaient les corps du délit sans constat d’un juge. On ne saura rien de plus. Pourtant, les grandes questions demeurent : qui fournit armes et munitions à ces gangs qui se multiplient sans cesse en Haïti ? Il revient au pouvoir en place d’apporter la réponse à une telle question.

Depuis son arrivée au pouvoir, Jovenel Moïse bénéficie d’une situation politique que rêve toute équipe progressiste. Le pouvoir qu’il représente a toujours eu sa majorité au Parlement, son Premier ministre et le choix de ses ministres. Aujourd’hui, Jovenel Moïse jouit d’un pouvoir quasi absolu. Il dirige sans parlement, nomme son chef de police, son Premier ministre et il a l’appui total des États-Unis. Ce qui dit beaucoup dans la politique haïtienne.

La situation en Haïti est très inquiétante. Dès qu’il s’agit d’aborder la question des élections, on observe toujours un regain de violence. Aujourd’hui, Jovenel Moïse s’accroche à un pouvoir dont tout l’intérêt est de protéger la clique qu’il représente. Cette clique est en grande partie à l’initiative de la plus grosse casse jamais opérée dans les caisses de l’État de ce pays. Le scandale Petrocaribe, dont le dernier rapport de la Cour des comptes a davantage épinglé les dirigeants, est un facteur de violence actuellement en Haïti. La politique pénale du pouvoir en place ne se mettra jamais du côté de cette justice.

Après la publication du rapport de la Cour des comptes, la machine du pouvoir s’est réactivée pour intimider les Petrochallengers. Plusieurs d’entre eux ont déjà perdu leurs emplois pour avoir osé dénoncer l’ignominie dans un pays où la corruption fait figure de politique publique. Aujourd’hui, ils sont à la merci d’un pouvoir qui détient le monopole de la violence légale et à la fois illégale puisqu’il est gouverné par des « bandits légaux ». Ils sont clairement ciblés dans les messages de propagande.

Il n’est donc pas exagéré d’imputer la responsabilité des assassinats en Haïti au pouvoir en place. Un pouvoir qui dispose de son ministre de la justice, de son secrétaire d’État à la sécurité publique, de son chef de la police, de son ministre de l’intérieur et de sa Justice. Entre temps, le sang continue à couler et la liste des victimes sans justice ne fait que s’allonger. L’enquête se poursuit.

Ralph Thomassaint Joseph 


Ci-après, une liste non exhaustive de victimes de violences armées dans le pays rapportée par les médias. Régulièrement, les mairies ramassent des cadavres non identifiés sur les piles de fatras dans le pays. La majeure partie des crimes n’est pas comptabilisée par les autorités.

Le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, Monferrier Dorval, est abattu en rentrant chez lui dans la nuit du 29 août à Pèlerin dans la commune de Pétion-Ville.

Jean Wilner Bobo est tué par balles le jeudi 27 août 2020 à Pétion-Ville.

Frantz Adrien Bony, Chroniqueur de radio est tué d’une balle dans la tête dans la nuit du 27 août 2020.

L’homme d’affaires, Michel Saieh, est tué par balles le 27 août 2020 par des individus circulant à moto.

Assassinat du jeune professeur et entrepreneur Obelson Pierre le 24 aout 2020 lors du cambriolage de sa maison. Les criminels ont aussi tabassé son épouse.

Une femme et son bébé de 4 mois tués à Ganthier par le Gang 400 marozo le 3 aout 2020.

Une enfant de 8 mois, a été tué d’une balle perdue, lors d’affrontements, dimanche matin 12 juillet 2020.

Norvella Bellamy, un cadre de la BRH et ancien étudiant de l’UQAM au Canada, est mort assassiné par balle samedi 27 juin 2020 à l’intérieur de sa résidence située à Fragneau-Ville, Delmas 75.

Mamoune Régis, une adolescente de 14 ans a été abattue par balle au Cap-Haïtien le jeudi 18 juin 2020 par un agent de sécurité de la compagnie « Lions Sécurité ».

L’écrivaine Farah Martine Lhérisson et son époux assassinés le 15 juin 2020 lors d’une attaque dans leur résidence privée à Péguy-Ville.

Des individus armés et à moto ont exécuté Claude Sénant ce mercredi 20 mai 2020. Le jeune homme d’une trentaine d’années environ a reçu plusieurs projectiles.

Ganard Joseph, alias Ti Gana, militant politique de la commune de Cité Soleil a été assassiné par balles à Pernier le 16 mai 2020.

Des individus armés ont assassiné dans la nuit du 13 mai 2020, le nommé Uberman Lubin connu sous le sobriquet de « Biggy », ancien rappeur du groupe « Espas ».

Des individus armés ont tué par balle, Maxo Sauveur, un employé de la Direction générale des impôts (DGI) ce vendredi 8 mai 2020 à la Ruelle Rivière.

Fabrice Pierre, un cinéaste a été lynché par des hommes armés à Jacmel le 4 mai 2020.

Le vendredi 17 avril 2020, Watson Fortuné, un agent 2 issu de la 24e promotion, a été tué à Carrefour Drouillard d’une balle à l’œil gauche dans la commune de Côté Soleil.

Des individus armés non identifiés ont tué, dans l’après-midi du samedi 14 mars 2020, un agent de la Police nationale d’Haïti (PNH) identifié sous le nom de James Vertus.

Jean Fenel Monfleury, un huissier affecté au tribunal de paix de Pétion-Ville a été tué de plusieurs balles ce lundi 2 mars 2020 vers 19 heures à la rue Lambert à Pétion-Ville non loin de son lieu de travail.

Un chauffeur de camion, Ismaël López Morales de la société dominicaine Propagas, a été tué par des individus non identifiés après avoir été victime d’une tentative de détournement de son chargement, alors qu’il s’apprêtait à réaliser une livraison de Gaz le 7 février 2020 à Nan Papay.

Julien Roubens, un agent de la Police nationale D’Haïti (PNH) affecté à la Brigade d’intervention motorisée (BIM), aurait été tué selon les premières informations par un agent de sécurité d’un motel dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 janvier 2020, il a reçu plusieurs projectiles par suite d’une altercation entre les deux hommes.

Le mardi 7 janvier 2020, des individus armés, circulant à moto, ont assassiné par balles, à Tabarre 52, le magistrat Antoine Luccius, suppléant juge de paix à l’annexe du tribunal de paix de Ganthier, à Fonds Parisien.

Lire : Des corps mutilés cachés sous les piles de fatras de Port-au-Prince

Yvon Julisse, membre du corps de « police parlementaire », a été tué d’une balle dans la tête ce samedi 4 janvier 2020. L’incident s’est produit à Delmas 95.

Un présumé bandit spécialisé dans le vol à main armée a été tué, le 9 décembre 2019, à Lamandou, dans la commune de Jacmel, lors d’un braquage raté.

Deux Français d’une quarantaine d’années ont été abattus samedi 23 novembre 2019. Le couple était venu dans le pays dans le cadre d’une procédure d’adoption.

Assassinat, dimanche 20 octobre 2019, du policier, Telus Jocelyn affecté au commissariat de Carrefour. Des bandits armés au Bicentenaire ont tiré en direction d’une patrouille, l’inspecteur de police a été atteint d’une balle à la tête, a fait savoir M. Desrosiers.

Le journaliste Néhémie Joseph a été assassiné 10 octobre 2019 à proximité du parc de Bayas, dans la municipalité de Mirebalais (centre du pays).

Francky Faustin, un jeune policier âgé de 31 ans, a été lâchement abattu mardi 1er octobre 2019 par des individus armés.

Un membre de la Plateforme politique, « Pitit Dessalines » Josemano Victorieux dit Badou a été tué par balles, dans la soirée du samedi 28 septembre 2019, à Delmas 33, par des individus non identifiés circulant à bord d’un véhicule.

Fabien Jean Ronel, chauffeur de l’AFD et membre de l’église adventiste du 7e jour Philadelphia de Croix des bouquets, a été tué par balles. Le crime a été commis par des individus non identifiés dans la commune de Croix des bouquets, le mardi 24 septembre 2019.

Un employé du Ministère de la justice et de la sécurité publique (MJSP), affecté au Parquet de Port-au-Prince, identifié sous le nom Waslin Saint-Fleur, a été tué par balles, le 27 septembre 2019 en sa résidence située à Delmas 5, par des individus armés non encore identifiés par les forces de l’ordre.

Rigueur Pierre-Richard, un jeune homme a été tué à Kafou Tifou par balles assassines des individus qui circuleraient à bord d’un véhicule RAV4 de couleur rouge le 20 septembre 2019.

Vladimir Fédé, âgé de 30 ans et père d’une fillette de 6 ans a été assassiné de sang-froid le lundi 16 septembre 2019 dans la commune de Carrefour. Des témoins ont pointé du doigt une patrouille policière dans le meurtre de ce jeune homme qui manifestait contre la rareté des produits pétroliers sur le marché haïtien.

Le jeune entraîneur de basket-ball, Peterson Paul, est abattu le jeudi 1er août 2019 à Martissant.

Le journaliste de Radio sans fin (Rsf), Pétion Rospide, a été tué par balles dans la soirée du lundi 10 juin 2019 à Port-au-Prince.

Jean Luckner, agent de la Police nationale d’Haïti (PNH), est tombé sous les balles des individus armés, ce samedi 1er juin 2019 à Santo 22, commune de Croix-des-Bouquets.

En juin 2019, un agent de l’unité de sécurité générale du palais national assassine un motocycliste.

Assassinat d’Alix Gaillard, professeur de construction civile, en quatrième année de génie civil à la Faculté des sciences (Fds) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh), le 22 mai 2019, à Delmas 18.

Ce lundi 6 mai 2019, le citoyen Phillipe Jean a été assassiné aux Gonaïves par des individus armés circulant à motocyclette. La victime connue sous le nom de Pipo était un homme d’affaires dans la localité de Gattereau au nord des Gonaïves où il était propriétaire de « Pipo 6 Auto parts et Hôtel ».

Des individus armés ont tué par balles, ce samedi 9 mars 2019, à Lalue, Gladys DUPONT qui revenait de la banque Vêtue d’une robe à fleurs.

Au moins 40 personnes ont été tuées par balle et 82 autres ont été blessées, lors des mobilisations antigouvernementales, du jeudi 7 au dimanche 17 février 2019. C’est ce qu’indique le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), dans un rapport en date du 19 mars 2019.

Roberto Badio Thélusma, 14 ans, est mort par balle hier 9 février 2019, non loin de l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), lors de la troisième journée de mobilisation antigouvernementale. Des témoins pointent du doigt des agents de la PNH.

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L’ex-jeune ministre du gouvernement jeunesse, Andrice Cheriza, a été tué de plusieurs balles hier vendredi 14 décembre 2018, près du marché Guérite à Port-au-Prince.

Du 13 au 18 novembre 2018, des dizaines de personnes sont assassinées à La Saline. Des gangs liés au pouvoir en place sont en cause, selon plusieurs rapports.

Assassinat de Benjamin Ecclésiaste, à la rue Saint Martin en date du 15 avril 2018.

Une jeune fille de 25 ans est tuée par balles dans le quartier de Thomassin en février 2018.

Le prêtre haïtien Joseph Simoly, 54 ans, est décédé par suite d’une attaque menée le 22 décembre 2017 par trois individus armés circulant à moto sur la route de Frères, dans la commune de Pétion-Ville.

L’expert en technologie, également directeur exécutif des services numériques à la Sogebank, Michel Stéphane Bruno, âgé de 42 ans, a été abattu par des bandits armés, dans la soirée du mercredi 15 juin 2016, à Puits Blain 17 (périphérie nord-est).

La première mosaique de photo utilisée pour illustrer cet article affichait par erreur la photo de l’ancien député de la commune de Thiotte, Vickerson Garnier. Elle a été mise à jour.

Directeur de la Publication à AyiboPost, passionné de documentaire.

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